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Toutes les News Observation des Océans |
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Mois de Mai 2011 |
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| 1/1 Les 40 ans du Groupe de Recherche de Géodésie Spatiale, un quarantième rugissant... | ||||||||||
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Le 17 février 2011, le GRGS célébrait ses quarante ans de recherche. Voici le compte-rendu qu'en ont fait deux Argonautes ayant œuvré à sa fondation.
Les moyens satellitaires ont été une révolution pour la géodésie, science de l'étude de la forme de la terre et de sa dynamique, car ils ont permis, pour la première fois, d'appréhender la planète Terre dans sa globalité. C'est pour fédérer les efforts et tirer le meilleur parti des nouvelles techniques spatiales qu'a été créé le GRGS en 1971.
Initié par quatre organismes fondateurs, le Bureau des longitudes, l'Observatoire de Paris, le Centre national d'études spatiales, l'Institut géographique national, il a ensuite fédéré 10 organismes publics spécialisées dans le domaine de la géodésie spatiale. Son originalité a résidé dans son approche novatrice des "problèmes de bon voisinage" et "d'intégration" entre organismes ou entre disciplines, une approche qui a conduit à une interdisciplinarité exemplaire. Intégration signifie ici que chacun participe à un même projet commun impliquant les équipes industrielles, scientifiques et celles des départements des agences spatiales proprement dites ; ce n'est donc pas une simple juxtaposition d'efforts. Cela n'a pas été facile, il a fallu y mettre beaucoup d'énergie ! Et ce fut une réussite : en 40 ans, le CNES, les équipes de recherche associées, et les organismes partenaires ont bâti un programme ambitieux et unique dans le domaine de la mesure de la Terre et de sa dynamique.
Dans ce lieu mythique de l'Observatoire de Paris, salle Cassini, plus d'une centaine de chercheurs se sont réunis pour dresser un bilan de ces quarante années de recherche innovante et ont brossé les perspectives prometteuses.
Trois étapes dans la journée :
- une consacrée à la création du GRGS, - une deuxième aux activités actuelles présentées dans sept domaines, - la troisième au futur.
Les sept exposés thématiques ont concerné les recherches développées au cours de ces quatre décennies :
Du point de vue adopté par les fondateurs du GRGS, tous ces thèmes ont en commun :
Par la qualité de ses premiers résultats, en particulier avec la télémétrie laser, le GRGS a acquis très vite une réputation d'excellence, qui lui a permis de nouer des coopérations internationales décisives. Bien que le contexte ait changé, l'adaptation nécessaire a eu lieu et la volonté de disposer d'observations précises traitées avec une approche métrologique est maintenue, et se met au service d'une diversité de domaines de recherche.
Deux partenaires de longue date du GRGS sont venus témoigner de plus de 30 ans de coopération.
En conclusion, ce groupement d'organismes publics est une structure de dialogue, les idées nouvelles sont non seulement bienvenues mais recherchées, les observations sont "bien traitées", les résultats ont suivi et... cela continue !
Aujourd’hui 14 équipes de recherche appartenant à 8 instituts différents sont fédérées par le GRGS. A l'issue de cette journée, il est clair que cette formule originale doit être poursuivie, en particulier les possibilités de dialogue entre chercheurs de plusieurs disciplines, les contacts à l’échelle internationale, la connaissance intime des systèmes de mesure et des corrections systématiques à opérer, qu'il s'agisse d'observations spatiales ou non spatiales ; l’analyse de ces mesures permet d’obtenir des résultats scientifiques sans oublier de nombreuses retombées sur les applications. Cette stratégie est conçue pour démontrer l’utilité des observations et ainsi en favoriser la continuité. Elle va de la conception optimisée des systèmes à mettre en place jusqu'aux applications dans notre vie quotidienne. De très nombreux projets sont en cours d’exploitation et de nouveaux se profilent pour les décennies à venir.
Il semble que nous avons encore à mettre en exergue deux points essentiels.
On ne peut que souhaiter « bon vent » au GRGS d’aujourd’hui et de demain.
François Barlier et Michel Lefebvre. Pour en savoir plus : FAQ sur le champ de gravité terrestre
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Mois d'Avril 2011 |
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| 1/1 L’océan planétaire. Michèle Fieux - Recension de Guy Jacques | ||||||||||
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Revenons quelques décennies en arrière, dans les années 1960-1965 qui marquent le décollage de l’océanographie française sous l’impulsion de quelques maitres : Henri Lacombe et Paul Tchernia en physique, Alexandre Ivanoff en optique, Jean-Marie Pérès, Pierre Drach puis Paul Bougis en biologie. La plupart d’entre eux éditent des ouvrages généralistes de référence. J’ai souvent sollicité, en vain, mes collègues pour qu’ils ne quittent pas la scène de la recherche sans laisser une trace équivalente de l’enseignement qu’ils ont professé des années durant des décennies. Élève, héritière, de Paul Tchernia et de sa célèbre « Océanographie régionale », Michèle Fieux ne s’est pas laissée rebuter par la tâche.
Elle nous livre un traité imposant qui profite des découvertes majeures de cet âge d’or de l’océanographie et comme le traité de Tchernia, intéressera tous ceux qui, à l’instar d’Alexandre de Humboldt et de François Arago sont fascinés par les grands courants marins.
Cette très belle édition des Presses de l’École Nationale Supérieure de Techniques Avancées est un traité imposant : 421 pages et 413 figures toutes en couleur réalisées par Chantal Andrié qui doit être associée à cette réussite. L’éditeur serait avisé s’il permettait un accès payant soit par achat d’un CD soit par téléchargement à ces précieuses images, d’autant qu’elles figurent en format relativement réduit dans l’ouvrage. Cette même critique concerne aussi la taille de la police du texte, notamment celle des légendes des figures en corps plus petit que celui du texte.
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Mois de Février 2011 |
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| 2/3 Prix "Christian Le Provost, océanographe" | ||||||||||
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Le Prix Christian Le Provost, a été lancé le mardi 21 avril 2009 à l'initiative du Conseil Général des Côtes-d'Armor et de l'association costarmoricaine "Christian Le Provost, océanographe". Il était aussi soutenu par l'Ifremer, le CNES, le SHOM, l'IRD, l'Institut National des Sciences de l'Univers, la ville de Plérin sur Mer, le Club des Argonautes, et la COI.
Doté par le Conseil Général, d'un montant annuel de 7 000 euros, il a été remis en 2009 à Fabrice Ard'huin et en 2010 à Jérôme Vialard. Les cérémonies ont eu lieu au Conseil Général des Cotes d'Armor, dans le cadre d'une journée scientifique "Océanographie" en commun avec la commune de Plérin sur Mer.
Ce prix devient désormais un Grand Prix de l'Académie des Sciences, fondé par le CNRS, l'IFREMER, le CNES, l'IRD, le SHOM et le Conseil Général des Côtes d'Armor. Il sera biennal et doté de 15 000 euros. C'est un succès pour l'Association Christian Le Provost et le Conseil Général des Côtes d'Armor qui en sont à l'origine et aussi pour le "Club des Argonautes" qui y a apporté son concours. C'est aussi et surtout un juste hommage à Christian Le Provost dont la qualité des travaux scientifiques permet ainsi de mettre à l'honneur l'océanographie physique à travers ses plus brillants jeunes chercheurs.
L'objectif du prix reste inchangé : promouvoir la recherche en dynamique océanique dans toutes ses dimensions, qu’il s’agisse d’applications au climat, aux écosystèmes marins, à l’exploitation des ressources minérales, vivantes ou énergétiques dans les systèmes côtiers et hauturiers, qu’il s’agisse enfin d’études de processus, expérimentales ou de modélisation. Il est destiné à récompenser l’auteur de recherches conduites dans un laboratoire français pour des travaux remarquables en océanographie physique et biogéochimique.
Il sera remis à l'Académie de Sciences sous la coupole de l'Institut de France. La journée scientifique "Océanographie" sera maintenue par le Conseil général des Cotes d'Armor et aura lieu après la remise du prix.
L'année de lancement est 2011 et la date limite de dépôt des dossiers de candidature est fixée au 10 mars.
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Mois d'Octobre 2010 |
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| 1/1 Pearn Niiler, océanographe américain, nous a quittés le 15 octobre 2010 | ||||||||||
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Jacques Merle qui l'a bien connu lorsqu'il était à la Nova University en Floride, écrit dans son livre "Océan et Climat" : " La communauté scientifique doit beaucoup à Pearn Niiler de la Scripps, qui, en physicien expérimental rigoureux, s'attacha à étudier la capacité des bouées dérivantes à mesurer le courant océanique. Il conçut des bouée droguées ( c'est à dire munies d'une ancre flottante ou drogue) immergées dans la couche homogène superficielle de l'océan et soumise au courant. Il testa ces prototypes de bouées par de nombreuses expériences pour déterminer l'ancre flottante idéale et connaître la précision de la mesure du courant déduite de la dérive de la bouée".
Pearn Niiler a compris très tôt le rôle que joue la circulation océanique dans le climat et l'intérêt d'avoir un réseau mondial d'observation des courants marins. Avant les années 80, il existait un réseau de bouées dérivantes soumises au vent, mais qui ne permettait pas de distinguer dans leur dérive la composante due au vent de la composante représentant le courant. L'idée de Pearn a été de concevoir des bouées dérivantes de surface avec des instruments de mesure capable d'éliminer les effets du vent et des vagues, et de faire en sorte qu'elles soient très fiable et produites au moindre coût. Il a aussi compris que pour étudier la circulation océanique et sa relation avec le climat, il fallait avoir une vue mondiale de l'océan. Ainsi est né en 1982, le "Global Dritfter Program" (réseau mondial de bouées dérivantes) en collaboration avec la NOAA, qui comprend aujourd'hui 1355 flotteurs.
Ce réseau de bouées dérivantes en surface semble bien avoir franchi l'étape décisive de la pérennisation et est devenu un élément essentiel du système mondial d'observation des océans (GOOS).
Il a été le précurseur des autres éléments du système mondial comme :
Un rêve est en train de devenir réalité : une Veille Mondiale Océan et Climat qui permette en permanence de décrire et de prévoir l’océan en temps réel, grâce à un réseau global d'observation des océans, à l'aide de mesures in situ et depuis l'espace, analogue à celui utilisé par les météorologues depuis plusieurs décennies.
Pearn Niiler est né en 1937 à Tartu en Estonie. Il est venu aux Etats Unis à l'âge de 11 ans.
Après un parcours universitaire, il rejoint l'Université de Nova en 1966 où
il étudie le courant de Floride et le Gulf Stream. Il enseigne à l'Oregon
State University, avant de rejoindre la
Scripps Institution of Oceanography.
Pearn avait d'autres centres d'intérêt que la science. Il se passionnait pour l'architecture et a conçu de nombreux bâtiments. C'était aussi un artiste peintre, un grand chef cuisinier et un amateur de vin et de voyages.
En savoir plus : http://scrippsnews.ucsd.edu/Releases/?releaseID=1119 http://scrippsnews.ucsd.edu/Releases/?releaseID=692 http://oceanmotion.org/html/research/niiler.htm
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Mois d'Août 2010 |
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| 1/1 Que penser de l’article : "Déclin du phytoplancton global depuis un siècle" ? Guy Jacques | ||||||||||
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Si la renommée de cette université et des trois océanographes impliqués, Daniel Boyce, Marlon Lewis et Boris Worm ne peut être mise en cause, on peut se demander si la « cote » que représente une publication dans Nature ou dans Science ne les a pas entraîné vers quelques excès. Je suis convaincu que la nécessité d’un titre attractif pour ce type de revue mène de plus en plus de chercheurs à magnifier les observations et à exagérer les conclusions.
Il me semble que la seule base
valable pour une comparaison à l’échelle océanique (les auteurs
compartimentent l’océan mondial en dix zones biogéographiques) est la
compilation des données satellitaires dont on dispose pour la période
1979-1986 et de 1997 à nos jours. Encore doit-on rappeler que le premier
capteur,
CZCS, en service entre 1979 et 1986 n’avait pas été prévu pour une
collecte globale. On pourrait bien sur discuter de la représentativité de la
chlorophylle a comme marqueur de biomasse, ergoter sur les difficultés de
comparaison d’un capteur à l’autre surtout quand ils n’ont pas été utilisés
simultanément, etc. Ne nous trompons cependant pas. Point n’est besoin d’être un expert international en écologie marine pour être convaincu que le réchauffement de la couche superficielle entraînant une diminution des apports d’eau profondes à la couche où se déroule la photosynthèse conduira globalement à un abaissement de la production primaire même si certains évoquent un renforcement des vents générateurs des remontées côtières.
De là à dire que les données du dernier
siècle le prouvent, il y a un pas que ces auteurs ont peut-être rapidement
franchi.
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Mois d'Avril 2010 |
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| 2/2 - En bonne posture pour observer la Terre sur le long terme, pendant la tempête les travaux continuent... | ||||||||||
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Le satellite Cryosat-2 de l’ESA a été lancé avec succès le jeudi 8 avril 2010 par une fusée Dnepr depuis la base de Baïkonour au Kazakhstan.
Ce satellite développé par EADS Astrium, consacré à l’étude des glaces comme son nom l’indique et d’un poids de 700 kg a été placé sur une orbite circulaire et quasi-polaire à 700 km d’altitude.
Les premières données des échos radar furent recueillis sur la banquise en mer de Ross en Antarctique et permirent de voir clairement la couverture de la glace et les réflexions des échos radar sur les couches sous-jacentes. On pourra désormais faire des observations jusqu’à la latitude de 88°, valeur qu'il n’avait encore jamais été possible d’atteindre avec les altimètres mis en orbite à ce jour. Ceci correspond à l’observation d’une surface additionnelle de 4,6 millions de km2 par rapport aux mesures altimétriques faites précédemment, à comparer aux 14 millions de km2 du seul continent Antarctique, ce qui est considérable et permettra d’observer les calottes glaciaires et la banquise c’est-à-dire des zones glacées encore jamais couvertes à ce jour par ce genre d’instrument.
Cet instrument SIRAL, travaillant à la fréquence à 13,7 Ghz dans la bande Ku et aussi en bande C vers 4 GHz pour permettre des corrections ionosphériques, est développé par Thales Alénia Space (en double sur Cryosat-2).
Il a plusieurs modes de mesure :
Ceci peut être fait grâce à l’instrument développé par le CNES et qui fête ses 20 ans : le système DORIS qui donne le positionnement précis du satellite sur son orbite au cm près. Parallèlement à ces orbites, traitées au sol à Toulouse par des équipes toulousaines, DORIS peut aussi mesurer en temps réel l’altitude de Cryosat-2 et aider ainsi le satellite à maintenir sa position, ce qui est une autre exigence pour faire des mesures côtières de qualité et de transition mer-continent ou banquise-continent.
CryoSat-2 est le troisième satellite européen (ESA) de la série des satellites d’exploration de la Terre mis en orbite depuis environ un an, auquel s'ajoutent :
L’ensemble, avec les satellites toujours en fonctionnement :
donnent donc une capacité tout à fait remarquable pour l’observation continue de certains paramètres de la Terre et de son environnement.
À titre d’exemple depuis 1992, date de lancement du satellite franco-américain Topex-Poséïdon (CNES-NASA), on a pu suivre de manière continue le niveau moyen de la mer et des océans avec une précision de l’ordre de 0,5 mm/an et réaliser ainsi une série de bientôt 20 ans de données mettant en évidence une augmentation annuelle et continue de l’ordre de 3 mm/an.
D’une façon générale, on a appris dans ces deux dernières décennies une foule de choses sur les océans, en surface et en profondeur tant avec les moyens spatiaux (par exemple mesure de la bathymétrie des profondeurs à partir de la détermination de la surface de la mer) qu’avec des moyens in situ comme ceux du réseau Argo d'un peu plus de 3000 profileurs qui peuvent sonder la mer jusqu’à 2000 mètres de profondeur.
Ce sont tous ces moyens de mesure qui ont permis d’aboutir à l’océanographie opérationnelle (programme MERCATOR et My Ocean) comme cela existe depuis longtemps en météorologie opérationnelle et aussi à la mise en évidence de toute l’activité méso-échelle des océans et des tourbillons, phénomènes jusqu’alors largement ignorés.
Puis il faut noter le lancement réussi de SDO en février 2010. Il s'agit d'un satellite de la NASA sur une orbite géosynchrone pour la mesure de l'EUV solaire, l’imagerie du Soleil dans dix longueurs d’onde et la mesure du champ magnétique du Soleil.
En juin 2010 devrait avoir lieu le lancement du satellite du CNES Picard qui permettra notamment la mesure du diamètre et et de l'irradiance solaire. Ces données sont essentielles dans toute étude climatologique.
Le satellite ADM-EOLUS de l'ESA, mesurera des profils verticaux des vents horizontaux à l’échelle de la planète, les vents à la surface de la mer et sur terre.
Dans les années suivantes, devraient être lancés :
ainsi que :
C’est donc toute une batterie de satellites en fonctionnement ou à lancer dont on va disposer pour l’observation continue de la Terre, des Océans, de la cryosphère, de l’hydrologie continentale. Cette liste n’est pas exhaustive, il faut y ajouter les contributions des diverses agences spatiales mondiales (Russie, Japon, Chine, Inde, Brésil…).
Cependant ce
serait une erreur de penser que tout cela va de soi dans des moments où
les crises financières et économiques secouent notre monde. Il faut se
battre chaque jour pour que tout cela aboutisse mais il faut le dire
heureusement avec un certain succès grâce à la volonté de beaucoup. |
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Mois de Novembre 2009 |
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| 1/1 SMOS : "Soil Moisture and Ocean Salinity" - Humidité des sols et salinité des océans. | ||||||||||
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C’est une des missions spatiales d’observation de la Terre de l’Agence Spatiale Européenne qui s’inscrivent (comme GOCE) dans le cadre de son programme «Planète Vivante». Elle a été proposée et conduite par le
CESBIO qui est une Unité Mixte de
Recherche (CNRS, Université Paul Sabatier, CNES, IRD) sise à Toulouse.
atmosphère, océan, cryosphère, surfaces continentales, milieu vivant.
Elle vise à combler deux lacunes qui concernent ce cycle ;
L’humidité des sols SMOS s’intéresse à ce que l’on appelle la «zone des racines», jusqu’à une profondeur de deux mètres environ dont il donnera une image planétaire quantitative de l’humidité (pourcentage d’eau contenue dans une masse ou un volume de terre), tous les trois jours avec une résolution spatiale de 35 à 50Km.
L’humidité des sols intervient directement dans les échanges avec l’atmosphère : plus elle est élevée, plus les sols sont susceptibles de transmettre de l’eau à l’atmosphère et réciproquement.
Elle conditionne aussi le développement de la végétation dont les racines trouvent dans ce réservoir l’eau dont elles ont besoin pour se développer et donc les processus d’échange d’énergie avec l’atmosphère via les processus d’évapotranspiration qui jouent aussi un rôle important aux échelles météorologiques et climatiques.
Qui dit végétation, dit évidemment photosynthèse et donc aussi cycle du carbone, et stockage et déstockage de gaz carbonique en fonction des conditions climatiques dont l’humidité des sols est à la fois un acteur et un indicateur.
Enfin à court et moyen terme l’humidité des sols, directement et via la végétation qu’elle entretient, a un impact sur le régime hydrologique : ruissellement , infiltration, alimentation des nappes phréatiques etc…
Météorologie, Climat, Hydrologie, Végétation et cycle du carbone ont tous besoin d’introduire l’humidité des sols dans leurs modèles de prévision. C’était une lacune, mais SMOS la comblera.
Elle est le reflet :
processus qu’il est très difficile de mesurer directement et qu’il est pourtant nécessaire de quantifier correctement car ils sont cruciaux dans la dynamique du climat, et qu’il est nécessaire de bien les paramétrer dans les modèles de simulation de l’évolution du climat.
C’est l’océan qui fournit à l’atmosphère (via l’évaporation principalement) l’essentiel de son énergie :
Le satellite SMOS fournira tous les dix à trente jours une carte de la salinité des surface à 0,1 UPS près, avec une résolution de 200 x 200 km : indication sans cesse renouvelée de l’évolution des échanges énergétiques entre océan et atmosphère notamment dans les régions tropicales où ils sont le plus intenses. Les cartes d'évaporation-précipitation et de salinité de surface témoignent de la relation qui les lie.
On voit en effet sur les deux cartes ci-contre qui représentent respectivement les moyennes annuelles globales d'évaporation-précipitation et de salinité, que les maxima de salinité dans l'océan Atlantique et dans l'océan Pacifique correspondent aux maxima d'évaporation et que les minima de salinité correspondent aux maxima de précipitations.
La salinité est aussi un paramètre essentiel de la circulation océanique et donc du transport de chaleur par les courants océaniques. C’est elle avec la température qui détermine la densité de l’eau dont les variations sont le moteur de ce que l’on appelle la «circulation thermohaline».
L’exemple le plus fameux et à juste titre compte tenu de son importance dans le système climatique, est ce que l’on appelle de manière imagée le tapis roulant qui prend naissance dans l’Atlantique nord et qui est la conséquence directe du fait que les eaux de surface de l’Atlantique tropical nord sont très salées, beaucoup plus que celles du Pacifique nord où ce phénomène n’a pas lieu. Les courants océaniques : Gulf Stream, puis Dérive Nord Atlantique transportent vers le nord des eaux très salées donc denses. Dans les mers du Groenland et de Norvège ces eaux densifiées par le refroidissement et une sursalure induite par la formation de la banquise plongent jusqu’à 3500 mètres de profondeur et s’écoulent vers le sud dans tout l’océan. Ce mécanisme fait que le transport de chaleur vers le nord par les courants océaniques est beaucoup plus important dans l’Atlantique que dans le Pacifique avec des conséquences climatiques bien connues, mécanisme dont on craint qu’il ne s’arrête pour cause d’une diminution de la salinité dans l’Atlantique tropical par modification du bilan évaporation-précipitations et / ou dans les mers du Groenland et de Norvège en raison d’un excès d’eau douce (précipitations, diminution de la banquise, fonte des glaciers du Groenland).
SMOS sera notre
observatoire permanent de l’évolution du «tapis roulant», comme il
pourra l’être également dans les autres régions de l’océan où la
dynamique océanique est dépendante des mouvements verticaux.
Le satellite est sur une orbite héliosynchrone quasi polaire (inclinaison : 98,44°) et couvre ainsi la totalité de la Terre. Il circule à une altitude de 758 Km. Sa durée nominale est de trois ans avec une possibilité de prolongation de deux ans. |
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Mois d'octobre 2009 |
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| 1/2 Pour une Veille Mondiale Océan et Climat (VMOC) | ||||||||||
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Comme pour la prévision du temps, la prévision océanique (la "Météo de l'Océan"), exige un réseau global, permanent, et pérenne d'observations.
Dix ans après la conférence "OceanObs99" qui s'était tenue à Saint Raphaël, a eu lieu, à Venise cette fois, "OceanObs 2009" (du 21 au 25 septembre). Loin du tapage médiatique autour de la nouvelle campagne de "Tara", de la Boudeuse, (ou de la construction du Sea Orbiter...), plus de 600 participants venus de 36 pays ont joué à ce jeu cruel qui consiste à choisir les "impasses observationnelles"... que des moyens forcément limités rendent obligatoires !
Les lecteurs familiers de ce site savent que l'océan est un formidable réservoir d'énergie et de matière, (minérale ou organique), et que, depuis peu, les phénomènes dynamiques dont il est le siège peuvent être prévus à des échéances de quelques semaines; (tout comme, depuis plusieurs décennies, les futures conditions météorologiques le sont, pour des échéances de quelques jours).
Cependant les structures tourbillonnaires, cycloniques ou anticycloniques, déterminées par le profil de densité dans la colonne d’eau, ont une extension géographique 10 à 20 fois plus petite que les dépressions ou les anticyclones atmosphériques. Les observations, (in situ ou depuis l'espace), doivent donc être assez nombreuses pour permettre la description de structures de taille plus restreinte. Même s'il y en a de plus en plus, (plusieurs milliers par heure), les observations demeurent largement insuffisantes, face à l'immensité de l'océan mondial.
Ceci explique pourquoi le Club s'inquiète de la médiatisation excessive d'opérations comme Tara, La Boudeuse, ou Sea Orbiter, qui est de nature à égarer l'opinion, en laissant croire que l’océan est totalement inconnu car inobservé, et que les quelques mesures -actuelles ou futures- qui sont -ou seront- effectuées à bord de ces navires vont révolutionner la science océanique, alors qu’elles ne présentent qu’un intérêt très marginal.
Il n'en a d'ailleurs pas du tout été question à Venise, de même, hélas, que... la conférence OceanObs 2009 a été totalement ignorée par les divers... Magazines de la mer ! Le Club des Argonautes s'efforce, de "lancer des passerelles" entre des professionnels des 2 bords: scientifiques d’un côté, journalistes de l’autre. Il existe de nombreux systèmes d’observation de l’océan, in situ ou spatiaux, comme par exemple la constellation d'altimétrie", discutée notamment lors de la réunion OSTST de Seattle :
Leur existence comme la nécessité de les développer, semblent inconnues des médias, du public, et des politiques qui semblent plus séduits par les lettres de mission octroyées à des adeptes du tourisme océanographique. Et pourtant les enjeux sont d’importance et en découlent des conséquences logiques majeures :
Bien sur, il existe une COI (Commission Océanographique Intergouvernementale), qui fêtera ses 50 ans en 2010 ! Quoiqu'inter-gouvernementale, elle n'est qu'un programme scientifique de l'Unesco sans vocation opérationnelle. Les projets qu'elle coordonne, (en particulier son programme GOOS: Global Ocean Observing System), se font sur une base non contraignante, selon le bon vouloir de quelques Etats Membres qui ont choisi d'y contribuer. Et, à l'exception de quelques grands pays, (USA et Australie, notamment), il n'existe pas de structures équivalentes aux offices Météo nationaux.
Lorsqu'il s'agit d'assurer la pérennité de plusieurs milliers d'engins autonomes dans l'océan et, très au dessus... de plusieurs filières d'observation multi-satellites, un réseau d'agences publiques, (équivalentes à celles sur lesquelles repose la VMM, dans les différents pays), est... indispensable !
Les grandes espérances pour une "Veille Mondiale Océan et Climat"... (que le Club des Argonautes prône depuis plusieurs années), ont été portées successivement par le CEOS... par IGOS... par GEOSS, et dernière en date... l’Équipe spéciale de haut niveau sur le Cadre mondial pour les services climatologiques (!) qui intervient quelques années après... la mise en place d'une structure commune à la COI et à l'OMM: JComm. (Voir par exemple le point 6 de la 3ieme réunion de la JCOMM).
Ce "tuilage" d'initiatives successives trahit peut être la difficulté d'acquérir une vue d'ensemble de la situation institutionnelle... En outre, on ne connaît guère d'autre moyen de passer de comités purement scientifiques à des structures inter-gouvernementales, capables de faire naître des engagements internationaux ! La question de la rivalité éventuelle entre organisations internationales était, à juste titre, posée lors de la dernière conférence ministérielle de l'Unesco ("Quel rôle devraient jouer l’UNESCO et la COI, parallèlement au PNUE et autres institutions spécialisées de l’ONU ?").
En attendant de pouvoir un jour démêler cet écheveau institutionnel... chacun peut comprendre le rôle vital des 2 premières conférences OceanObs, tenues à 10 ans d'intervalle: en l'absence d'une "VMOC" (Veille Mondiale Océan et Climat"), ces rencontres permettent de déterminer les systèmes opérationnels d’observation de l’océan qu’il est indispensable de pérenniser pour les diverses applications évoquées ci dessus. Sans oublier la fragilité que constitue l'absence d'accords inter-gouvernementaux, le Club se réjouit de constater l'efficacité relative de cette démarche. Le programme préconisé à Saint Raphaël il y a 10 ans, est largement réalisé: certains de ses aspects constituent une... véritable "rupture" ! Par exemple:
A noter le lancement réussi, le 23 septembre (pendant la conférence à Venise !), du satellite Indien Oceansat-2, dont le diffusiomètre viendra opportunément prendre le relais de celui de QuikScat: après 10 ans de bons et loyaux services, ce satellite comportant une antenne tournante pour la mesure du vent en surface, commence à donner quelques signes de vieillesse ! A noter que la longévité record de cet engin illustre, (comme celles de TOPEX-Poséidon ou Jason-1), le travail de bénédictin et l'obstination qui ont permis, (de façon totalement indépendante de la COI ou de l'OMM), d'assurer la continuité des observations !
La qualité du travail des agences spatiales doit être saluée et surtout, le relais de leur action doit être pris ! La difficulté de cette transition, de la recherche aux applications, est en quelque sorte "multidimensionnelle": ceux qui, comme les Argonautes, se sont réjouis, il y a quelques années du passage "en opérationnel" du réseau de bouées TAO, ont appris sans plaisir une certaine décrépitude de ce système, depuis qu'il ne bénéficie plus des "bons soins" du NOAA/PMEL (le labo de recherche qui l'a mis en place...), du fait du découpage de taches au sein de la Noaa !
Les "bonnes paroles" de la biologiste Jane Lubchenco (son nouvel Administrateur), dans une vidéo de près de 20 minutes... n'ont guère rasséréné nos collègues américains ! Heureusement que, du coté des satellites, la transition de Jason-1 à Jason-2, (d'un leadership Cnes-Nasa vers un leadership Eumetsat-NOAA), se déroule parfaitement !
Après OceanObs 1999 et 2009, espérons qu’il ne sera pas nécessaire d’attendre 2019 pour que, (Grenelle de la mer aidant ?), les décisions politiques adéquates soient prises pour la mise en œuvre fiable d’une Veille Mondiale Océan et Climat ! |
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Mois de Juillet 2009 |
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| 1/1 Le Conseil d'Eumetsat ouvre la voie à la réalisation de Jason-3. | ||||||||||
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Le Club des Argonautes se réjouit de voir réunies les conditions permettant de "boucler
le tour de table" relatif à Jason-3 d'ici 2010, ce qui devrait rendre possible un
lancement 40 mois après [#], c'est
à dire au début de l'été
2013, juste 5 ans après le
lancement parfaitement réussi de Jason-2, en juin 2008.
Avec un peu de chance,
la série de mesures de
hauteurs dynamiques de l'océan, entamée fin 1992, pourra
donc se poursuivre sur plus de 25 ans, jusqu'en 2018 et même au delà. [#] Sous réserve que les quelques ~0,4 % du budget qui concernent les "long lead items" puissent être engagés sans tarder... (une des raisons qui fondent une loi immanente du secteur spatial: "Tout ce qui n'est pas décidé aujourd'hui ne volera pas dans 4 ans !") |
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Mois d'Avril 2009 |
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| 1/1 Grenelle de la Mer : ne pas oublier l'océanographie opérationnelle ! | ||||||||||
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L'océan est un acteur essentiel du fonctionnement de la biosphère terrestre constituée des couches superficielles de la Terre où la vie a pu s'épanouir.
Sa dynamique est à prendre en compte dans le fonctionnement du système climatique dont il contrôle les variations.
Principal accumulateur d'énergie solaire, l'océan fournit à l'atmosphère 50 % de l'énergie qu'elle reçoit, et qui la met en mouvement.
Les courants marins, à égalité avec la circulation atmosphérique, assurent la redistribution de la chaleur des régions équatoriales vers les hautes latitudes.
Les écosystèmes marins sont aussi contrôlés par la dynamique océanique : ce sont les mouvements horizontaux et verticaux de l'océan qui déterminent la fertilité des " prairies marines " et contrôlent les conditions de survie des larves des espèces exploitées au large comme à la côte.
C'est aussi la dynamique océanique qui façonne les littoraux à partir des apports fluviatiles, anciens et récents.
Il n' y a pas de prévision possible de l'évolution du climat, de celle des écosystèmes marins et des espèces exploitées, et de l'évolution des zones côtières, sans connaissance de la dynamique océanique et sans la capacité de la modéliser aux diverses échelles de temps et d'espace concernées.
La prévision opérationnelle de l'état des océans est maintenant possible, comme c'est le cas de l'atmosphère.
A l'instar de ce qui existe, pour les besoins de la prévision météorologique, cela implique des systèmes d'observation continus de l'océan et des centres opérationnels de prévision mettant en œuvre des modèles de circulation océanique alimentés par ces observations.
Les satellites sont la clé des mesure en mer.
Actuellement, dans le cadre du programme ARGO, ce sont trois mille flotteurs qui explorent les couches océaniques sur deux mille mètres d'épaisseur, en faisant des mesures de température et salinité qu'ils transmettent en temps réel par satellite. L'état de l'océan est ainsi presque complètement déterminé et, en France, le Groupe Mercator-Océan à Toulouse, assimilant toutes ces données dans des modèles de circulation océanique, fait des prévisions de la totalité de l'océan aux échelles globales et régionales.
Dans le cadre du programme européen GMES, Mercator Océan est coordinateur du projet My Ocean qui doit définir d'ici trois ans les contours d'une océanographie opérationnelle (Marine Core Service). A cela il faut ajouter que les moyens spatiaux permettent de surveiller les écosystèmes marins : mesures depuis l'espace de la chlorophylle de surface et des stocks de grands pélagiques comme les thons qui; équipés de marques " pop up ", deviennent eux-mêmes des plates-formes, de mesures comme les flotteurs ARGO. C'est à court terme la prévision de l'évolution des écosystèmes marins et de leurs ressources qui est aussi en jeu.
Ces avancées récentes de la recherche pourraient expliquer que le "Grenelle de la mer" n'évoque pas la nécessité d'une océanographie opérationnelle qui demeure cependant l'indispensable fondement des 4 thématiques proposées. Or cette océanographie opérationnelle, qui semble aller de soi, n'existe que sur le plan expérimental. Elle est financée sur des crédits recherche et n'est finalement sous la responsabilité de personne si ce n'est des groupes de chercheurs, et des instituts de recherche, qui ont compris son intérêt et l'ont mise en œuvre de leur propre initiative.
Mais
Au plan européen le projet My Ocean concerne 27 pays et mobilise plusieurs dizaines de laboratoires de recherche sans la moindre garantie que le relais sera pris ensuite pour la mise en œuvre du " Marine Core Service ".
Neuf ans après que notre pays eut proposé l'initiative GMES à ses partenaires européens, (pendant la "PFUE 2000"), il serait paradoxal que le Grenelle de la Mer ne fasse pas sienne cette impérieuse nécessité d'une prévision opérationnelle de la mer, pour le climat, la dynamique des écosystèmes marins et de leurs ressources et l'évolution des littoraux.
Sans cela, les objectifs affichés du " Grenelle de la Mer " ne sont pas atteignables. C'est l'outil dont on ne peut se passer pour une gestion intelligente de la mer à toutes les échelles de temps et d'espace ; en effet, exploiter de façon durable un milieu que l'on ne connaît pas, est impossible. Mais ce qui est l'affaire de tous doit maintenant être de la responsabilité de quelqu'un.
Compte tenu de l'existence depuis 2003, de l'initiative GEOSS, le Grenelle de la Mer se doit de recommander la mise en place d'une océanographie opérationnelle, incluant les systèmes d'observation et les centres de prévision océaniques, et d'en confier la charge à des agences nationales travaillant dans le cadre d'une coopération intergouvernementale, comme cela s'est fait pour l'atmosphère dans le cadre de l'Organisation Météorologique Mondiale (Veille Météorologique Mondiale). Deuxième dossier de presse du Grenelle de la Mer du 3 avril 2009 |
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Mois de Mars 2009 |
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| 2/2 - GOCE : quarante après, le dernier rêve de Williamstown. | ||||||||||
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Par ailleurs, la manière de contribuer à l’étude de la circulation océanique n’est pas du tout directe. En effet, la mesure brute de base est la mesure locale du gradient de gravité où orbite le satellite.
Le géoïde subit en effet des variations temporelles liées notamment à l’action gravitationnelle de la Lune et du Soleil et aux phénomènes des marées. Les transports de masse d’origine atmosphérique, océanographique, ou géophysique comme le rebond post glaciaire induisent également des variations. L’étude du géoïde est donc quelque chose de très complexe mais aussi de très riche impliquant de nombreuses études multidisciplinaires. Ainsi la comparaison de ce géoïde avec la forme géométrique de la surface topographique des mers que l’on obtient par altimétrie spatiale (voir l’apport récent du satellite Jason 2 lancé en juin 2008) est une information majeure sur la circulation océanique. On peut en effet montrer que l’écart entre cette surface topographique et le géoïde est une mesure quasi directe des flux transportés par les grands courants océaniques. Les progrès à attendre sur notre connaissance résultent donc de tout un ensemble de missions d’observation de la Terre, ce que se propose de faire l’ESA dans un contexte de coopération internationale. GOCE est le début d’une nouvelle série de
satellites. GOCE est la première mission de base d’exploration de
la Terre s’inscrivant dans le programme "Planète
vivante", engagé
par l’ESA en 1999 « dans le but de faire avancer la recherche sur
l’atmosphère terrestre, la biosphère, l’hydrosphère, la cryosphère
et l’intérieur du globe ainsi que sur leurs interactions et de
mieux comprendre les conséquences des activités humaines sur ces
processus naturels » selon les termes mêmes de l’ESA. D’autres
satellites comme
SMOS,
Cryosat-2,
SWARM,
ADM-Aeolus, sont prévus dans ce cadre.
Pour réaliser l’objectif de GOCE, il faut déjà un senseur de très haute précision que l’on n’avait encore jamais réalisé auparavant, le gradiomètre ; il est composé de 6 accéléromètres montés sur 3 axes perpendiculaires dans une structure ultra stable. Il faut aussi faire des mesures partout à des altitudes aussi basses que possibles soit en pratique autour de 250 km d’altitude, avec une orbite quasi-polaire (96°5). Ceci est aussi une très grande performance en raison du freinage atmosphérique qu’il faut compenser tout en garantissant une très bonne trajectographie.
Rappelons qu’en
1969, la NASA organisa un atelier de travail à Williamstown aux États-Unis
pour identifier les résultats accessibles avec des mesures spatiales.
Plus de 150 chercheurs et ingénieurs participèrent à cette
rencontre. Le
document final fut appelé « Earth and Ocean applications Physics
(EOPAP) » et a constitué pendant près de 40 ans une base solide
qui comportait déjà
en exergue les mots « Earth » et « Ocean ».
Ce lancement réussi est ainsi un point
d’orgue et aussi un point de départ. |
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Mois de Juin/Juillet 2008
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| 1/1 - Jason-2 enfin en orbite : il est urgent de lancer la construction de Jason-3 ! | ||||||||||
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Depuis ce 20 juin, à 7h46 TU, l'un des vœux du Club des Argonautes est en voie de réalisation !
Pourquoi une telle "obsession", au sujet de la continuité de la série de mesures précises, entamée fin 1992 avec TOPEX-Poseidon ?
A l'origine, ce qu'on appelait "TOPography EXperiment", cette auscultation précise de la surface des océans était considérée, (du moins outre Atlantique), comme une "Expérience", en "mode Recherche", donc avec un début et... une fin !
Il existe beaucoup de raisons de pérenniser cette "expérience" :
Il y a quelques années, dans un rapport à l'Académie des Sciences des États Unis, cette transition depuis la recherche vers les applications, au profit d'une pluralité d'acteurs... dont aucun ne peut à lui seul, justifier la mobilisation permanente de moyens aussi considérables (Satellites, Mesures in Situ, Centres de prévisions...) a été qualifiée de... "Traversée de la Vallée de la Mort" ! ["Transitioning Research to operations is like crossing the Death Valley" ].
Dans le sillage des initiatives CEOS et
IGOS, il y a plus de 10 ans, il
existe désormais une tentative pour coordonner les efforts de différentes
nations et mettre en place des infrastructures permanentes permettant de
réaliser une véritable "Veille Mondiale Océan et Climat" (analogue
à ce qui se passe pour la prévision Météo): il s'agit de la démarche
GEOSS (et de son homologue GMES au niveau européen).
Le tir réussi de Jason-2, c'est donc aussi la joie de ce pari en voie d'être gagné :
constituer une série homogène et ininterrompue de 20 ans de mesures de haute précision sur l'océan mondial, soit plus de 300 millions de mesures de "hauteur dynamique"... cette grandeur tout a fait analogue à ce qu'est la pression atmosphérique pour les météorologues; (sans oublier toutes celles, complémentaires, d'ERS-1 et ERS2, d'Envisat, et de GFO).
http://www.aviso.oceanobs.com/...ex.html?sword_list[0]=jason&sword_list[1]=missions
http://sealevel.jpl.nasa.gov/Movie11.html (attention !, il faut autoriser les "pop up") |
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Mois de Mai 2008 |
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| 1/1 - Nouvelles fraîches de l'Océanographie Opérationnelle. | ||||||||||
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La réunion de clôture du programme
MERSEA, visant à doter l'Europe d'une capacité
opérationnelle en "Météorologie
de l'Océan", s'est tenue à l'Institut
Océanographique
du 28 au 30 avril dernier. De ce point de vue, le programme MERSEA est une
réussite:
il ne sera plus possible dorénavant de comparer les différents
laboratoires et instituts océanographiques en Europe à une "collection
de villages gaulois dont chacun ignore ce que font les autres" !
Mersea a permis de constituer une "équipe de choc"
pour accompagner la naissance difficile, de l'océanographie
opérationnelle... Ceci permettra de passer le relais au "Marine
Core Service", (objet de la proposition "MyOcean"), l'une
des composantes majeures du
GMES.
L'Océan Indien vu par le modèle Mercator-Océan au 1/12 de degré: Prévision de salinité à 100m pour le 29 avril 2008. (jour de la réunion Mersea)
Plusieurs argonautes ont suivi avec grand intérêt ces 3 jours d'exposés et de débats. Nous retiendrons les principaux points suivants :
Le succès même de cette réunion de clôture et l'engagement proche de My Ocean, héritier de Mersea, doivent amener les pouvoirs publics français à "transformer l'essai": en dépit des évolutions propres, (parfois divergentes), de chacun des 6 organismes impliqués dans cette série de prouesses du Groupement Mercator, la vision et la volonté partagées, ce couple magique présent dans toute grande réussite, demeurent plus que jamais de rigueur.
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Février 2008 |
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| 1/1 - 2007- 2009, les années internationales | ||||||||||
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Pendant trois ans (de 2007 à 2009), la planète Terre va faire l'objet de toutes les attentions, organismes internationaux, états, politiques, scientifiques s'allient pour mieux comprendre les équilibres du système Terre, Océan, Atmosphère et Héliosphère.
Trois "Années Internationales" ont été déclarées :
Ces années correspondent en fait à trois années de travaux (2007-2009), c'est pourquoi certains les appellent "triennum".
Elles ont toutes un objectif commun :
La mise en place de recherches et d'observations coordonnées au niveau international dans les différentes disciplines et un effort d'information et de sensibilisation du public sur les thématiques abordées et leurs objectifs.
Cette manifestation intervient 50 après l'Année Géophysique Internationale qui a marqué le début de l'exploration spatiale et qui pour la première fois a permis de mettre des moyens considérables sur toutes les disciplines de la Géophysique.
Voir notre article : L'Année Géophysique Internationale (AGI) 1957-1958 -Jacques Merle Voir aussi : le site officiel de International Heliophysical Year
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Janvier 2008 |
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1/1 - Le réseau de flotteurs autonomes ARGO a atteint son objectif de déployer 3 000 unités, le 1er novembre 2007. |
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Le réseau d’engins autonomes d’observation de l’océan, dénommé ARGO doit permettre de décrire en continu et en temps réel l’état physique de l’océan à travers trois paramètres essentiels, température, salinité et courant. Les flotteurs dérivent au gré du courant pendant 10 jours à leur profondeur d’équilibre hydrostatique (généralement 1 000 mètres) et plongent à 2000 m, avant de commencer à enregistrer lors de remontée des profils de température et de salinité jusqu'à la surface, où ils délivrent alors leurs données à un satellite collecteur. A l’occasion du lâcher du 3 000ème flotteur, objectif initial du projet ARGO, son président, Dean Roemmich, qui a reçu en décembre 2007 la «Sverdrup Gold Medal», a déclaré : «L’objectif climatique qui motive le projet ARGO exige que l’on couvre d’observations la totalité de l’océan sans discontinuer et pour toujours ; ainsi le fait d’avoir atteint l’objectif de 3 000 flotteurs marque seulement le début de cette mission d’observation»
ARGO est né d’un rêve. Le rêve d’un célèbre océanographe, Henry Stommel, qui, il y a près de 20 ans, imagina dans un article d’anticipation resté célèbre, que des nations s’unissaient pour développer des engins d’observation autonomes de l’océan (appelés Slocum en référence à Joshua un Slocum, célèbre navigateur qui réalisa le premier tour du monde en solitaire entre 1895 et 1898) et s’engageaient dans une course pour la plus longue durée d’immersion. On était en 2021 et cette compétition était suivie par les medias du monde entier popularisant ainsi l’observation opérationnelle de l’océan, et… les français gagnaient la course !.
Durant WOCE, ces flotteurs dérivaient au gré des courants à des immersions variables mais choisies et ils faisaient surface régulièrement pour indiquer leur position et délivrer des observations de surface par l’intermédiaire d’un satellite collecteur d’information participant au système GPS.
A partir de ce concept de flotteurs dérivants capables d’aller-retour programmés entre la surface et une profondeur définie, il devenait possible, en ajoutant des capteurs de température et de salinité, de concevoir un engin totalement autonome mesurant en immersion les trois paramètres essentiels qui décrivent l’océan et sa dynamique : le courant à une immersion choisie, et la température et la salinité de la colonne d’eau qui surmonte cette immersion.
Progressivement d’autres pays se joignirent à ce groupe et actuellement, fin 2007, 27 pays participent au programme ARGO. L’objectif de 3 000 flotteurs vient d’être atteint, mais pour maintenir ce chiffre il faut déployer 800 nouveaux flotteurs par an, la durée de vie moyenne d’un flotteur étant estimée à quatre années.
Chacun des participants doit fournir ses données, moins de 24 heures après leur acquisition, à des centres de données situés en France et aux USA. Les données sont alors validées et disponibles sous 48 heures pour l’ensemble de la communauté scientifique et les centres météorologiques opérationnels à travers le système de télécommunication géré par l’Organisation Météorologique Mondiale. Un centre opérationnel ARGO (ARGO Information Centre - AIC) sous les auspices de la COI, et situé en France, pilote et coordonne les déploiements, recueille et distribue toutes les informations relative au réseau. Au total près de 100 000 profils ARGO sont produits chaque année (évaluation de 2006) ce qui représenterait plusieurs dizaines d’années de jours de mer de navires océanographiques pour recueillir une somme d’information équivalente.
Le groupe inter-organisme français MERCATOR-OCEAN a développé un tel modèle pour réaliser en mode opérationnel des prévisions à 15 jours de l’état (température, salinité, courants) de la totalité de l’océan. Pour cela il utilise les données ARGO préalablement validées par le centre de données français, CORIOLIS, assuré par l’IFREMER, à Brest. On peut distinguer deux catégories d’usages principaux : des usages opérationnels et des usages à des fins de recherches.
Des centres de données situés en Australie, France, Japon, Angleterre, USA, utilisent en routine les données ARGO pour des analyse des conditions océaniques de sub-surface régionales et globales. Toutes ces données sont par ailleurs mises en ligne par la
WWW de l’
OMM,
pour que les centres météorologiques soient avertis rapidement d’éventuelles anomalies thermiques ou dynamiques de l’océan pouvant avoir un impact sur des événements météorologiques inhabituels.
El Nino en est un exemple.
Jamais les océanographes et les climatologues n’avaient eu à leur disposition une telle quantité de données de qualité couvrant la presque totalité de l’océan mondial et notamment l’hémisphère sud, mal échantillonné jusqu’ici par les navires de commerce et les navires de recherche. Il est maintenant possible de suivre de manière précise et continue l’évolution des conditions océaniques. Ainsi par exemple:
Voir aussi News : Euro-Argo : Vers une contribution pérenne de l’Europe au réseau global in-situ Argo de Pierre-yves le Traon |
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Décembre 2007 |
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| 2/2 - GEO : Sommet ministériel sur l’Observation de la Terre - Quatrième réunion en novembre 2007 | ||||||||||
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La conférence de Bali l'a encore démontré début décembre: la question d'une
"gouvernance globale" pour traiter de questions vitales pour l'avenir de l'espèce
humaine, (comme par ex. la modification de la composition chimique de notre
atmosphère...), demeure le sujet d'intenses débats et peut encore
paraître une utopie lointaine ! Les autorités politiques au niveau mondial ont décidé d'aller plus loin.
Une semaine avant la réunion de Bali, s'est tenu au
Cap, en Afrique du Sud, le "quatrième Sommet ministériel du Groupe d’observation de la
Terre GEO". Sans atteindre l'ampleur du forum
de Bali, cette réunion rassemblait tout de même les délégations de
73 pays et 52 organisations internationales !
Une assemblée plénière du GEO, réunie les 28 et 29 novembre 2007, ainsi qu’une exposition ont permis, à la fois de faire état des premières réalisations concrètes et
de cerner les réseaux d’observations pérennes terrestres, océaniques, aéroportées et spatiales indispensables pour les prises de décisions en matière de gestion de la planète.
Ils couvrent les 9 domaines correspondants à des besoins sociétaux identifiés :
En parallèle, 100 réalisations effectives sont à mettre au crédit des pays membres et des organisations internationales. Il s’agit, dans de nombreux cas, d’inscrire dans la perspective de GEO des actions déjà engagées auparavant, tel le système ARGO de bouées océanographiques ou encore le système PREV’AIR de prévision de la qualité de l’air.
Le fait de placer ces efforts dans le cadre de GEO traduit la volonté de mutualiser les moyens disponibles au profit de l’ensemble de la communauté utilisatrice.
Voir aussi les FAQ :
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Septembre/Octobre 2007 |
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| 1/1 - 50 ans après Spoutnik et l'Année Géophysique Internationale... le "Grenelle de l'Environnement" peut contribuer à rappeler certaines évidences ! | ||||||||||
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Le Club des Argonautes a lu avec intérêt les propositions issues du rapport du Groupe de Travail : "Lutter contre les changements climatiques et maîtriser l'énergie".
On peut noter par exemple que l'Énergie Thermique des Mers, source d'énergie non carbonée, plusieurs fois évoquée ici ou là, mais in fine toujours absente, n'est pas mentionnée même à titre prospectif, pour les Départements d'Outre Mer, dont il est pourtant proposé de faire "une vitrine de l'excellence climatique".
De même, l'observation de la Terre n'apparaît qu'au titre de la recherche fondamentale sous la forme : "Extension et pérennisation des Observatoires de Recherche en Environnement (ORE)", alors qu'il faudrait mettre en place un véritable système d'observation globale au service d'un outil de pilotage de la Terre qui, bien entendu, dépasse les moyens limités de la recherche fondamentale et les objectifs des ORE, même si certains d'entre eux peuvent en être des éléments.
Un argumentaire a été transmis à plusieurs
personnalités proches du Grenelle
de l'Environnement. Son titre : Poursuivre l'engagement français pour l'observation pérenne de l'Océan Mondial. |
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Juillet/Août 2007 |
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| 2/2 Euro-Argo : Vers une contribution pérenne de l’Europe au réseau global in-situ Argo | ||||||||||
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Communication de Pierre-Yves Le Traon - Responsable Programme Systèmes Opérationnels Hauturiers à l'IFREMER
Lancé en 2000 par la COI et l’OMM, le programme Argo a pour objectif de développer un réseau global de 3000 flotteurs profilants autonomes mesurant en temps réel la température et la salinité des 2000 premiers mètres de l’océan.
Argo est un élément essentiel du système global d’observation des océans mis en place pour suivre, comprendre et prévoir le rôle de l’océan sur le climat de la planète.
Près de 2900 flotteurs sont actuellement en opération dans tous les océans. En 2006, plus de 900 de ces instruments ont été mis à l'eau, soit le nombre nécessaire pour maintenir un réseau de 3000 flotteurs actifs.
Avec les observations des satellites, les données des flotteurs Argo sont la principale source d'information pour les chercheurs s'intéressant au climat et à l'océan, ainsi que pour les centres d'analyse et de prévision océanique.
La France est très active dans tous les aspects du programme Argo : centre de données, développement de l'instrumentation, mise à l'eau des flotteurs, analyses scientifiques et océanographie opérationnelle via le groupement Mercator Océan. La contribution française à ce programme est coordonnée au sein du projet inter-organismes Coriolis.
Une étape majeure a été franchie en Europe. En 2005 et 2006, en concertation avec ses partenaires internationaux et européens, Ifremer a coordonné l’élaboration d’un dossier Euro-Argo visant à développer une contribution européenne pérenne au réseau global Argo. A l’automne 2006, l’ESFRI a rendu officielle une liste de trente-cinq propositions de nouvelles infrastructures d’intérêt pan-européen dans sept secteurs clés de la recherche dont les sciences de l’environnement. Le projet Euro-Argo a été retenu ; à ce titre, il a pu participer à l’appel d’offres du 7ème PCRD sur les phases préparatoires des infrastructures de recherche.
La phase préparatoire Euro-Argo doit permettre de mettre en place les accords entre les pays membres (niveau ministériel) et la commission Européenne (bureau GMES) pour une contribution pérenne de l’Europe au réseau Argo. La contribution visée est de l’ordre de 250 flotteurs/an, soit environ 1/4 du réseau global avec un échantillonnage densifié au niveau des mers régionales Européennes. La phase préparatoire est coordonnée par Ifremer (qui représente ici le projet Coriolis) et elle regroupe 15 partenaires et 11 pays (France, Allemagne, Grande Bretagne, Italie, Espagne, Pays Bas, Norvège, Irlande, Grèce, Portugal, Bulgarie). Elle va démarrer dès l’automne 2007 pour une durée de 30 mois. Outre les aspects légaux, financiers et d’organisation, des travaux techniques sur des éléments critiques du système (centres de données, technologie des flotteurs, nouveaux capteurs) seront menés ainsi que des études visant à démontrer l’impact d’Argo pour la recherche et l’océanographie opérationnelle.
Le réseau Argo permet de suivre les variations à grande échelle des champs de température et de salinité des océans (ici la salinité à 100 m obtenue à partir d’environ un mois de données Argo en Février 2007).
Contact : P.Y. Le Traon (pierre.yves.le.traon@ifremer.fr).
Le Club des Argonautes se réjouit de voir pérennisé
un élément vital de la "Veille Mondiale Océan et Climat", ce système global d'observations depuis
l'espace et in situ, (avec engagement des pouvoirs publics dans les différents pays participants), dont, depuis plusieurs
années, il recommande la création, à l'image de ce qui existe déjà pour la Météo. |
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Avril 2007 |
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| 1/1 Une évolution notable du système de prévision océanique global de Mercator Océan. | ||||||||||
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Depuis octobre 2005, Mercator Océan dispose d'un système opérationnel de prévision océanique global (pour les initiés le PSY3V1). Ce modèle d'une résolution horizontale d'1/4° (26 x 26 km à l'équateur) et d'une résolution verticale de 46 niveaux, est guidé par les mesures des anomalies du niveau de la mer fournies par les satellites altimétriques (on dit qu'il les assimile), mais ne prend pas en compte les données de salinité et de température de surface.
Mercator vient de franchir une étape décisive dans la complexité de ses systèmes avec la nouvelle version du modèle global
(PSY3V2) De plus, ce nouveau système met en oeuvre un modèle de glace couplé à un modèle d'océan qui permet de décrire l'évolution de la glace de mer à travers plusieurs paramètres tels que l'épaisseur de la glace et de la neige, la compacité (concentration), la dérive de glace et la température de la glace.
La prochaine étape prévue pou 2008 est le passage de la résolution horizontale à 1/12°.
Pour en savoir plus :
Chronique Mercator : http://www.mercator-ocean.fr/html/actualites/news/actu_psy3v2_fr.html
Bulletin en images Mercator : http://bulletin.mercator-ocean.fr/html/produits/psy3v2/psy3v2_courant_fr.jsp
Dossier Océanographie Opérationnel - Modèle numériques |
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Janvier/Février 2007 |
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2/3 Du nouveau sur les variations du niveau de la mer Le prix André Prud’homme décerné à Madame Alix Lombard |
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Le prix André Prud’homme a été créé en 1992 par la Société Météorologique de France avec le soutien de Météo-France, pour honorer la mémoire de André Prud'homme, météorologiste français mort accidentellement en Terre-Adélie pendant l'Année Géophysique Internationale (1957-1958).
Le jury qui s'est réuni le 3 octobre 2006 a choisi d'attribuer le prix à Alix Lombard du LEGOS(Laboratoire d’Etudes en Géophysique et Océanographie Spatiales) pour sa thèse : "Les variations actuelles du niveau de la mer: observations et causes", thèse de l'Université Paul-Sabatier (Toulouse), soutenue le 25 novembre 2005.
Ses résultats ont été une contribution essentielle aux travaux du Groupe d’Expert chargé de la première partie (Les bases scientifiques physiques) du 4ème rapport du Giec sur le changement climatique adoptée début février 2007. Le prix a été décerné le 17 janvier 2007 à Toulouse (Météo-France, Centre International de Conférences) alors que ces experts mettaient la dernière main à leur rapport. C’est l’occasion pour le Club des Argonautes, avec le concours d’Alix Lombard, de faire connaître l’état actuel des connaissances sur les variations du niveau de la mer.
Voir aussi News de juin 2006: Oui, le niveau moyen des mers augmente ! Pourquoi ? Comment ? ET OU ? |
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Novembre/Décembre 2006 |
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| 1/3 Les sommets politiques internationaux et l’Observation de la Terre, du climat et de l’Océan | ||||||||||
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Depuis quelques années les grandes rencontres internationales au niveau des chefs d’États commencent enfin à prendre en compte la question de l’environnement et du climat, ainsi que la nécessité d’établir des systèmes permanents d’observation de la Terre pour suivre et prévoir l’évolution de notre environnement.
C’est la convention sur le changement climatique, plus connue sous son acronyme anglo-saxon :
«United Nations Framework Convention on Climate Change - UNFCCC» qui a conduit
au
protocole de Kyoto, un traité international, visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre
pour un certain groupe de pays, et signé actuellement par 166 États
souverains.
Deux autres sommets sur l’observation de la Terre (EOS) suivirent, l'un à Tokyo en avril 2004, et le troisième à Bruxelles en février 2005 . Un plan décennal pour l’établissement du système global d’observation de la Terre a été adopté à l'issue de ces trois réunions.
De son côté L’Union Européenne a pris en 2000 l’initiative d’un
«Global Monitoring for Environment and Security - GMES», dont
le but est d'acquérir une capacité de surveillance globale et
régionale de l’environnement en coordonnant plus
efficacement les infrastructures, les technologies, et les
systèmes d’observations (notamment spatiaux), actuels ou
futurs. GMES constitue la contribution européenne à l'initiative
GEOSS.
Il est difficile de suivre l’avancement des travaux de ces instances issues du plus haut niveau politique et de s’assurer qu’elles œuvrent efficacement au développement effectif d’une pluralité coordonnée de systèmes d’observations de la Terre et du climat, tant le nombre et l’imbrication de ces structures (Comités, Groupes de travail…etc.) sont complexes ! Par ailleurs de nombreux systèmes d’observations de la Terre, pour la plupart issus de la recherche, ont déjà été mis en place depuis plusieurs décennies. Il ne faut pas les fragiliser mais, au contraire, les renforcer, les coordonner, et surtout les pérenniser.
Qu’elle que soit l’efficacité des nouvelles instances internationales, "venues du sommet", il faut noter que pour la première fois, depuis 1992 et le sommet de la Terre de Rio, un grand nombre de chefs d’États ont signifié leur préoccupation et leur désir de prendre des mesures en faveur de l’organisation d’une observation continue de la Terre. Il existe une Veille Météorologique Mondiale qui s'occupe en premier lieu d'observations météo, il reste à créer l'équivalent pour l'océan et le climat : la Veille Mondiale Océan et Climat. Cet intérêt récent des plus hauts niveaux politiques pour ces questions, augure peut-être, si l’on est optimiste, une ère nouvelle où enfin l’espèce humaine se montrera capable de s’organiser pour observer, comprendre, et conserver ce qui lui a servi de berceau.
Pour en savoir plus : |
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Septembre 2006 |
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| 1/1 Océan et climat, nouveau livre de Jacques Merle.. | ||||||||||
Ces questions sont regroupées et traitées autour de trois thèmes principaux :
L'ambition de l'ouvrage est de mettre en évidence un moment charnière d'une discipline scientifique mal connue du public, l'océanographie physique, qui, en moins de 50 ans, est passée d'une approche descriptive et géographique à une approche géophysique. Jacques Merle souhaite apporter une contribution à l'histoire de l’avancée rapide des connaissances de ce domaine scientifique à la fin du XX ème siècle, porté par des technologies nouvelles telles que les engins autonomes, l’observation spatiale et la modélisation numérique. Cette histoire est jalonnée par les questions et les réponses qui progressivement ont émergé à l’issue de grands programmes internationaux, de conférences, de réunions de groupes de travail, d'écoles d'été etc... Ce brassage de chercheurs de toutes origines disciplinaires et nationales, météorologues et océanographes confondus, incluant théoriciens et observateurs, était motivé par une ambition commune : comprendre comment la dynamique de l'océan interagit avec l'atmosphère pour déterminer le climat et sa variabilité. Cette épopée scientifique fut aussi remarquable par sa dimension humaine. Ignorant les frontières nationales, linguistiques ou culturelles, des relations professionnelles et amicales d'une exceptionnelle qualité ont lié les acteurs de ces programmes de recherche, en dépit de la compétition inhérente à toute activité de recherche. C'est une "photographie humaine" de cette époque, caractérisée par les premiers grands rassemblements scientifiques à l'échelle planétaire, que l'auteur veut aussi donner en souhaitant que cette communion scientifique soit le prélude à une prise de conscience des nations de la nécessité d'effacer les frontières pour gérer le risque climatique au bénéfice de tous. |
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Juillet/Août 2006 |
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| 1/3 Pour les amoureux de la mer.... et de la planète... | ||||||||||
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Le N°6 de Nautilus... un dossier fort intéressant sur "La mer et le Climat"
"C'était une sorte de principe : à Nautilus, on montre comme la mer est belle. Alors, pour aborder le climat, il était simple de montrer que la vie sur Terre serait invivable sans océan; que sans les courants marins, l'Europe n'aurait pas cette douceur; et que c'est encore grâce aux océans que les énormes rejets de C02 de notre civilisation industrielle n'ont pas encore davantage affecté notre planète....." Extrait de l'Éditorial de Christophe Agnus.
Voir entre autres les articles de Bruno Voituriez : "Quand l'océan influence le climat" et "Les mystères du Gulf Stream", mais aussi La mer acide, Noirmoutier, Ré, Oléron, Banneg, les îles assiégées, Albert 1er: le prince océanographe.
Voir aussi dans le n° 476 de la Revue Maritime, deux articles sur le thème "Océan et Climat : "Le niveau moyen des mers" de Jean-François Minster et "Le Gulf Stream et le Climat" de Bruno Voituriez. |
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| 2/3 Circulation océanique et production littéraire... Nouvel ouvrage sur le Gulf Stream de Bruno Voituriez. | ||||||||||
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Juin 2006 |
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| 1/2 - Oui, le niveau moyen des mers augmente ! Pourquoi ? Comment ? ET OU ? | ||||||||||
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Le GEOSS, proposé par les USA en Juillet 2003, rassemble aujourd'hui 55 nations et 30 organisations internationales. L'objectif est de fédérer toutes les recherches et applications de l’observation de la Terre, afin de mettre en place à terme un «réseau mondial de systèmes d’observation de la Terre» pour mieux comprendre notre climat et notre environnement.
Dans le triangle "Océan-Climat-Énergie", (et les relations sur les cotés de ce triangle, que le Club s'efforce de montrer), le "niveau moyen des mers" occupe une place centrale. Par exemple, l'Énergie Thermique des Mers, pratiquée sur une grande échelle n'exploiterait qu'une infime partie de la chaleur qui dilate certaines régions de l'océan ! Loin des idées fausses qui circulent sur le sujet, Le Club des Argonautes s'est passionné pour cette conférence.
L'élévation du niveau des mers est liée au réchauffement de la planète. Elle a deux causes principales : la dilatation thermique de l'eau (effet stérique), et la fonte des glaces continentales. Son évolution peut avoir des conséquences dramatiques dans certaines régions, ("Savoir-Terre pour Savoir-vivre", c'est l'idée de base d'une Géoscopie pérenne !)
L'altimétrie et la géodésie satellitaires, conjuguées avec les meilleures mesures In Situ (marégraphes sélectionnés), donnent l'évolution du niveau moyen par provinces océaniques, avec une précision de l'ordre du mm / an. (à condition qu'il n'y ait pas d'interruption dans les séries temporelles). L'effort sans précédent depuis 20 ans, (WOCE, suivi de CLIVAR, GOOS, et GODAE, entre autres...), montre 2 résultats essentiels :
Comme toute mesure physique, le chiffre de 3 mm /an n'a aucun sens si on ne l'assortit pas d'une barre d'erreur. L'estimation de la précision met en jeu un grand nombre de questions aussi variées que le rebond post glaciaire, la tectonique des plaques, les systèmes de référence géodésique, sans oublier l'instrumentation et ses dérives éventuelles (marégraphes, radar-altimètres, et radiomètres micro-ondes embarqués).
Ainsi, outre son intérêt direct pour des millions de personnes, futures "réfugiées du climat", la variabilité du niveau des mers est un sujet interdisciplinaire ... A l'instar du " SWT (Science Working Team) du projet Jason-1", ce fut le grand mérite de cette conférence de réunir des chercheurs et ingénieurs qui... ne parlent pas la même langue, au sens propre comme au sens figuré !
Un "argonaute", bien que retraité, (comme tout membre du Club...), a eu le privilège de se glisser parmi eux ! 3 propositions, (qui ne surprendront pas les visiteurs familiers de ce site), ont été faites :
En guise de conclusion, un hommage à l'humoriste Raymond Devos, qui vient de nous tirer sa dernière révérence... Chacun se souvient que, lorsqu'un maître d'hôtel l'avait averti "La mer est démontée !", Devos n'avait pas hésité à lui demander: "Quand est-ce que vous la remonterez ?" Le malheureux avait répondu: "C'est une question de temps..." Aujourd'hui, un scientifique ajouterait sans doute: "II faut prendre des mesures" ! |
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Avril 2006 |
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| 1/2 Accrochages en mer de Ross (Antarctique) | ||||||||||
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La langue de glace de Drygalski est une énorme feuille de glace et de neige
qui s'avance sur 80 km, dans la partie centrale de la mer de Ross. "C-16",
un iceberg géant, (1000 km2), en a arraché l'extrémité, le 30 mars 2006,
(image de droite), donnant ainsi naissance à un nouvel iceberg (celui en
forme de carré). Cet "accident de circulation
océanique" n'a pas échappé au radar imageur, "ASAR" du satellite Envisat
(ESA) !
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En dépit de l'arrêt fin 2005 de TOPEX-Poseidon , plus de 13 ans après son lancement, les océanographes et les climatologues disposent encore de 3 satellites munis d'un altimètre radar : GFO (Geosat Follow On), Jason-1, et Envisat. L'arpentage permanent de l'océan mondial peut donc se poursuivre ! Et avec lui, la moisson de résultats qu'il permet (études de processus et leur représentation dans les modèles).
Il nous reste à "croiser les doigts" pour que
cette présence simultanée de 3 systèmes de mesures, (dont un système
de haute précision : Jason-1, le "petit frère" de TOPEX-
Poséidon...), tous en orbite depuis au moins 4 ans, se prolonge encore 3
ans, (jusqu'en 2009), de façon à avoir un recouvrement de quelques mois
avec leurs successeurs (Jason-2/OSTM + Alti-Ka). On ne peut hélas compter
sur une longévité aussi exceptionnelle que celle de Topex-Poséidon,
fruit de véritables prouesses de NASA /JPL et du CNES !
C'est pourquoi les Argonautes appellent de leurs vœux
l'instauration d'une "Veille Mondiale", à l'image de la
"Veille Météorologique Mondiale", qui assure chaque jour, à
l'échelle du globe, le recueil et la diffusion des mesures nécessaires
à la prévision météo... Il est temps de pérenniser dans un
cadre international adapté les
différentes initiatives de la communauté scientifique,
aujourd'hui morcelées à travers plusieurs programmes
internationaux, et celles des agences, notamment de la NOAA et d'Eumetsat,
déjà
partenaires dans des projets tels que Argo, Jason-2... et sans doute
Jason-3. |
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Mars 2006 |
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| 2/4 - Nautilus IV, La Terre vue du Ciel | ||||||||||
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| 3/4 - Bonne nouvelle, feu vert pour Cryosat 2 | ||||||||||
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Le 9 octobre dernier, une avarie du lanceur Rockot, a entraîné la perte du satellite d'observation de la Terre Cryosat.
Conscients de l'enjeu de la mission de ce satellite pour l'étude du changement climatique, les États membres de l’Agence Spatiale Européenne (ESA) ont décidé le 24 février dernier, la fabrication et le lancement d'un deuxième satellite, Cryosat-2. L'objectif de mise sur orbite est mars 2009.
Ce satellite est spécialement conçu pour évaluer avec précision, les modifications des épaisseurs des glaces continentales (2 mm/an) et des glaces de mer (2 cm/an). En complément aux mesures actuelles par satellite ou terrestre, elles viendront alimenter de nombreuses équipes de recherche par le monde qui travaillent sur la compréhension des phénomènes polaires, influence de l'homme, activité solaire.
Il fera partie d'une flottille de satellites EOS lancés et à lancer par la NASA et l'ESA, spécialisés chacun dans un domaine d'observation de la Terre.
Le métier du spatial est difficile et risqué. Le développement et la fabrication de Cryosat avaient coûté 136 millions d'euros et duré 5 ans. Compte tenu de l'expérience acquise Cryosat 2 bénéficiera des développement antérieurs, sa fabrication demandera 3 ans et son coût devrait être moindre.
De l'intérêt des mesures permanentes....
Pour en savoir plus sur Cryosat 2 : http://www.esa.int/esaCP/SEMALGMVGJE_France_0.html
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| 4/4 - Le 40° anniversaire des premiers lancements de satellites français a fait l'objet de diverses commémorations | ||||||||||
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Entre Novembre 1965 et Février 1966, puis en Février 1967 étaient lancés cinq satellites, dont trois au moins -Diapason et les deux Diadème - étaient destinés à faire des mesures de position et de vitesse (du satellite sur son orbite ainsi que de stations sol par rapport au satellite).
Ils ont permis des progrès spectaculaires des méthodes et instruments de la géodésie spatiale avec une connaissance toujours plus précise de l'orbite ouvrant la voie aux applications à la géodésie au profit notamment de la navigation et de l'altimétrie. On peut les considérer comme les ancêtres d'Argos, de Doris, de Topex-Poseïdon, des Jason, et même de... Galileo.
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Février 2006 |
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| 1/2 - Combien de poissons dans l'océan demain? | ||||||||||
Mercator-Océan se prépare à intégrer une dimension biologique dans la production des ses bulletins de prévision de l'océan.
Aujourd'hui, Mercator-Océan maîtrise une prévision opérationnelle de l'état et de la dynamique de l'océan grâce aux simulations numériques de ses modèles physiques.
En outre, l'équipe projet et le Groupe Mission
Mercator-Coriolis ont su comprendre assez tôt l'importance
des paramètres biologiques des océans, ce qui permet d'envisager une gestion durable
des ressources marines. L'intégration d'une composante biologie marine dans les modèles d'océanographie physique est en cours et permettra de répondre à de nouveaux besoins.
Prévoir l'évolution des zones de production primaire dont dépend l'alimentation humaine et même qui sait peut être un jour, transformer certaines provinces océaniques désertiques en zone poissonneuses, toutes questions pour lesquelles des modèles biologiques couplés à la physique seront un atout, sans oublier bien entendu la modélisation du climat et le rôle décisif du vivant, peu pris en compte aujourd'hui.
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Janvier 2006 |
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1/2 - TOPEX - Poséïdon: 13 ans de mesures de haute
précision...
La mission de Topex/Poséïdon s'est terminée ce 5 janvier 2006 après la défaillance d'une roue à inertie indispensable à sa stabilisation. En dépit des prouesses auxquelles les ingénieurs du JPL (Jet Propulsion Laboratory de la NASA) nous ont habitués, il n'a pas été possible d'y remédier.
Avec un enthousiasme bien compréhensible, Le Club des Argonautes a déjà vanté les mérites de cette mission au succès sans précédent : Trois
cent millions de lieues au-dessus des mers
Les propos tenus en 1994 par notre collègue de la Météo, Claude Pastre, n'ont pas pris une ride !
Ces aspects, s'ils sont à peu près acquis en météorologie, commencent à peine à être abordés en matière de climat. On ne voit pas trop aujourd'hui comment ces difficultés seront surmontées car, pour l'instant, aucun organisme ne s'est vu confier la mission de surveiller les évolutions du climat: disposer d'un système d'observation du climat, c'est assurément l'affaire de tous ... est -ce une bonne raison pour que cela ne soit de la responsabilité de personne
?" Un accord international, comme pour la météorologie ou la navigation aérienne, devient une urgence ! Comme l'a dit le poète Rafael Alberti: "Il est des portes sur la mer qu'on ouvre avec des mots !" |
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Décembre 2005 |
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| 1/2 40ème anniversaire des lancements des premiers satellites français | ||||||||||
Les capacités du lanceur Diamant paraissaient limitées, mais elles ont permis d'initier un programme de géodésie spatiale, utilisant deux techniques disponibles en laboratoire : En optique, le développement d'émetteurs laser de forte puissance permettait
des mesures de distance par réflexion sur des réflecteurs cibles, implantés
à bord du satellite. Des mesures furent obtenues par le Service d'aéronomie du CNRS,
sur le satellite américain BEB, depuis l'Observatoire de Haute Provence dès le 25 Janvier 1965.
La balise radioélectrique était pilotée par un Oscillateur Ultra Stable à quartz (OUS) . Les signaux émis étaient reçus par des stations terrestres également équipées d'OUS. La mesure de l'effet Doppler lié aux vitesses relatives entre satellite et stations permettait de déterminer les positions de stations éloignées, et notamment le rattachement géodésique Nice-Beyrouth. Grâce à la qualité du suivi de trajectoire, cette première liaison géodésique
ouvrait la voie à beaucoup d'autres et fut à l'origine d'une filière scientifique et technologique encore active
aujourd'hui.
En 1968, une expérience plus ambitieuse fut organisée dans le cadre d'une
Recherche Coopérative sur Programmes du CNRS. |
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Septembre 2005 |
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| 1/2 - Les cyclones dans le golfe du Mexique. | ||||||||||
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Le 29 août dernier, l'ouragan Katrina, d'une force peu commune, a dévasté la Louisiane, et s'est propagé dans le Mississipi, l'Alabama et l'ouest de la Floride.
Si la prévision des ouragans s'est beaucoup affinée grâce aux observations par satellites, aux avions de reconnaissance, et aux modèles, il reste encore du chemin à parcourir (notamment pour établir un couplage entre les modèles des différents compartiments de la biosphère).
Aux États Unis, c'est le NHC de la NOAA qui est chargé des prévisions. Les pronostics pour le reste de la saison montrent une activité cyclonique importante.
Si chaque catastrophe amène beaucoup de malheur, elle permet aussi d'observer les phénomènes réels et de vérifier les modèles, les perfectionner et ainsi faire progresser la connaissance.
Le site Aviso Altimétrie a d'ailleurs publié une version simplifiée, en Français, de cette première analyse NOAA/AOML.
Enfin, une question se pose toujours après chaque catastrophe naturelle, il y a-t-il une une aggravation de cet évènement liée au réchauffement de la planète? Le débat est ouvert. Voir le site Real Climate. |
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| 2/2 - Le satellite TOPEX-Poséïdon est entré dans sa quatorzième année de bons et loyaux services.... | ||||||||||
La NASA insiste sur le fonctionnement en tandem des deux satellites qui "offrent aux chercheurs des opportunités sans précédent pour observer des phénomènes de petite échelle, comme les marées côtières, les tourbillons et leur effet sur la circulation générale océanique , et la meilleure compréhension des ondes planétaires (basse fréquence), qui transportent des signaux liés au changement climatique"
Si bien que la NASA a finalement décidé de prolonger la mission de TOPEX-Poséïdon, respectant ainsi l'engagement pris en octobre 1997, (lors d'une réunion CNES NASA), de ne "jamais réformer un satellite qui transmet encore des données utiles". Ceci a été rendu possible grâce au soutien de la communauté scientifique internationale et aussi grâce aux efforts des équipes de projet pour réduire les coûts d'exploitation de la mission. |
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Juillet/Août 2005 |
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| 1/3 Numéro Spécial de la revue Nautilus : Jules Verne et la mer | ||||||||||
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Juin 2005 |
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| 1/2 - Un nouveau magazine : Nautilus, des océans et des hommes... | ||||||||||
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Un magazine entièrement consacré à la
mer, qui s’intéresse à tous les aspects de la vie des océans, mais aussi de la vie sur et autour des océans.
Le premier numéro est disponible dans tous les kiosques à journaux depuis le 17 mai. Abonnement: 4 numéros et un hors-série par an, soit 5 occasions de mieux http://www.nautilusmagazine.com En 1990, la guerre du Golfe oblige à repousser un projet bien avancé avec un grand groupe de presse.
Sommaire du premier numéro :
Le prochain numéro Hors série spécial sera consacré à Jules Vernes et la mer. |
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| 2/2 - "Des yeux dans le ciel" ou: Vingt millions de lieues au dessus des mers ! | ||||||||||
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Quinze ans d'altimétrie radar par satellite. Venise Mars 2006.
Aujourd'hui, l'altimétrie spatiale
intéresse un éventail de disciplines.
Ayant participé aux efforts qui, depuis plusieurs décennies, ont permis une connaissance quantitative et durable de la circulation océanique, les membres du Club des Argonautes se réjouissent de cette initiative hautement symbolique:
La flottille actuelle a été mise en place dans le cadre d'un effort de recherche.
Des conférences internationales, se penchent sur la mise en place d'un "Global Earth Observations System of
Systems" (GEOSS).
Elle permettront peut être de conjurer ce risque par une initiative commune des agences
concernées (Europe, USA, Inde, Chine, Japon, Australie) pour rendre permanente
cette flottille qui est une composante essentielle de ce GEOSS. |
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Mars 2005 |
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1/3 Portrait du Gulf Stream - Éloge des courants Un livre d’Erik Orsenna de l’Académie française Notre rencontre "magique" avec l’auteur |
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C’est ce vendredi 18 mars 2005 que les Éditions du Seuil ont publié cet ouvrage. Les "Argonautes" amoureux de la mer se réjouissent de la
parution de ce livre qui invite le lecteur à une connaissance amicale et complice des océans.
(*) Animation de la hauteur de mer au niveau du Gulf Stream. Cette animation a été réalisée avec le modèle haute résolution Mercator (PAM: Prototype Atlantique Méditerranée), sans assimilation de données, sur l'année 1999.
Ce vendredi 4 mars , nous avons pu voir Erik Orsenna , successivement, à la barre de son Dragon, puis invité de Thalassa. Entre deux confidences sur ses grandes passions, l'écriture et la mer (ah! le vertige de l'embarquement sur la feuille blanche), nous avons appris avec plaisir la sortie imminente de son prochain livre : "Portrait du Gulf Stream, Éloge des courants". Le Club des Argonautes a eu le privilège d'être sollicité par l'auteur à l'occasion de cet ouvrage qui, prenant le Gulf Stream comme prétexte, offre une promenade en mer parmi quelques merveilles peu connues des mouvements océaniques. Il vous recommande d'embarquer avec lui, à votre tour. En route pour la mer, vous ne serez pas déçus!! |
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| 3/3 Appel aux "Géonautes" de bonne volonté... | ||||||||||
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Notre Terre n'est pas en danger, (elle a survécu à
plusieurs changements climatiques): c'est l'habitat de l'espèce
humaine et ses conditions de vie qui sont en cause. Pour les préserver,
nous devons apprendre à piloter ce vaisseau spatial qu'est la
Terre, notre demeure. De simples passagers-consommateurs, devenons
"Géonautes" avertis et actifs. |
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Janvier 2005 |
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Pourquoi oppose-t-on si souvent "recherche fondamentale" et "recherche
appliquée"? Ces deux activités ne peuvent vivre l'une sans l'autre, pas de recherche appliquée sans recherche fondamentale et pas de vérification de nouveaux concepts issus de la recherche fondamentale sans recherche appliquée!
Autre
mérite de la présentation de Michel : rappeler l'intérêt d'un dialogue
permanent entre chercheurs et ingénieurs, une condition nécessaire à la
bonne articulation entre recherche fondamentale et recherche appliquée. L'immense
succès du programme Topex Poséidon et de son successeur Jason1, est
d'avoir favorisé un tel dialogue à l'échelle de la planète, au sein du
"Science Working Team" (SWT).
FR3 Région Toulouse n'a pas voulu être en reste et a consacré un "six minutes" dans son émission régionale de lundi soir. Présentation (document word long à charger) de Michel Lefebvre à l'ANAE le 2 février. Trente millions de lieues au dessus des mers |
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Janvier 2005 |
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| 1/2 Du nouveau dans les mesures in-situ... | ||||||||||
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Les océanographes du Woods Hole Oceanographic Institution (WHOI) ont récemment franchi une étapeimportante dans le domaine des mesures océanographiques in-situ. Lorsque cette station ancrée, sera complètement opérationnelle,
elle permettra de mesurer en continu sur une profondeur de 3000 mètres, l'intensité
du Gulf Stream nord, ses variations de température et de salinité, et les caractéristiques en profondeur
du courant sous le Gulf Stream.
http://www.whoi.edu/page.do?pid=12455&tid=282&cid=10187 |
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| 2/2 Le Tsunami | ||||||||||
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L'année 2004 s'est terminé par un séisme dans l'océan indien, d'une ampleur exceptionnelle ( voir les explications du site Encyclopédie Wikipedia ), avec beaucoup de victimes et des conséquences catastrophiques pour les régions touchées..
Aurait-on pu éviter ou minimiser les pertes humaines? Presque toute la presse traite de la question d'un système de surveillance et d'alerte. Les avis sont très partagés.
Un Claude Allègre moins bien inspiré que dans la préface du livre La terre vue de l'espace, est fataliste et n'envisage pas de solution (l'Express du 3 janvier 2005) : "Faut-il tout prévoir, même là où il ne se passe, en général, rien? Le monde doit s'habituer à ce que les catastrophes naturelles fassent de plus en plus de victimes, tout simplement parce que les zones à risques seront de plus en plus peuplées!"
Pourtant un système d'alerte performant est en place depuis près de soixante ans dans l'océan Pacifique. Il n'en existe pas pour les autres océans. La COI (Intergovernmental Oceanographic Commission) au sein de l'Unesco, avait déjà, à plusieurs reprises, recommandé un système d'Alerte Tsunamis pour l'Océan Indien, sans succès hélas, tant pour des raisons politiques que financières.
Le bien fondé d'un système d'alerte est reconnu, mais certains spécialistes font preuve d'un pessimisme surprenant (le Figaro du 7 janvier 2005). Ils affirment que cela prendra beaucoup temps, sera très coûteux et techniquement difficile.
Pourtant, "selon un expert australien chargé par son gouvernement de plancher sur un système d’alerte pour l’Océan Indien, l’installation coûterait environ 15 à 20 millions de dollars. Phil McFadden, interrogé par Associated Press, estime que 30 sismographes seraient nécessaires, ainsi qu’une dizaine de marégraphes et six bouées de détection (DART, Deep-ocean Assessment and Reporting of Tsunamis ). Cependant, ce système ne sert à rien si l’île ou le village menacé par le tsunami n’a pas le téléphone, avertit McFadden. " (Science et Avenir, 4 janvier 2005).
Que représente cette somme modeste par rapport aux quelques milliards de dollars qui sont mobilisés pour venir en aide aux sinistrés? Paul Tapponnier, directeur du Laboratoire de Tectonique à l'Institut de Physique du Globe de Paris n'a pas l'ombre d'une hésitation: "Il ( le système d'alerte) doit être mis sur pied d'urgence. Vu l'élan de solidarité mondial sans précédent des derniers jours, gageons que les moyens seront rapidement réunis".(Le Monde du 4 janvier 2005).
Système d'alerte efficace, infrastructures associées, éducations des populations, moyens de communication, règles d'urbanisme prenant en compte les risques, c'est toute une organisation intégrée qui doit être mise en place, tirant profit d'une approche en réseau.
Mais observer et comprendre ce qui se passe sur notre planète est tout aussi nécessaire, comme le formule Paul Taponnier : "Tout système d'alerte doit être constamment nourri et amélioré par la recherche fondamentale. Il faut chercher à mieux connaître et mieux comprendre le fonctionnement des failles terrestres. Il est vital de continuer à développer l'observation de notre planète à la frontière des techniques existantes. Il n'est guère de domaine où l'investissement dans la recherche fondamentale doive être plus grand et plus soutenu sur le long terme." On peut ajouter que réciproquement les séries de données d'observations opérationnelles alimentent la recherche et la font progresser. Il y a en quelque sorte deux activités qui se confortent l'une l'autre (comme cela se produit en météorologie depuis plusieurs décennies).
A cet égard nous disposons de toute une gamme de satellites qui nous permettent d'observer très finement notre planète..... Observer >>> comprendre>>>> prévoir.
Il suffit de feuilleter le livre d'Anny Cazenave et Didier Massonet "La Terre vue de l'espace" pour se rendre compte de la richesse des informations que peuvent apporter les mesures depuis l'espace : la topographie des fonds marins, la forme de la terre, la cartographie des déformations du sol dues au tremblement de terre, les mouvements verticaux de la croûte terrestre etc....
Les derniers évènements nous apportent malheureusement une illustration dont on se serait bien passé. Il se trouve que, deux heures après le séisme de Sumatra, les satellites d’altimétrie radar TOPEX/Poseidon et Jason-1 sont passés au-dessus du Golfe du Bengale. Ils ont mesuré le niveau de la mer sur 3.000 km au moment où le tsunami frappait le Sri Lanka. Yves Ménard précise dans un article de Libération du 8 janvier 2005 : "L'observation en direct du passage d'un tsunami est rendue possible par la très grande précision des radars embarqués. «Comme leur tâche d'observation est large, un cercle d'environ 2 kilomètres de moyenne, les radars de Topex-Poseidon et Jason filtrent l'état de la mer», ..... Les données collectées le 26 décembre par les satellites d'observation serviront à vérifier les modèles de propagation des tsunamis dont disposent les scientifiques". L'internaute intéressé peut d'ailleurs "faire tourner" l'un de ces modèles de simulation sur le site de l'UNESCO/IOC : Simulation Tsunami.
Dans notre article du mois dernier (Vers une Veille Mondiale "Océan et Climat"), nous n'avions pas indiqué la raison d'être d'institutions comme l'OMM (Organisation Mondiale de le Météorologie) et la COI : le coût annuel d'observations permanentes bien choisies est une fraction des bénéfices ou des pertes évitées qu'un système mondial d'auscultation permanente de notre planète, intégré du local au global, peut apporter. La problématique est un peu celle de la prime d'assurance, toujours un peu chère.... tant qu'on a pas eu d'accident ! |
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