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Mois d'Avril 2010


1/2 - La jeune fille et la mer

 

Marion Corre Labat, chargée de mission "énergies de la mer" à l'Agence Régionale de l'Énergie Réunion (ARER) nous a quittés le 26 Avril 2010 à l'âge de 24 ans.

 

Marion s'était résolument engagée dans le secteur des énergies marines, co-auteur du document sur "Les projets énergies de la mer en cours à l’île de La Réunion", elle avait un contact assez étroit avec le Club.
Après avoir fait un stage chez Total sur l'Energie Thermique des Mers (ETM), elle avait repris les activités de Matthieu Hoarau (correspondant du Club des Argonautes) à l'ARER.

 

Depuis plusieurs années, elle suivait avec intérêt les nouvelles du Club des Argonautes , l'ETM étant, sur l'un des côtés du triangle Océan-Climat-Énergie, une de nos préoccupations principales.

 

Lors d'une rencontre récente avec David Levrat (aussi correspondant du Club), de passage à l'Île de la Réunion, elle avait manifesté sa volonté de devenir à son tour membre correspondant du Club.

C'est avec beaucoup d'intérêt que nous l'aurions accueillie.

Le Club des Argonautes s'associe à la douleur de sa famille et de ses amis.

 

Interview de Marion, "La jeune fille et la mer"

 


Mois de janvier 2010


2/3 - Le Conseil Interministériel de la Mer (Cimer) du 8 décembre 2009 adopte le Livre Bleu : «Stratégie nationale pour la mer et les océans»


Un Conseil Interministériel de la Mer s’est tenu le 8 décembre 2009 sous la présidence du Premier Ministre François Fillon. La discrétion politique et médiatique de cet évènement est aux antipodes de son annonce le 16 juillet 2009 au Havre par le Président de la République dans son discours «sur la politique maritime de la France».

 

L’objectif assigné était alors de valider un «Livre Bleu» définissant la stratégie maritime française à partir des travaux du «Grenelle de la Mer».

 

Sans doute, passant du niveau présidentiel à l’humble niveau primo ministériel, le sujet s’est-t-il trouvé automatiquement dévalué et la «politique maritime de la France» y a-t-elle perdu de son poids politique potentiel et donc de sa valeur médiatique.

Ce Cimer a pourtant bien eu lieu et il a adopté le

 

«Livre bleu : stratégie nationale pour la mer et les océans»

 

construit en piochant dans la «remarquable boîte à outils» que «fournissent les conclusions du Grenelle de la mer» comme le dit François Fillon dans sa présentation du Livre Bleu.

 

Il serait sans doute malvenu de s’étonner que sur le site du «Grenelle de la mer» au Ministère de l’Ecologie de l’Energie du Développement Durable et de la Mer (MEEDDM), il ne soit fait aucune mention de la réunion du Cimer et de l’adoption du Livre Bleu. L’explication tient sans doute au fait que Jean-Louis Borloo n’était pas présent à la réunion du Cimer… Il est vrai que le 6 novembre Jean-Louis Borloo avait déjà lancé de son côté les «Chantiers opérationnels du Grenelle de la Mer» destinés à définir les modalités concrètes de mise en œuvre des engagements du Grenelle de la Mer.

Soyons optimistes et parions que les deux démarches convergeront et qu’il ne s’agit que de la mise en pratique de l’adage marin bien connu : «trop fort n’a jamais manqué».

Quoiqu’il en soit... «Livre Bleu» il y a maintenant, et son adoption avait été précédée le 2 décembre par le discours de clôture du Premier Ministre aux 5ème Assises «Economies de la Mer» de Brest.

Qu’en retiennent les Argonautes particulièrement de leur point de vue triangulaire : «Climat, Océan, Energie» ?

Une volonté politique

D’abord l’affirmation volontariste d’une politique maritime pour la France qui «doit être une politique intégrée inscrite dans le développement durable».

Il ne pouvait en être autrement et, soyons encore optimistes, au-delà des mots convenus, prenons acte de cette volonté affirmée qui ouvre des perspectives politiques nouvelles. Tout dépend évidemment de la manière dont cette politique sera mise en œuvre et des moyens qui pourront lui être affectés. Etant donnée la conjoncture, on peut être inquiet de ce point de vue et l’insistance à évoquer l’intégration, la mutualisation, la rationalisation des moyens et la coordination des acteurs peut laisser craindre que cette «politique ambitieuse» ne se réduise à mimer le mouvement en multipliant Conseils et Comités.

Un souci d’intégration

Ensuite la prise en compte de tous les aspects qui relient la mer à l’homme :

  • l’environnement et le climat,

  • les ressources vivantes, minérales et énergétiques,

  • les transports, les ports,

  • la construction navale,l

  • la plaisance et les loisirs,

  • la sécurité en mer ,

  • la «gouvernance» aux différents niveaux de responsabilité, la formation et l’enseignement.

Tout y est et l’on ne peut qu’approuver.

Mais l’on peut se demander aussi si l’organisation «intégrée» d’un tel ensemble peut vraiment se contenter, pour être efficace, de simples structures de coordination même quand on leur donne un joli nom comme «Conseil National de l’Archipel France», l’instance nationale de concertation qui couronne l’édifice.

Il y a dans ce Livre Bleu, face à l’affirmation d’une volonté stratégique facilement médiatisable, un grand souci de maintenir le paysage institutionnel en l’état comme si, au prétexte que la mer est l’affaire de tous elle ne devait être de la responsabilité de personne….

Océan et Climat

Les relations océans climat sont un l'un des enjeux d’une politique maritime pour la France explicités dans le Livre Bleu :

  • modification de la circulation océanique,

  • élévation du niveau de la mer,

  • acidification des océans,

  • évolution des écosystèmes marins

  • etc...

Il en découle logiquement l’affirmation de la priorité donnée à la nécessité de «Mieux connaître pour mieux gérer».

 

D’où une recherche marine qui «devra constituer le cœur d’une véritable politique océanographique». On applaudit sans réserve. Mais ici encore on ne fait que coordonner : les «opérateurs de premier rang» cette fois dans une «Alliance des Sciences de la mer» annoncée par Valérie Pécresse au colloque organisé par l’Ifremer pour son 25ème anniversaire les 28-29 septembre 2009. Comme d’habitude, on ne touche à rien et l’on crée une nouvelle structure de coordination des acteurs qui ajoute à la complexité…

 

D'où aussi dans les priorités au titre de la connaissance l’«importance particulière qui sera portée à l’observation de l’océan».

 

C’est un point qui tient particulièrement à cœur au Club des Argonautes qui a insisté sur la nécessité de pérenniser les systèmes d’observation spatiaux et in situ en vue d’une océanographie opérationnelle dans le cadre du programme européen GMES dont le groupement français Mercator-Ocean assure la coordination du volet océan (My Ocean).

 

On ne peut que se réjouir de voir le Livre Bleu reprendre cet objectif, quasiment dans les mêmes termes, et le «Relevé de décisions du CIMER du 8 décembre 2009» annoncer l’évolution rapide du statut de Mercator-Océan «vers une structure de société civile compatible avec une mission opérationnelle pérenne de service public».

 

C’est un point très positif, mais on est encore loin du système opérationnel d’observations dont on a besoin si l’on en juge par le montage qui se dessine :

  • d’une part, au niveau des moyens qui «découleront de leur «mutualisation renforcée» entre les nombreux acteurs et cette mutualisation sera recherchée à travers des programmes pilotés et financés en commun» ;

  • d’autre part, à celui de l’organisation : «Un programme national de surveillance de la mer et du littoral sera établi par l’État en concertation avec le Conseil National de l’Archipel France. Piloté par une maîtrise d’ouvrage interministérielle, il sera développé sous la maîtrise d’œuvre d’un consortium d’organismes publics.»

Imagine-t-on un service opérationnel de météorologie sous maîtrise d’œuvre d’un consortium d’organismes publics et dépendant d’une mutualisation des moyens d’une dizaine d’organismes pour assurer la pérennité d’un système d’observations ?

Optimisme toujours : nous faisons le pari que la prise en compte de la nécessité d’une océanographie opérationnelle dans le Livre Bleu débouchera nécessairement sur une organisation responsable.

 

Les énergies marines

Au titre des enjeux, le Livre Bleu affirme : «L’exploitation des mers comme source d’énergies nouvelles entièrement renouvelables n’en est qu’à ses balbutiements, mais les connaissances actuelles font déjà entrevoir un potentiel immense».

Un long paragraphe est consacré aux ressources énergétiques dans le chapitre « Développer une économie durable de la Mer», avec l’affirmation que le développement des énergies marines est un axe prioritaire de la politique maritime française.

Il s’agit nommément dans l’ordre de citation :

  • énergie thermique,

  • cinétique(courants et vent),

  • potentielle barrages ou lagons,

  • chimique (énergie osmotique),

  • biologique (micro algues).

Il est précisé aussi qu’hormis l’éolien en mer, les procédés ne sont pas matures et que la France établira une stratégie de recherche et de développement grâce à la mise en place d’une plateforme technologique des énergies renouvelables en mer et au financement de démonstrateurs, en particulier outre-mer.

 

François Fillon dans son discours de Brest du 2 décembre 2009 insistant sur la nécessité de l’intervention de la puissance publique pour le développement de ces énergies «encore balbutiantes» avait annoncé la création de cette plate-forme technologique avec pour chef de file l’Ifremer.

 

C’est confirmé très explicitement dans le relevé de décisions du Cimer du 8 décembre 2009 : elle sera lancée en 2010 pour conduire des études et développer les démonstrateurs nécessaires pour valider les diverses technologies.

C’est une suite logique à l’initiative « Ipanema » (Initiative Partenariale Nationale pour l’émergence des Energies Marines) signée le 17 octobre 2008 qui associe plusieurs régions, EDF, DCNS, Ademe, MEEDDM et à laquelle participent de nombreux partenaires économiques, industriels et académiques qui s’est donnée comme objectifs :

  • de promouvoir le développement d’une filière scientifique et industrielle «Energies des Mers»,

  • de développer des sites d’essais en mer adaptés aux différentes technologies et de faciliter le développement de démonstrateurs.

C’est certainement un des points les plus positifs car très concrets du Livre Bleu et du Cimer. Manifestement les choses bougent en ce qui concernent les énergies marines. En témoigne l’Appel à manifestation d’Intérêt sur les énergies marines de l’Ademe du 2 septembre 2009 qui vise à valider les options technologiques possibles sur quatre filières :

  • hydroliennes,

  • éolien flottant,

  • houlomotrices,

  • énergie thermique des mers (ETM),

Cette dernière énergie marine a fait l'objet d'une convention de partenariat entre DCNS et la Région Réunion signée en Avril 2009 pour la réalisation d'une étude de faisabilité sur la mise en place d'un démonstrateur ETM de 1,5 MW en 2014 à La Réunion. Avant son échéance, une seconde convention a été signée, en Octobre 2009, entre ces mêmes partenaires et l'Etat Français, dans le cadre du plan de relance, pour la réalisation d'un "Prototype à Terre" ETM, visant à tester à échelle réduite le système énergie de l'ETM, pour étudier la canalisation d'eau froide profonde et réaliser des mesures environnementales sur le site d'implantation.

 

Conclusions

L’océan a de l’avenir et le Gouvernement semble l’avoir compris, qui affiche une stratégie globale.

C’est un bon point de départ mais le plus difficile reste à faire.

Comme il est dit dans la postface du «Livre Bleu» : «il reste désormais à définir dans les très nombreux domaines concernés des objectifs précis et le calendrier associé, mais aussi à préciser les responsabilités et les moyens à mettre en œuvre : ce travail mobilisera le Gouvernement, en liaison avec les collectivités territoriales, le monde maritime et la société civile.»
Nous faisons le pari de l’optimisme ; rendez vous au prochain Cimer qui doit se réunir d’ici la fin de 2010 pour «valider le plan d’action correspondant».



3/3 - Georges Claude, le génie fourvoyé, créateur d'Air Liquide, du tube au néon, de l'Énergie Thermique des Mers....

Georges Claude, 1870-1960, a marqué son époque de nombreuses et géniales inventions qui prospèrent encore dans l’industrie. Il est sans doute l’inventeur français le plus fécond. Comment peut-il être ignoré du grand public aujourd’hui ?

À l’origine d’Air Liquide (dont la raison sociale demeure : société anonyme pour l’étude et l’exploitation des procédés Georges Claude), des Lampes Claude, de la Société Chimique de La Grande Paroisse, du tube au néon, de nombreuses armes de guerre en 14, de la synthèse de l’ammoniaque par hyper-pression, de l’Énergie Thermique des Mers… “l’homme aux 250 inventions” fut un chercheur infatigable et opiniâtre contre l’avis des scientifiques dominants. Il était mondialement connu et admiré avant le dernier conflit mondial.

Il fut élu à l’Académie des Sciences en 1924, honoré par quantité d’Universités et d’organismes internationaux. Les Américains l’appellent l’Edison français !

Élève de l’École Municipale de Chimie et Physique Industrielles de Paris, électricien, journaliste, physicien, chimiste, ingénieur, économiste, ce génie a voulu devenir tribun et il s’est noyé dans le chaudron hautement toxique de la politique. Le Cassandre des années 30 s’est entêté pour soutenir son ami Pétain dans un collaborationnisme suicidaire et s’est commis dans les excès de l’extrême droite. Le rival des scientifiques allemands ne voyait d’avenir que dans la grande Europe… d’Adolf Hitler. Trop d’intérêts et une histoire trop manichéenne le condamnent à l’oubli.

Rémi Baillot, avec la même ténacité que l’inventeur, a reconstitué et cherché à comprendre ce parcours fourmillant d’aventures, de combats et de conquêtes.

À l’appui de nombreuses illustrations originales, il a replacé dans l’histoire de la science et de la politique au XXe siècle, la tragédie de ce gaulois intrépide, courageux, savant, inspiré, fier, mais aussi terriblement sourd et follement jusqu’au boutiste. Il sort de l’oubli un génie qui s’est fourvoyé.

 

Pour en savoir plus : Blog de Rémi Baillot : http://rbaillot.blogspot.com
On peut y voir un film réalisé dans les années 30 où Georges Claude raconte lui-même ses aventures à la conquête de l’Energie Thermique des Mers, à Cuba et à Rio de Janeiro,

Voir aussi  l'article du site sur l'expérience de Georges Claude à Cuba.

 


Mois de Novembre 2008


1/1 - Nouvel accord entre Hawaii, Taiwan et Lockheed Martin pour une centrale électrique ETM de 10 MW

 

Un correspondant du Club des Argonautes aux USA nous confirme qu’un accord de coopération a été conclu entre l’État, l’ITRI de Taiwan et Lockheed Martin Co. pour l’étude d’une usine pilote ETM de 10 MW.  L’annonce été faite par le Gouverneur de l'État d'Hawaii, Linda Lingle le 18 novembre dernier.

 

Il s'agit de l’État d’Hawaii avec son Université et son centre d’essai, le NELHA.
L'ITRI est l'institut taiwanais qui a financé le secrétariat de l’IOA de 1990 à 2002. L'ensemble des IOA News Letters publié par cet organisme est disponible sur notre site.

Lockheed Martin Corporation fut une des compagnies qui participa avec l’État d’Hawaii au financement et à la réalisation de la première centrale flottante à cycle fermé Mini OTEC. (1977-79).

 

Au cours des décennies passées nombreuses ont été les annonces sans suite de projets de ce type et il convient donc d’être prudent. Il s’avère toutefois que la qualité des partenaires et leur intérêt soutenu pour le développement de la filière donne à cette annonce une crédibilité particulière. 
Les îles d’Hawaï et de Taiwan sont lourdement dépendantes des apports extérieurs pour répondre à leurs besoins en énergie primaire. Elles sont situées dans la zone tropicale où la ressource ETM est abondante et accessible. Leurs économies sont suffisamment développées pour qu’elles puissent jouer un rôle pionnier dans le développement de la filière. Enfin elles ont établi depuis plus de vingt ans des relations de coopération scientifique et technique soutenues sur ce thème. 
Nous suivrons donc avec attention l’avancement et les résultats de cette coopération.


Mois d'Octobre 2008


1/1 - Octobre 2008 : 2ieme Conférence internationale sur les Énergies Marines: ICOE 2008

 

Cette conférence concernant l'ensemble des énergies marines, organisée  par l'Ifremer et l'EDF, s'est tenue à Brest du 15 au 17 octobre 2008. Avec plus de 450 participants (deux fois plus que prévu), venus du monde entier, ce fut un grand succès.... D'ailleurs, une nouvelle édition est déjà prévue pour octobre 2010 à Bilbao.

 

 

Quelques remarques d'ordre général 


Il était réconfortant de voir cette assistance nombreuse, très active dans le domaine encore émergent des ERM (Énergies Renouvelables Marines), d'un bon "degré de Biodiversité", tant par les tranches d'âge, que par les milieux professionnels: 

  • Instituts de recherche, (Ifremer, École Centrale de Nantes, École Normale Superieure de Cachan, HNEI d'Hawaii),  

  • Des groupes industriels ou des bureaux d'études, comme Total Fina, EdF, SAIPEM (représentée par notre correspondant Jacques Ruer), Coyne et Bellier (représentée par notre correspondant David Levrat)

  • PME comme Enertrag France,  Hydro-GEN, pour ne citer qu'elles.

  • Projets d'entreprises encore en gestation, comme le "SWAC en circuit fermé" porté par Bruno Barnier  ("De Profundis"...) 

  • Sans oublier les sociétés de services comme Elyo  (Groupe Suez), 

  • Et les sociétés spécialisées dans ce que l'on hésite désormais, à appeler ... "Capital Risque" ! (dans la mesure ou... investir dans des ERM est sans doute moins risqué que... dans des "Subprimes" !) 

Comme beaucoup de réunions sur l'énergie, (à fortiori lorsqu'elle est renouvelable !),  ICOE 2008 comportait son cortège de... "Constats paradoxaux" comme par exemple :

  • L'impressionnant paquet de brochures remis à chaque participants. A l'ère des DVD, clés USB, et des documents Pdf en couleurs...  

  • La "riche actualité" de l'Éolien Off Shore, qui cumule les règles applicables au domaine maritime ET à "l'Éolien terrestre" ... de sorte que la ferme éolienne de la Cote d'Albâtre n'a fait l'objet que de ... SEPT  enquêtes publiques différentes ! Sans oublier la récente annulation du décret de F. Loos, (qui fixait un prix de rachat du kWh éolien, voisin de celui du "Photovoltaïque intégré dans la toiture"...). Le tout dans une totale "incertitude du Bilan carbone" puisque ses "adversaires"  attribuent au kWh Éolien une émission de CO2 de 600 g, tandis que les pouvoirs publics, (Ademe), le créditent... d'une économie de 300 g ! Dans les mois qui viennent, nous reviendrons sur cette question :  il est clair qu'aucune activité industrielle, y compris hélas les ERM, ne peut se développer avec de telles inconnues !

L'attention portée, et la place accordée aux Hydroliennes ne doit pas faire oublier que ces dispositifs s'intéressent à 5% environ du potentiel techniquement exploitable des ERM; comme le dit Jean-Marc Jancovici, à propos d'autre chose :

 "les énergies renouvelables dont on parle le plus ne sont pas forcement celles qui ont le plus de potentiel".

 

Sabella - SAIPEM

Hydro-gen - Aquaphile

  

S'il est clair qu'il faut "cueillir les bénéfices" les plus immédiatement accessibles, (énergie mécanique dans les passes des lagons, par exemple), il serait regrettable que cette "cueillette opportuniste" conduise à une cartographie erronée... des "New Territories" qui sont devant nous ! 


Dans le chapitre "lutte contre les gaspillages"...

 

Les Japonais, s'inspirant de la première  expérience de Georges Claude, avec le haut fourneau d'Ougree cherchent à exploiter systématiquement tous les gisements de chaleur industrielle "fatale"... que l'on se contente aujourd'hui de dissiper, avec parfois des soucis... notamment... en période de canicule ! (Xenesys).

 

Un besoin de synergie entre disciplines...

 

C'est un constat : les deux communautés émergentes, "Énergies Marines" et "Océanographie Opérationnelle." s'ignorent presque totalement. Elles auraient tout à gagner à interagir. Certains entrepreneurs sont impatients :

  • de trouver par exemple et entre autres, un moyen de quantifier l'impact environnemental, sur une échelle très locale, de projets ETM à l'Île de La Réunion et dans le Pacifique Oriental. Des aspects comme "stabilité de la ressource ETM" (locale), ou "Dômes d'eau froide" sont en effet cruciaux dans des projets aussi "Capital Intensive"...

  • de connaître, pour de futurs projets d'hydroliennes le potentiel des courants dans les passes, dus à la marée et surtout au déferlement des houles sur les récifs de centaines d'atolls, dont les populations sont tributaires du prix du baril pour leur consommation  électrique.

Il est probable que ces besoins nouveaux ne sont pas bien pris en compte dans GMES "My Ocean"... par manque de communication entre ces différents secteurs professionnels. 

 

L'Énergie Thermique des Mers n'est plus l'oubliée des conférences sur les énergies marines 

 

Cette fois ci, l'ETM a fait l'objet d'une session à part entière. 

Le Club des Argonautes a participé à trois présentations en collaboration avec l'Université de Hawaii, l'Institut  norvégien de recherche sur l'eau., Coyne et Bellier, Saipem SA et Noble Denton Consultants.

 L'exposé de Jacques Merle et al., présenté par Gérard Nihous sur les impacts de l'ETM a été particulièrement apprécié.

 

Conclusions

 

Nous n'avons pu aborder dans cet article qu'une petite partie des sujets traités.
La mer est un milieu très riche en énergies renouvelables et les communications ont été a la hauteur de cette richesse.

Peu après  la fin de cette manifestation, un geste symbolique, Le MEDAD, l’ADEME, l’Ifremer, DCNS, EDF, les Régions Basse-Normandie, Bretagne, Haute-Normandie, Pays de la Loire, Provence Alpes Côte d’Azur, Réunion et Rhône-Alpes, ont signé le lundi 23 octobre une déclaration d’intention dans laquelle ils s’engagent à construire, ensemble, une stratégie nationale de développement des énergies marines.

 Il s'agit de :

 IPANEMA : Initiative PArtenariale Nationale pour l'Émergence des Énergies Marines


Mois d'Août/Septembre 2008


1/1 - Polynésie Française : l'ETM est à l'ordre du jour - De nos correspondants en Polynésie.

 

En Polynésie, depuis maintenant quelques mois, l’Énergie Thermique des Mers (ETM) est revenue sur le devant de la scène. 

 

Pour preuve, 

  • le discours d’introduction fait par le Président du Gouvernement, au Séminaire sur l’Énergie, qui s'est tenu à Papeete dans les locaux de la Présidence du 27 au 29 août 2008. Il voit en l’ETM, l’une des voies de l’indépendance énergétique de la Polynésie Française

  • ou encore la présentation par la société OCEES d’un projet à l’Assemblée de Polynésie.

Il est vrai que Tahiti et ses îles regroupent des facteurs très favorables au développement de cette technologie :

  • Positionnées en milieu tropical, le différentiel de température entre les eaux de surface et les eaux profondes y est important

  • Les pentes océaniques moyennes y sont supérieures à 45°

  • L’électricité y est parmi les plus chères du monde

Ces différents aspects n’ont pas échappés aux entreprises spécialisées dans ce domaine. Les sociétés Xenesys et OCEES (sociétés japonaises et hawaiiennes spécialisées dans l’ETM depuis plusieurs dizaines d’années) ont, l’une comme l’autre, finalisé des partenariats forts avec des entités et industriels locaux avec pour objectif l’application de l’ETM pour des productions d'électricité allant de 1 à 5 MW. 

Chacune de ces sociétés a aujourd’hui proposé au gouvernement en place, un ou plusieurs projets, (site défini, puissance et coûts associés) . Aux autorités, maintenant de faire leur choix, afin de répondre au besoin impérieux en énergies renouvelables.


Toutefois, les premiers projets à voir le jour pourraient être des projets totalement privés. En effet certains groupes privés locaux réfléchissent à l’utilisation de l’ETM pour leurs différents établissements dans les 5 années à venir. Les puissances installées seraient de l’ordre de 1MW. 

 

Étant donné que le coût de l'électricité a augmenté de 15% mi 2008 et qu’une nouvelle hausse est prévue en début 2009, nul doute que ce simple fait, devrait accélérer fortement le développement de tels projets.

 

Toutefois, les premiers projets à voir le jour pourraient être des projets totalement privés. En effet certains groupes privés locaux réfléchissent à l’utilisation de l’ETM pour leurs différents établissements dans les 5 années à venir. Les puissances installées seraient de l’ordre de 1MW.


2/3 - Ifremer: Réflexion sur les Énergies Renouvelables Marines (ERM).

 

Partant du constat que : 

  • l'Union européenne a fixé pour objectif : la part des énergies renouvelables devra représenter 20 % de la consommation énergétique totale de l’Europe en 2020,

  • les énergies marines représentent une part importante des énergies renouvelables, 

  • la France dispose du second potentiel européen pour les énergies hydrolienne et éolienne marines, d’une excellente ressource houlomotrice et de grandes étendues marines tropicales adaptées à l'exploitation de l'énergie thermique

l'Ifremer a lancé en mars 2007 un "travail de réflexion prospective sur les énergies renouvelables d'origine marine à l'horizon 2030" (Rapport de synthèse de l'étude prospective à 2030).

Une vingtaine de partenaires français représentant les principaux acteurs du secteur : ministères, industriels, instituts de recherche et agences spécialisées ont participé à ces travaux.

 

Rappelons de façon simplifiée que l'approche retenue est du type "ressources potentielles - besoins".

Toutes les ressources marines sont analysées : vent, marée, courants, houle, biomasse, thermique, pression osmotique, sans oublier les aspects technologiques, environnementaux...

 

Quatre scénarios, voisins de ceux que le Giec utilise, sont définis :

  1. Crise, urgence énergétique.

  2. Coopération vertueuse par nécessité.

  3. Peu d’évolution, chacun pour soi.

  4. Développement local autonome.

L'exercice consiste à analyser les conséquences de ces différents scénarios sur le développement des technologies. On en déduit ainsi une combinatoire technologie/scénarios.

 

Le Club des Argonautes qui s'intéresse tout particulièrement à l'Énergie Thermique des Mers, se félicite que  cette dernière ait été mieux prise en considération que par le passé.

 

Le rapport de l'Ifremer mentionne que : "...la France a été pionnière en la matière (énergies renouvelables) avec la première usine marémotrice du monde (La Rance) dès les années 60 et surtout qu’il existe des réalisations et une demande croissante dans le domaine des énergies renouvelables marines y compris dans l’outre-mer lointain : climatisation
d’un hôtel à Bora Bora, projet identique pour l’hôpital de Tahiti, sécurité et coûts de l’énergie dans les grandes îles tropicales françaises…"
  

 

Le Club souhaite ajouter que la France a aussi été pionnière dans le domaine de l'Énergie Thermique des Mers au début du siècle dernier avec les travaux de Georges Claude, et en 1982 dans le projet Ifremer d’une usine pilote de 5 MW destiné à Tahiti. Bien que la France ait abandonné ce domaine en 1986, les études effectuées et l'expérience acquise peuvent et doivent servir aux maîtres d'ouvrage et industriels français qui aujourd'hui envisagent de se lancer dans l'aventure.

 

Le calcul des contributions respectives de chaque type d'énergie marine montre la part prépondérante  de l'Énergie Thermique des Mers. Les sources récentes sur le sujet convergent en ordre de grandeur :

Rappelons la conclusion du Club, en 2005 :

 

"La production annuelle d’énergie primaire que l’on pourrait extraire des énergies marines serait de l’ordre de 120 000 TWh d’électricité. Ceci est équivalent à la totalité de l’énergie primaire consommée par l’humanité en l’an 2000 (et environ 10 fois la consommation annuelle d’électricité des pays de l’OCDE qui était de 10 000 TWh en 2000 avec 15 % de production renouvelable, pour l’essentiel d’origine hydraulique)". 

 

Cette étude prospective de l'Ifremer apporte un contribution importante à la réflexion actuelle sur les énergies renouvelables, notamment parce que les énergies marines peuvent y tenir un rôle majeur.

 

Quelles seront les suites ? Quelles décisions ?

 

L'objectif affiché de ce travail est de "s’interroger sur les possibilités d’accroître les capacités de recherche et développement sur telle ou telle technologie, ce qui conduira à sélectionner les partenariats stratégiques et les financements à mettre en place ou à renforcer (dernier point en dehors du champ de cette étude)..... La France peut jouer un rôle important en recherche comme en développement surtout si les risques liés aux choix de technologies sont partagés entre tous les acteurs, dont l’État. Ce dernier dispose en effet de nombreux leviers pour fédérer les compétences et cofinancer les prises de risques".

 

Ce volontarisme fort bien venu est moins apparent dans les conclusions du rapport... Alors que la diversité des acteurs à impliquer est énorme, (car la variété des technologies concernées se combine avec la  dispersion géographique...), le souci de fédérer ce secteur nouveau, d'éviter les duplications (notamment sur l'immense question de la maîtrise des risques techniques et environnementaux), est bien peu présent ! 

 

Pourtant, considérant l'enjeu climatique et les réductions d'émissions de GES que peuvent apporter les Énergies Renouvelables Marines...  le Club appelle de ses vœux une volonté politique comparable à celle qui a prévalu, il y a 40 ans, pour le spatial ou pour le nucléaire : 

il est vital que tous les acteurs, y compris la puissance publique, trouvent les moyens de fédérer leurs compétences, de conjuguer leurs talents, pour accélérer la mise en place d'un tissu industriel capable de relever "le défi... que l'espèce humaine se pose à elle même !"


3/3 - Les États Unis investissent dans les Énergies Renouvelables Marines (ERM)

 

Le Club reçoit de son correspondant à Hawaï une bonne nouvelle concernant les ERM.

 

Le DoE  (US Department of Energy) a en effet annoncé le financement, (pouvant aller jusqu'à 7,3 millions de dollars), d'un programme d’actions de Recherche et Développement en partenariat avec diverses organisations publiques et privées . L'objectif de ce programme volontariste du DoE est de démontrer que ces technologies marines peuvent être compétitives et commercialement viables. 

Voir la News du DoE du 18 septembre 2008 : http://www.energy.gov/news/6554.htm .

 

L’ETM - Énergie Thermique des Mers- bénéficiera de cette initiative pour deux actions. 

L’une confiée à la Société Lockheed Martin pour des tests de validation des technologies de construction des conduites d’eau froide profonde. L’autre confiée au National Renewable Marine Energy Center de l’University of Hawaii (Honolulu, Hawaii) pour des tests probatoires d’endurance de fonctionnement à long terme en liaison avec le secteur privé. 

 

On rappelle que Lockheed et l’État d’Hawaï avaient été en 1979 partenaires pour la construction de « Mini OTEC », la première centrale flottante de démonstration ETM à cycle fermé.

Le Club se félicite d'avoir apporté son soutien à la candidature de l'Université d'Hawaï.


Mars/Avril 2008


1/1 - ETM, après la prise de conscience une action résolue ?

Cela fait plus de quatre ans que Le Club des Argonautes fait la promotion de l'Énergie Thermique des Mers qu'il a souvent qualifié "d'énergie ignorée". 

 

Depuis les déclarations du Président de la République et du Ministre de l'Outre mer, on ne peut plus tenir ce langage. 

La grande presse fait régulièrement état d'initiatives et de grands projets dans les Collectivités d'outre Mer (Clicanoo, Les Nouvelles Calédoniennes, et plus récemment La Croix du 14 avril, le Blog "Les Énergies de la mer renouvelables " édité par 3B Conseil sans oublier les News de notre site

 

Doit-on se  réjouir de cette évolution ?  Qu'en est-il exactement ?

 

Le projet phare aujourd'hui, au moins au plan médiatique, est incontestablement le plan "Réunion 2030" dont l'objectif est, entre autres d'acquérir une certaine autonomie énergétique et dans lequel l'Énergie Thermique des Mers figure en bonne place. Des mesures de température sont d'ailleurs en cours pour déterminer si le site envisagé, à La Réunion, est adapté pour cette technologie. En Polynésie Française, la climatisation par l'eau froide profonde est déjà en service dans un hôtel de Bora Bora. Les pouvoirs publics poursuivent dans cette voie avec la climatisation d'un futur hôpital.
 
D’après les informations rassemblées par le Club, il apparaît donc bien que plusieurs projets soient en cours d’élaboration dans nos Collectivités d'Outre Mer (COM) les plus proches de la ressource, mais pas nécessairement coordonnés, voire même concurrents.

Si l'utilisation de l'eau froide profonde pour la climatisation ou la production d'électricité ne nécessite aucune rupture technologique, il n'en reste pas moins que des opérations industrielles en milieu marin comportent un certain nombre de phases critiques, qu'il s'agisse du choix du site le plus favorable, ou d'opérations d'immersion de la conduite d'eau profonde et, par la suite, les opérations d'entretien et de protection contre les salissures.

Le projet de la centrale 5 MW de Tahiti élaborée dans les années 80, puis abandonné, pour des raisons de politique générale, (que certains ont appelées "tournant de la rigueur"...), avait bien montré la nécessité d'étapes de validation.

 

La question se pose donc d'organiser un partage de connaissances et une démarche de retour d'expérience entre les différentes initiatives pour prévenir les duplications d'effort ou même, la répétition de fausses manœuvres.

Compte tenu du décrochage de l'effort technologique européen par rapport aux USA, Japon ou même l'Australie, on peut se demander si un ambitieux programme de R et D ne serait pas un bon moyen de combler les effets de l'inaction de ces 20 derniers années.

Un démarrage rapide de l'exploitation industrielle de cette ressource abondante, renouvelable, et non intermittente est souhaitable. Une alliance entre Maîtres d'ouvrage et/ou Maîtres d'œuvres, (Collectivités d'Outre Mer), peut être un moyen d'aller plus vite, en favorisant le repérage et la diffusion des démarches les plus efficaces. Cette alliance devrait comprendre non seulement  les partenaires français ayant un intérêt commmun, mais aussi ceux d'autres pays européens, par exemple l'Espagne et le Royaume Uni.

Ne serait ce pas là un projet ambitieux qui pourrait s’intégrer dans les actions du domaine de l’Énergie et du Changement Climatique, que la France souhaite soumettre à ses partenaires de l’Union Européenne ? Union dont elle va assurer la Présidence pendant le deuxième semestre de cette année 2008...

Alors, que faudrait-il faire ?

  • D’abord formaliser un argumentaire en opportunité, montrant que l’ETM se prête au développement industriel d’une filière énergétique renouvelable.

  • Constituer pour cela un réseau, formel ou informel, reliant les initiatives en cours, représentatif des acteurs publics et privés du secteur de l’énergie, et susceptible de faire advenir les nombreuses synergies possibles.

  • Associer, bien entendu, l’Union Européenne à l’élaboration de cet argumentaire, et proposer un programme d’actions à entreprendre sur les 5 premières années.

  • Évaluer les coûts de réalisation,

  • Rechercher les sources de financement et les opérateurs.


Novembre 2007


1/1 Bientôt un site ETM expérimental dans les DOM/TOM? 

Après avoir été négligée pendant plusieurs décennies, l'ETM revient enfin dans le "Top 5" des énergies marines souvent citées dans la presse, soit au niveau de l'action gouvernementale, soit dans celle des Régions Ultra-périphériques, comme on dit à Bruxelles, notamment ces territoires ultra marins, que sont certains DOM-TOM.

Ceux qui ont suivi l'action du Club depuis 4 ans savent combien les Argonautes ont de raisons de se réjouir de cette "re-connaissance..." de l'ETM, ce moyen de production d'eau douce et/ou de kWh, renouvelables et non intermittents, cette ressource au potentiel considérable, dont notre pays a été le pionnier, ainsi que cela apparaît sur de nombreuses pages de ce site.

 

En effet, les procédés et les technologies nécessaires à son exploitation sont connus depuis les années 30, grâce aux expérimentations du français G.Claude.  

 

Les travaux plus récents réalisés principalement aux États-Unis et au Japon en confirment à la fois la faisabilité technique, les bénéfices environnementaux, et le potentiel économique.

 

Cette ressource située dans la zone intertropicale ouvre dès à présent des perspectives de développement pour les territoires et département d’outre-mer français.

 

La France s’est malheureusement mise hors jeu des travaux de R&D, après l’abrupt abandon du projet de la centrale de Tahiti en 1987.

 

Aussi nous réjouissons nous des derniers événements sur le sujet.

Le premier est la question formulée (News Juin 2007) par l’Institut de la Mer au candidat Sarkozy, à l’occasion des élections présidentielles  : 

"Quelles perspectives de développement des activités maritimes de l’Outre-mer français voyez-vous dans les cinq prochaines années ?

et sa réponse :
"La mer tropicale est également une source majeure d'énergies renouvelables, malheureusement inexploitée aujourd'hui. Leur développement passe par une recherche appliquée pertinente sur l'éolien offshore, sur l'hydrolien, et surtout sur l'énergie thermique des mers, actuellement ignorée."

Ignorée plutôt que négligée ? Qu’importe le terme puisque le candidat Sarkozy a compris l'enjeu pour augmenter la part des énergies renouvelables Outre-Mer !


Le second événement est l’annonce de Christian ESTROSI dans un communiqué Grenelle Environnement en date du 25/10/2007, qui mentionne «un Outre-Mer exemplaire» et «En Polynésie française, des recherches sont entreprises dans le domaine de l’énergie thermique des mers» (après avoir parlé initialement de "La création prochaine d’un pôle de compétitivité sur l’énergie thermique des mers en Polynésie française)

Enfin, le troisième événement est la présentation des résultats de l’étude NRJRUP. réalisée dans le cadre du programme DOCUP  2000-2006. Cette étude confiée à la Région Martinique visait à identifier les potentiels énergétiques issus des ressources marines pour produire de l’électricité dans les Régions Ultra Périphériques d’Europe (RUP) : Martinique, Guadeloupe, Guyane , Réunion , Açores ,Madère ,Canaries. 
Réalisée sur financement de la Commission Européenne, la présentation de ses résultats s’est faite lors d’un séminaire tenu à Fort de France du 23 au 25 octobre 2007 qui réunissait des élus, des représentants d’institutions publiques et des entrepreneurs. 

Outre l’éolien offshore, la houle et l’hydrolien, il fut aussi beaucoup question de l’ETM qui aurait notamment été reconnue comme "la filière la plus appropriée pour la Martinique et la Guadeloupe" et "à considérer pour la Guyane et la Réunion".

 

Les candidats DOM&TOM sont donc nombreux à vouloir contribuer au développement des technologies pour l'exploitation de la ressource ETM. Ce passage d'un niveau d'activité comparable à celui d'un "cimetière des bonnes intentions" à un sympathique foisonnement de propositions est en lui-même prometteur. Le Club des Argonautes souhaite qu’une décision soit rapidement prise pour passer à l’étape suivante : réaliser un pilote ETM de production d’électricité, éventuellement jumelé avec un incubateur d’entreprises valorisant les produits associés à l’utilisation des eaux froides profondes. (comme c’est le cas au NELHA  à Hawaii et au Japon). 

 

Reste à coordonner les différents efforts pour qu'ils servent au mieux, dans leurs régions respectives, de vitrine aux industriels français, dont certains furent d'historiques pionniers de l'ETM. D'après nos informations, il semble qu'une structure de liaison "ad hoc" se mette en place dans cette perspective... Si tel est bien le cas, le Club suivra avec la plus grande attention cette nouvelle aventure et informera les internautes des progrès réalisés.


Septembre/Octobre 2007

1/1 - 50 ans après Spoutnik et l'Année Géophysique Internationale... le "Grenelle de l'Environnement" peut contribuer à rappeler certaines évidences !

Le Club des Argonautes a lu avec intérêt les propositions issues du rapport du Groupe de Travail : "Lutter contre les changements climatiques et maîtriser l'énergie".


Les questions que soulève la démarche en cours sont nombreuses, et la liste de propositions qu'elle a produites... forcement incomplète.

 

On peut noter par exemple que l'Énergie Thermique des Mers, source d'énergie non carbonée, plusieurs fois évoquée ici ou là, mais in fine toujours absente, n'est pas mentionnée même à titre prospectif, pour les Départements d'Outre Mer, dont il est pourtant proposé de faire "une vitrine de l'excellence climatique". 

 

De même, l'observation de la Terre n'apparaît qu'au titre de la recherche fondamentale sous la forme : "Extension et pérennisation des Observatoires de Recherche en Environnement (ORE)", alors qu'il faudrait mettre en place un véritable système d'observation globale au service d'un outil de pilotage de la Terre qui, bien entendu, dépasse les moyens limités de la recherche fondamentale et les objectifs des ORE, même si certains d'entre eux peuvent en être des éléments.

 
Globalement, force est de constater que la mer est peu présente dans les groupes du Grenelle de l'Environnement.  Une fois de plus, le Club des Argonautes souhaite attirer l'attention sur un point essentiel : 


La nécessité de disposer d'un système pérenne d'observation de l'ensemble du système climatique et particulièrement de l'Océan Mondial.

En effet, ce dernier est une composante majeure du climat puisqu'il est le principal "réceptacle" de l'énergie solaire. Il est, autant que l'atmosphère, un agent de transport de chaleur, mais ses échelles temporelles de variation imposent dans une large mesure le rythme des variations climatiques. 
Même si la compréhension des processus en cause, et de leurs non linéarités, ne cesse de progresser, la complexité de la machine Océan Atmosphère, (qui produit le climat), résulte notamment de l'existence de phénomènes turbulents; de la sorte, et comme en Météorologie, des observations globales et permanentes de l'Océan Mondial sont et demeureront indispensables.

En matière de changement climatique, l'exigence "Comprendre pour agir" ainsi que la méthode expérimentale chère à Claude Bernard, se déclinent ainsi: "Observer Comprendre Prévoir, puis Continuer à... observer !"

 

Un argumentaire a été transmis à plusieurs personnalités proches du Grenelle de l'Environnement. Son titre :

Poursuivre l'engagement français pour l'observation pérenne de l'Océan Mondial.


Juillet / Août 2007


1/2 Trois publications récentes parlent de l'ETM...

  • Dans la Revue Maritime de Juillet (*), la contribution de l'IFM au Livre Vert sur la Politique Maritime comporte le rappel suivant : "Ainsi la recherche sur l'Énergie Thermique des Mers engagée en France entre les années 20 et les années 70 a été arrêtée faute de moyens. Sa relance est aujourd'hui impérative bien qu'elle ne concerne que les eaux tropicales et les régions ultra-périphériques européennes  et non le continent".  

  • Dans "Sciences au Sud", le bulletin de l'IRD, (N°40 - Juin Juillet Août 2007), un article de Michel Gauthier reprenant le plaidoyer du Club ("Un avenir énergétique pour le Sud") et,

  • un Rapport de la DGEMP sur la stratégie nationale de recherche dans le domaine énergétique. (Mai 2007)

Page 70, on peut y lire: "L’énergie thermique : l’océan et la mer sont de gigantesques capteurs solaires. Dans la zone intertropicale de l’océan la différence de température entre la surface et le fond dépasse 20°C. Ce phénomène peut être exploité pour convertir une partie de la chaleur de l’eau chaude en énergie électrique", une phrase qui ne surprendra pas "nos abonnés" ! (et tous ceux qui visitent régulièrement ce site).

 

Ce qui est neuf... c'est de la voir dans un document officiel, suivie de la mention "Reprendre les travaux commencés en Polynésie" ! Signe que l'ETM est en train de passer de la catégorie... "énergies exotiques"... à la catégorie "Horizon à Long terme"! Un petit pas, mais... dans la bonne direction !! Surtout, si l'on se souvient que, lors du dernier colloque franco-britannique sur les énergies marines, l'ETM n'était même pas mentionnée ! (Il est vrai qu'il y a eu depuis... les réponses au questionnaire de l'IFM !) 

 

Toutefois, les auteurs ne semblent guère avoir mis à jour leurs connaissances sur la situation des diverses filières, qu'il s'agisse de leurs potentiels respectifs, ou de la maîtrise des risques liés à leur exploitation. L'avis selon lequel "Les technologies de l’énergie des océans doivent résoudre deux problèmes essentiels : faire la preuve de la conversion des énergies marines en énergies exploitables et résoudre les risques techniques liés à la dureté de l’environnement" est certes frappé au coin du bon sens... 

 

Mais il néglige le fait que le degré de réutilisation de technologies développées par ailleurs est variable d'une filière à l'autre : en ce qui concerne l'ETM, il s'agit d'une large part des progrès accomplis dans l'off shore profond avec, (comme l'indiquait déjà il y a 10 ans la DGEMP), de solides compétences industrielles en France.

 

De façon plus générale, on peut déplorer la timidité des tentatives pour renouveler les méthodes d'évaluation des avantages et inconvénients des diverses filières de production d'ÉNR (Énergies Nouvelles Renouvelables). Comment prendre en compte, par exemple, le fait qu'elles soient disponibles sans apport exogène de chaleur à "la source chaude", c.à.d. sans une pollution thermique qui, (sauf en cas de co-génération électricité + chaleur), représente, pour chaque KWh utile, environ... 2 KWh à dissiper ? 

 

Les approches tendant à réconcilier économie et écologie, (voir par exemple, et entre autres, la "méthode ExternE"), tout comme la transition vers des indicateurs qui ne soient pas uni-dimensionnels, (avec des budgets établis pas seulement en Euros, mais aussi en Kwh, et en tonnes de carbone, et ce... sur l'ensemble du cycle de vie), dépassent "l'objet social" du Club. Cependant, comment ne pas  souhaiter que l'un des "grands chantiers" qui sortiront, (peut être !), des futurs "États Généraux de l'environnement", (le "Grenelle"), porte sur "l'art" de produire des évaluations pertinentes et reproductibles, fondées sur des critères reconnus -au niveau européen de préférence- et appliqués de façon transparente ? Une condition nécessaire, (mais pas suffisante hélas !), pour faire de bons choix, n'est-elle pas d'avoir... de bonnes infos ? !  

 

(*) Notons au passage que ce numéro de la RM comporte également un article de JP Guinard sur les vagues scélérates. Retour texte


Juin 2007


1/1 ETM: un candidat bien informé...

Voici l'une des réponses au questionnaire de l'Institut Français de la Mer (question 12) transmise par l'un des 12 candidats a l'élection présidentielle: 

 

"La mer tropicale est également une source majeure d'énergies renouvelables, malheureusement inexploitée aujourd'hui. Leur développement passe par une recherche appliquée pertinente sur l'éolien offshore, sur l'hydrolien, et surtout sur l'énergie thermique des mers, actuellement ignorée."

Le Club des Argonautes se réjouit de voir ce point de vue, (dont il s'est fait l'avocat depuis sa création en Avril 2003), partagé par l'un des candidats, et plus précisément... par celui qui a été élu !

L'océan est effectivement le principal réceptacle de l'énergie solaire reçue sur Terre. Il en est aussi le plus grand réservoir. Dans la zone inter-tropicale, on peut exploiter les différences de température entre la couche superficielle chaude de l'océan (>25°C) et les couches profondes, (quelques centaines de mètres), où la température est de l'ordre de 5°C. 

Des expériences menées par la France entre les deux guerres et jusque dans les années 50, ont montré que cela fonctionnait. 

 

Ainsi qu'on a pu le voir sur ARTE, à l'occasion de l'émission du 25 mai consacrée aux énergies marines, des pays comme les USA et le Japon y travaillent à nouveau. Pourquoi la France, qui fut pionnière en la matière, et qui possède la plus grande zone économique maritime dans les régions tropicales, laisserait-elle en friche une énergie renouvelable, non intermittente, et dont les retombées: climatisation, production d'eau douce, voire aquaculture, sont loin d'être négligeables ?

(*) voir question 12, pages 18 -19, sur l'Outre-Mer français (Fichier Pdf de 200 Ko)


Mai 2007 


1/1 GIEC «Climate Change 2007» - Rapport du Groupe de Travail III 

Les scientifiques et les experts gouvernementaux du GIEC, réunis à Bangkok, ont approuvé ce vendredi 4 mai la troisième partie du Quatrième Rapport.

 

Introduction


Le GIEC vient de publier les résultats des travaux de son troisième groupe de travail–WG III. Ce groupe avait pour mission de proposer, à l’intention des «décideurs», des solutions pouvant contribuer à maîtriser de façon durable les émissions de gaz à effet de serre.

Dans son rapport technique, le WG III dresse un inventaire de ces solutions et de leurs domaines d’application : production d’énergie, transports, construction des bâtiments résidentiels et commerciaux, industrie, agriculture, sylviculture, et gestion des déchets. Il insiste en particulier sur le rôle décisif des mesures qui seront prises pendant les 20 prochaines années. 

Le GIEC fait aussi état de la possibilité d’interventions globales sur la biosphère par des options non conventionnelles dites de géoingéniérie qui visent non pas à maîtriser les émissions de gaz à effet de serre mais à en réduire l’impact. 
L’intérêt particulier du Club des Argonautes pour les relations entre le Climat, l’Océan et l’Énergie, le conduit à ne considérer dans ce volumineux rapport, malaisé à lire, que les options ayant un lien avec l’océan. Celles-ci se trouvent aux chapitres 4 et 11, consacrés respectivement à l’énergie et à la géoingénierie. 

 

Ce que dit le GIEC sur les énergies marines


Au Chapitre 4.3.3.8, on lit que le potentiel de la ressource des énergies marines (houle, marée, gradients thermique et halin, courant) est «considérable» mais que son potentiel économique est «faible». Il est également signalé que les contraintes particulièrement sévères de l’environnement marin entraînent des coûts d’investissement élevés et, qu’à l’exception des usines marémotrices, les technologies ne sont encore qu’à un stade de développement comparable à celui de l’industrie des éoliennes des années 1980. Il est également noté que le partage de l’espace entre les différents usagers du domaine maritime demandera beaucoup de concertation. 

Suivent quelques données chiffrées sur les potentiels de production des filières houlomotrice et hydrolienne, avec parfois des références à des sociétés privées. 

Suit également un avis sur le besoin d’un financement mixte public et privé pour aider ces technologies à accéder au marché. 

Quant aux procédés de conversion des ressources du gradient thermique et du gradient de salinité, les experts du GIEC estiment qu’ils en sont encore au stade de la recherche et qu’il est trop tôt pour estimer leurs potentiels «techniques». Ils ajoutent toutefois que certaines «applications» pour le conditionnement d’air et la production d’eau douce pourraient être profitables aux nations insulaires de la zone tropicale, là où l’énergie primaire fournie par des centrales diesel-électriques est chère. 

 

Les commentaires du Club :


Le Club se réjouit que le GIEC donne une place aux énergies marines dans son «bouquet» d'énergies renouvelables susceptibles de répondre aux besoins mondiaux en énergie propre, et que l’Énergie Thermique des Mers soit citée. Depuis sa création le Club des Argonautes a été le promoteur assidu de cette ressource abondante, non intermittente, renouvelable, et... négligée. 

Le Club constate que cet inventaire est incomplet. À ce stade très élémentaire de l’information sur les énergies marines destinée aux «décideurs», le GIEC aurait pu ajouter la production de biocarburant à partir d’algues, cultivées dans des fermes marines. Il en est de même pour l’extraction de combustibles nucléaires contenus, en faibles teneurs mais en grande quantité, dans l’eau de mer. Des travaux expérimentaux ont été réalisés sur ces procédés. Le Club relève aussi que le GIEC n’a pas pris en compte la spécificité des technologies des éoliennes «offshore» et n’a pas inclus cette ressource dans son inventaire des énergies marines, comme il est maintenant admis de le faire dans la littérature spécialisée.

Enfin, le Club regrette que cet inventaire ne soit pas accompagné d’une étude plus complète, mieux documentée et plus objective des avantages et inconvénients des différentes filières. Ce chapitre consacré aux énergies marines n’apporte pas les informations nécessaires pour répondre à l’objectif du GIEC, qui est d’aider les «décideurs» à choisir les options les plus efficaces pour contribuer au développement durable. 

 

Ce que dit le GIEC sur les options de géoingéniérie :

Au chapitre 11 page 4 de son rapport, le GIEC fait mention d’options non conventionnelles offertes aux décideurs pour agir non plus séparément dans les secteurs classiques de l’économie (transports, énergie, etc.), mais à un niveau planétaire en utilisant des techniques dites de géo-ingéniérie.

Le GIEC évoque plusieurs possibilités dont deux concernent l’océan : soit stimuler la production primaire de l’océan en y introduisant un fertilisant, ce qui aurait pour effet de réduire la croissance de la teneur en dioxyde de carbone de l’atmosphère, soit construire un bouclier d’écrans solaires dans la haute atmosphère pour réduire le rayonnement intercepté par notre planète et donc par l’océan qui en est le principal réceptacle. 

Les commentaires du Club :


Il est rassurant de voir que l’Homme ne manque pas d’idées pour faire face à une situation critique. Mais le Club, en tant que promoteur du concept de Géonautique, s’interroge sur la pertinence de ces options, qui ne visent pas à réduire la perturbation initiale due aux émissions de GES, (priorité pour le Club), mais introduisent au contraire de nouvelles perturbations, pour tenter de minimiser l’impact de la première. Perturbations potentiellement irréversibles dont on ignore tout des effets qu’elles pourraient avoir sur le système climatique et les écosystèmes.

Toutefois, pour faire face à l'éventualité où les mesures visant à la réduction des gaz à effet de serre GES s'avéreraient insuffisantes, il convient de ne pas ignorer ces options non-conventionnelles et d'y consacrer un certain effort de R&D, organisé et partagé au niveau international.

Dossier "Le Changement Climatique" : Les commentaires du Club où en est la recherche ? (mai 2004)
XIV - Le Club pense qu’un effort de recherche et de développement technique peut contribuer à la solution des problèmes posés par le Changement Climatique.

XV- L'océan peut être une source d'énergie pour demain... 

 

Working Group III Report "Mitigation of Climate Change", release on 4 May 07 in Bangkok
SUMMARY FOR POLICYMAKERS


Janvier/février 2007 


1/3 Présentation à la presse par ECRIN et Omniscience du livre "Énergies Alternatives"

 

Le vendredi 16 février 2007 l'association ECRIN (Échange et coordination recherche-industrie) a présenté dans ses locaux parisiens le livre "Énergies Alternatives" réalisé à partir des travaux de ses groupes de travail spécialisés sur les énergies alternatives, leurs potentialités et les développements en cours. 

Cet ouvrage ne se limite pas à l'examen des énergies renouvelables ( solaire, éolien, biomasse, géothermie, hydraulique et énergie thermique des mers) mais aborde aussi les problèmes de leur stockage, de leurs applications aux transports et à l'habitat. 

Cet ouvrage dense en informations et en données chiffrées est une référence pour un public informé mais non spécialiste soucieux de mieux comprendre les enjeux liés à l'énergie.


Décembre 2006


3/3 Le Club des Argonautes présent au Salon Nautique avec son message sur l'Énergie Thermique des Mers (ETM)

Le Poster sur l'ETM  

et un Argonaute en pleine action !     

 

Une équipe de vrais marins plutôt intrépides réunis autour d'Alain Guillard, n'a pas craint de traverser l'Atlantique dans les deux sens, sur une embarcation pas vraiment manœuvrante : un prao

 

Invités par les organisateurs du SaIon Nautique, ces rudes gaillards nous ont aimablement proposé l'hospitalité. Sans partager toutes les opinions de ces militants de l'Énergie équitable, le Club de Argonautes éprouve du respect et même de l'admiration pour leur engagement et leur souhaite bonne chance pour leur prochaine entreprise.

 

Nota : pour ceux qui veulent imprimer ce poster : version .ppt


Octobre 2006


1/2 Énergie Thermique des Mers (ETM): Plaidoyer pour une contribution européenne.

Une majorité de scientifiques s'accordent aujourd'hui sur :

  • le lien entre les activités humaines, notamment les émissions de CO2, et le réchauffement global de la planète,

  • l'urgence des mesures à prendre. (Plus tôt on commence... plus grandes seront nos marges futures !)

Même si certains polémiquent encore, les "politiques" se sont saisis du problème, au plan international avec le Protocole de Kyoto, au plan européen avec l'élaboration de documents stratégiques et de directives, au plan national dans divers pays.

Par exemple, en France on peut citer la Mission Interministérielle sur l'Effet de Serre, le Plan Climat, ainsi que diverses missions spécifiques de l'Assemblée Nationale, du Sénat

 

Au moment où l'on sent une prise de conscience réelle dans l'opinion publique, on peut se demander si l'efficacité des mesures prises jusqu'à présent est à la hauteur des enjeux. 

 

Compte tenu du développement rapide de pays comme la Chine et l'Inde, la nécessité de réduire à terme d'un facteur 4 les émissions de CO2 des pays industrialisés est reconnue par la plupart d'entre eux, ce qui implique dans l'ordre: Sobriété volontaire, Efficacité énergétique, et Énergies Renouvelables, la "recette incontournable" , prônée entre autres par l'association Negawatt, pour éviter une réduction "subie" de notre niveau de vie.

 

Ainsi le Livre Vert de la Commission Européenne sur la politique énergétique, (consultation clôturée en septembre dernier), traite en grande partie de la sécurité énergétique, mais il propose aussi une série de mesures liées au réchauffement climatique. Outre des mesures "économie d'énergie", pour puiser dans l'immense gisement des gaspillages actuels, la Commission propose une Feuille de route pour les sources d'énergie renouvelable "qui fixerait des objectifs réalisables à l'horizon 2020 et au-delà afin de créer un climat de stabilité pour les investissements et d’améliorer la compétitivité de l’énergie renouvelable en Europe". Force est de constater que parmi les énergies marines citées, l'Énergie Thermique des Mers est complètement absente.

 

Un autre  Livre Vert, consacré celui là à la politique maritime de l'Union, (consultation en cours jusqu'en juin prochain), mentionne dans son chapitre sur l'industrie maritime:

"Le vent offshore, les courants océaniques, les vagues et les marées constituent une source d’énergie renouvelable importante. Convenablement exploitée, elle pourrait représenter une grande partie de l'approvisionnement en électricité de nombreuses zones côtières européennes. Elle pourrait également soutenir le développement économique et la création d’emplois durables dans ces régions."

 

Le Club des Argonautes a déjà montré que le potentiel de l'Énergie Thermique des Mers peut être estimé à cent fois celui de la marée et cinq à dix fois celui du vent !

Cette ressource exploitant l'écart de température entre la surface et la profondeur n'est bien sur disponible que dans la zone inter tropicale. Avec la seconde Z E E (après celle des USA), l'Union Européenne y a largement accès, notamment dans ses Régions Ultra Périphériques. Pourquoi continuer à négliger cette chance ? 

 

Un nouvel article "Plaidoyer pour l'ETM" vient d'être publié sur notre site, afin de mettre l'accent sur cette ressource abondante, non intermittente, et durable.

 

Livre vert : Une stratégie pour une énergie sûre, compétitive et durable 

Livre vert : Annexe en anglais  

Livre vert: Vers une politique maritime de l'Union, une vision Européenne des Océans et des Mers  (traduction qui comporte quelques erreurs, notamment "Vents de terre" pour "Offshore winds"....)


Juillet/Août 2006


3/3 L'eau de mer profonde: une richesse encore peu connue...

Après la climatisation et l'énergie thermique des mers... de l'eau douce, une eau minérale qui vient des profondeurs !

 

Crédit CHC

Crédit CHC

 

«Suite à la demande croissante des acheteurs japonais, les exportations d’eau de boisson produite à Hawaii par dessalement d’eau de mer profonde ont brusquement augmenté de 700 % pour atteindre 8,8 millions de US dollars au cours du premier trimestre de l’année 2006  » .

Les travaux américains de recherche pour le développement de l’énergie thermique des mers – ETM - sont en grande partie réalisés au Natural Energy Laboratory of Hawaï, le NELHA, créé en 1974 à l’initiative de l’État d’Hawaï. Ces travaux ont eu pour premier objectif la mise au point des technologies adaptées à la production de cette énergie marine propre, stable et abondante, puis s’y est ajouté, dans la décennie 1980 celui visant la valorisation de produits dérivés du procédé ETM qui utilise le gradient thermique créé en région tropicale entre l’eau de mer de surface chauffée par le soleil et l’eau de mer froide pompée sous la thermocline. 

Cette eau profonde qui est une composante fondamentale de la circulation générale des océans et de l’équilibre climatique de notre biosphère est à la fois froide, et riche en nutriments. C’est à partir de ce constat que le NELHA, doté d’infrastructures de pompage ad hoc, les à mise à disposition d’une pépinière d’entreprises, publiques et privées, utilisant cette eau profonde pour la production de services et de produits divers, notamment pour la climatisation des locaux, la production aquacole, et la production d’eau douce. 

La production d’eau douce associée à la production d’électricité par ETM est directe dans la variante du procédé dite à cycle ouvert. Dans cette variante, c’est le condensat de la vapeur d’eau recueillie dans un condenseur à surface qui peut être valorisé. Les premières tentatives d’application commerciale de ce procédé ont été réalisées par G.Claude dans les années 1930. 

Un autre procédé de production d’eau douce à partir de l’eau froide profonde et plus directement destiné à l’irrigation a été proposé par la société « Common Heritage » et expérimentée au NELHA. Il consiste à faire circuler l’eau de mer froide dans un réseau de tuyaux enterrés près de la surface. La condensation de l’air humide sur la paroi externe de la tuyauterie suffit dans certaine configuration à assurer le besoin des plantations (Photo de gauche).

Ces procédés n’ont pas atteint le seuil de rentabilité économique... mais paradoxalement... c’est le succès d’une innovation "exotique" (Photo de droite) qui fait la fortune des sociétés productrices d’eau douce obtenue en dessalant l’eau de mer profonde ! Dotée de vertus associées à une eau dont la circulation dans les bassins océaniques profonds est plusieurs fois séculaire, cette nouvelle boisson est particulièrement appréciée par les consommateurs japonais.

Avec plus de cent emplois créés et des investissements supérieurs à 100 millions de US dollars, la valeur des exportations de cette eau extraite de l’eau de mer profonde était de 16,8 millions de US $ en 2005. Elle aurait déjà atteint près de 9 millions de US $ au cours du premier trimestre 2006 ! 

Pour en savoir plus : 

http://the.honoluluadvertiser.com/article/2006/Jun/06/bz/FP606060321.html
http://www.hawaiideepseawater.com/deep-sea-water.html
 


Juin 2006


2/2 - ETM (Énergie Thermique des Mers) : ça bouge dans l’Océan Pacifique et dans l’Indien.

Depuis sa création, le club des Argonautes s’efforce de mettre en valeur les potentialités considérables (et largement ignorées) de l’ETM. Il faut savoir en effet, qu'à lui seul, le réchauffement moyen de l'océan superficiel au cours du 20ieme siècle,  (0,6° environ), représente une augmentation de chaleur stockée dans l'océan du même ordre de grandeur que 500 ans de consommation mondiale d'énergie primaire (en 2001) !

Pourquoi, faire si peu de cas d'une telle source d'énergie, renouvelable et non intermittente ? Probablement à cause d'une appréciation erronée de l'efficacité du procédé et, partant, de son coût... Mais voici que les choses changent ! Le mois dernier, c'était la mise en service d’un nouveau système de climatisation dans un hôtel de Bora Bora (Polynésie Française). Les frigories nécessaires sont extraites d'une eau à 5°C, pompée dans l’océan par 900 mètres de fond.

 

Ce mois-ci, plusieurs annonces parues dans la Presse  font état de la décision prise par les États-Unis de construire deux usines pilotes : l’une de 1MW à Hawaï au NELHA, l’autre de 10 MW à Diego Garcia , pour assurer la production d’électricité et d’eau douce de la base militaire US installée sur l’île principale de l’atoll depuis les années 1960. 

Technique connue, non polluante, et de faisabilité démontrée depuis plus de 70 ans, l’exploitation de l'ETM  semble enfin reconnue comme un procédé compétitif. 

 

Il est vrai qu'avec l’augmentation inéluctable du prix du pétrole, la vulnérabilité de nos approvisionnements, et surtout l'urgence du recours à des ressources renouvelables et propres, on ne peut continuer à négliger la moindre piste.

 

Toutefois, pomper de l’eau froide sous la thermocline, (à quelques centaines de mètres de profondeur), pour l’utiliser à des fins industrielles, puis la rejeter sous la forme d’effluents plus ou moins réchauffés, pourrait créer une perturbation des équilibres thermiques et chimiques du milieu naturel, soit localement autour du point de rejet, soit même au delà, selon l’importance et le nombre de ces rejets. Dans l'hypothèse d’un développement rapide de l'ETM, (des centaines, puis des milliers, de plate-formes exploitant le contenu thermique d'une zone inter-tropicale vaste comme 120 fois la France), on doit naturellement se poser la question de ses effets sur l’environnement, et des limites tolérables de son exploitation. C'est dans cet esprit que le Club des Argonautes a élaboré un projet de  de recherche qu'il soumet à la communauté scientifique internationale : «Étude des impacts des rejets d’effluents générés par l’exploitation de l’énergie thermique des mers (ETM)». 


Mai 2006


1/2 Mise en service de la première installation de climatisation par l'eau de mer profonde dans un hôtel de la Polynésie Française

Depuis le 1er mai 2006, l'Hôtel Intercontinental de Bora Bora a remplacé son système traditionnel de climatisation par un système basé sur l'utilisation de l'eau de mer profonde.

 

Crédit Hôtel Intercontinental 

L'eau est puisée à 900 mètres de profondeur à la température de 5°C, puis elle passe dans un échangeur  de chaleur pour refroidir le réseau de climatisation, à l'aide d'un tuyau de 2 km de long et 40 cm de diamètre.

Le système de pompage de l'eau de mer consomme 15 kW électrique, alors que l'ancien système consommait 300 kW.

 

Ci-dessous, à gauche, vue du tuyau en polyéthylène haute densité franchissant une falaise sous marine à 55 m de profondeur et touchant à nouveau le fond de la mer à -125 m. 

Ci-dessous, à droite, résultat de mesure de bathymétrie de la zone concernée, sur 1 100 mètres de profondeur. Le décrochement de la falaise est situé devant l'hôtel.

Crédit Makai Ocean Engineering Inc.

 

Crédit Makai Ocean Engineering Inc.

 

Ce système SWAC (SeaWater Air Conditioning) a été mis au point et installé par la Société d'Hawai "Makai Ocean Engineering", très innovante dans ce domaine .

En effet dans le cadre du développement de la filière renouvelable ETM (Énergie Thermique des Mers ou OTEC en Anglais), l'État d'Hawaii a été depuis trois décennies le promoteur des utilisation de l'eau froide profonde. Souhaitons que cette réalisation réveille l'intérêt de la France métropolitaine pour ces technologies marines. 

A noter que la ville de Stockholm climatise déjà le centre de la ville avec l'eau de la mer Baltique. Des systèmes similaires peuvent fonctionner avec l'eau des lacs, c'est les cas  par exemple de la climatisation du campus de l'Université de Cornell aux États Unis.

 

Pour en savoir plus : 

 

Seawater Air Condition, Makai Ocean Engineering Inc.

BoraBora Seawater Air Conditioning News.pdf

L'eau de mer profonde : son utilisation pour le refroidissement d’air d’immeubles situés en bord de mer (ou de lac).

Énergies renouvelables, état de l'art et perspectives de Michel Paillard IFREMER Janvier 2006.


Mars 2006


1/4 - Première estimation de l'impact qu'aurait l'ETM  (OTEC) sur la structure thermique de l'océan 

Un universitaire américain de l’Hawaii Natural Energy Institute, Gerard.Nihous, vient de publier, les résultats d’une modélisation simplifiée d'une exploitation intensive de la ressource ETM (Énergie Thermique des Mers).

 

Comme tout procédé industriel appliqué à grande échelle, l'exploitation de l'ETM peut avoir un impact sur l'environnement. Cette question vitale comporte deux aspects : la quantité d'énergie raisonnablement exploitable et l'évaluation de son impact sur la structure thermique des masses océaniques.

 

C'est pourquoi, de son côté, le Club  a débuté depuis quelques mois une réflexion sur la définition d'un programme de recherche, conjuguant analyses théoriques et modélisations numériques en vue de déterminer de manière crédible les risques de perturbations de l'océan et les seuils à ne pas dépasser. Ce programme prendrait pour exemple les travaux du GIEC.

 

Qu'il s'agisse des travaux d'Hawaii ou de ceux du Club, une même question fondamentale est abordée : Quelle fraction de nos besoins, l'Énergie Thermique des Mers pourrait-elle satisfaire sans perturber l'environnement, c'est à dire sans nuire aux besoins des générations futures?

 

La consommation en énergie de nos "sociétés industrielles"  atteint aujourd'hui des valeurs telles que l'état de la biosphère et les cycles qui s'y déroulent sont perturbés. Rappelons que l'exploitation des énergies fossiles a conduit à  injecter dans l'atmosphère plusieurs centaines de milliard de tonnes de gaz carbonique, soit une augmentation de 30% en 150 ans.

 

Faute de moyens, l'étude de Gerard Nihous ne concerne que les modifications de la structure thermique de l’océan, sans aucune considération pour leurs conséquences écologiques. 

L’exploitation de ce modèle montre que le fonctionnement d'une flottille de plusieurs milliers d'usines entraînerait un lent réchauffement de la source froide (profondeur de 1000 mètre et température de 5°C). La capacité de production passerait alors par un maximum au delà duquel l’écart des températures entre la source chaude (25°C) et la source froide (8°C au lieu de 5°C) deviendrait insuffisant et tout ajout d’usines serait «contre productif»: il entraînerait une réduction de la production ! A titre d’exemple avec une source chaude à 25°C, ce seuil serait atteint après une dizaine d’année de fonctionnement continu d’une flottille d'usines ETM d'une puissance globale de 3 TW. Cette puissance représente une capacité de production annuelle proche de la demande mondiale d'électricité pour 2020, estimée par l'IEA à 25 800 TWh électrique.

 

Ce résultat préliminaire n'est pas étonnant, si l’on songe que le procédé ETM requiert un débit d'eau froide d'environ de 2,5 mètres cubes/secondes et par MW produit. C’est donc un upwelling   artificiel  de plus de 7  Sverdrup  que cette flottille exigerait pour fonctionner. Ce qui est d’un ordre de grandeur approchant celui des upwellings naturels !

La publication de G.Nihous montre, s'il en était besoin, l'intérêt des recherches sur les flux naturels de matières et d’énergie dans l’océan qui sont au cœur de l'océanographie physique.  

 

Comme le montrent les travaux du GIEC (IPCC), les possibilités offertes par les modèles numériques d'océan ou d'atmosphère (éventuellement couplés entre eux), permettent désormais d'évaluer l'impact des activités humaines sur la biosphère. En outre, l'introduction de paramètres biologiques dans ces modèles  devrait permettre à terme de combler la lacune mentionnée ci-dessus (aucune considération des conséquences écologiques).

 

A noter que l'impact de l'ETM sur l'environnement pourrait ne pas être seulement un objet d'inquiétude : outre sa contribution «énergétique», une exploitation «intelligente» des effluents d’eau froide à des fins biologiques, voire climatiques, sont évoquées par un autre chercheur américain, dans une communication à l’Unesco sur la "Blue Revolution". (Document de Patrick Takahashi accessible sur le site de l'UNESCO à la page 95 du document : "The Potential and Realities of Ocean Thermal Energy Conversion (OTEC)").

 

C'est l'une des perspectives du programme de recherche sur les upwellings artificiels auquel le Club réfléchit en espérant que les organismes de recherche prendront le relais, dans le cadre d'une coopération forcément internationale, compte tenu de la nature globale de ce défi.


Février 2006


2/2 -  L'énergie Thermique des Mers mise à l'écart en Europe

Un séminaire Franco Britannique sur les énergies marines a eu lieu les 19 et 20 janvier 2006 au Havre.

 

Pourquoi Franco Britannique ? 

Parce que, lors du sommet franco-britannique du 18 novembre 2004 les gouvernements français et britannique ont reconnu leur intérêt commun dans ce domaine en affirmant « le rôle déterminant que le développement des énergies renouvelables jouera dans la lutte contre le changement climatique. » 

 

Pourquoi les énergies Marines?

Parce que, en tant que nations maritimes, les deux pays disposent d’un potentiel important pour exploiter ces sources d’énergie. Les énergies marines sont renouvelables et permettent de répondre aux exigences du Protocole de Kyoto, par exemple, pour la France, une production d'électricité d'origine renouvelable de 21 % de la consommation 2010 (contre 14 % actuellement). 

 

Le colloque a traité exclusivement des énergies liées aux vagues, aux courants et aux marées, l'énergie thermique des mers n'étant pas inscrite au programme.

 

On peut regretter le choix initial d'ignorer le procédé de production d'électricité basé sur l'Énergie Thermique des Mers qui n'a même pas été mentionné (pas plus que l'utilisation de l'eau froide profonde pour la climatisation des édifices).

 

En effet, les calculs montrent, que la comparaison des contributions respectives des énergies marines sont largement en faveur de l'énergie thermique des mers.

Voir notre article Calcul des potentiels exploitables ...

 

Rappelons la conclusion :

La production annuelle d’énergie primaire que l’on pourrait extraire des énergies marines serait de l’ordre de 120 000 TWh d’électricité. Ceci est équivalent à la totalité de l’énergie primaire consommée par l’humanité en l’an 2000 (et environ 10 fois la consommation annuelle d’électricité des pays de l’OCDE qui était de 10 000 TWh en 2000 avec 15 % de production renouvelable, pour l’essentiel d’origine hydraulique). 

Les contributions théoriques maximum des différents procédés seraient de :

- 800 TWh pour l’énergie des marées, 

- 1 400 TWh pour celle de la houle,

- 18 450 TWh pour l’énergie éolienne, 

- 100 000 TWh pour la conversion par ETM. 

 

World Energy Concil

Les USA, l'Inde et le Japon, l'Australie seront-ils les seuls à s'intéresser à l'ETM ? (OTEC en anglais). 

 

Voir à titre d'exemple le projet Australien : 

http://www.seao2.com/otec/ 

La position US : http://www.nrel.gov/otec/

Un site de nouvelles sur l'OTEC : http://www.otecnews.org/ 

 

 

Nous laissons aux lecteurs le soin d'apprécier ce texte  de Jules Vernes, dans son livre Sans dessus dessous :

 

"Qu’un Lesseps propose quelque jour de creuser un canal à grande section à travers l’Europe et l’Asie, depuis les rives de l’Atlantique jusqu’aux mers de la Chine, ­ qu’un puisatier de génie offre de forer la terre pour atteindre les couches de silicates qui s’y trouvent à l’état fluide, au-dessus de la fonte en fusion, afin de puiser au foyer même du feu central, ­ qu’un entreprenant électricien veuille réunir les courants disséminés à la surface du globe, pour en former une inépuisable source de chaleur et de lumière, ­ qu’un hardi ingénieur ait l’idée d’emmagasiner dans de vastes récepteurs l’excès des températures estivales pour le restituer pendant l’hiver aux zones éprouvées par le froid, ­ qu’un hydraulicien hors ligne essaie d’utiliser la force vive des marées pour produire à volonté de la chaleur ou du travail ­ que des sociétés anonymes ou en commandite se fondent pour mener à bonne fin cent projets de cette sorte! ­ ce sont les Américains que l’on trouvera en tête des souscripteurs, et des rivières de dollars se précipiteront dans les caisses sociales, comme les grands fleuves du Nord-Amérique vont s’absorber au sein des océans."


Janvier 2006


2/2 -  Rêves de Géonautes...

Dans son numéro spécial 196 de Janvier 2006, sur les "9 rêves pour changer le monde", le magazine Science et Vie Junior consacre deux pages aux travaux de John Craven au Natural Energy Laboratory of Hawaï Authority : le NELHA dont il fut l'un des promoteurs.


John est le fondateur de "Common Heritage Corporation", une compagnie privée dédiée aux applications commerciales de l'eau froide profonde que l'on peut pomper dans l'océan tropical. Par exemple, le procédé dit "Énergie Thermique des Mers", l'ETM, qui permet de produire de l'électricité. 


John est un vieil ami des Argonautes : on voit sur la photo un des membres du Club dégustant au NELHA une fraise cultivée par un procédé d'irrigation que John avait imaginé il y a plus de 20 ans déjà. 

 

Si vous êtes intéressés par l'ETM et les innovations similaires : les DOWA - "Deep Ocean Water Application"- nées de son imagination et qui pourraient contribuer "à changer le monde" visitez aussi :

http://www.hawaii.gov/dbedt/info/energy/renewable/otec ,
http://www.aloha.com/~craven/

 

Pour en savoir plus sur l'ETM :

Rubrique Énergie des mers

 

Pour en savoir plus sur les travaux de John Craven :

IOA Newsletter Vol.9,No.4/Winter 1998

IOA Newsletter Vol.5,No.1/Spring 1994

 

Les fraisiers de John Craven sont irrigués par la condensation de la vapeur d'eau de l'air tropical sur la surface de tubes déployés dans le sol, et dans lesquels circule de l'eau froide profonde. Les racines au froid et les feuilles chauffées au soleil d'Hawaï, les fraisiers produisent des fruits beaucoup plus sucrés que ceux cultivés "normalement" .


Novembre 2005


2/2 - Le prix du pétrole augmente... l'intérêt pour l'ETM aussi...

Le Président du territoire de la Polynésie française s'est déclaré intéressé par un projet de production d'électricité basé sur le concept de l'énergie thermique des mers (ETM).

La société Américaine OCEES (OCean Engineering & Energy Systems),  spécialiste des énergie renouvelables et plus particulièrement de l'ETM, propose d'installer en Polynésie, une plate-forme offshore à proximité de Faa'a (aéroport de Papeete). L'énergie serait transportée par câble a Moorea et Tahiti. La plate forme fournirait 100 MW, soit l'équivalent de la consommation des deux îles. 

Le coût de production du kWh, hors transport est évalué à 12 FCFP (soit 10 centimes d'euro à comparer au prix de vente EDF en métropole de 7,65 centimes hors taxes). L'investissement est évalué à  50 milliards de FCFP (soit 419 millions d'euros).

Ce n'est pas la première fois que la Polynésie envisage le recours à l'ETM pour réduire sa dépendance au pétrole. Déjà dans les années 1980 l'étude d'une centrale ETM de 5 MW avait été proposée par l'IFREMER.

 

Source : La dépêche de FENUA de septembre 2005.


Juillet/Août 2005


3/3  ITER, et la recherche sur l'énergie.

 

Martelée par les médias, l’annonce nous est faite que le projet ITER sera réalisé en France. 

Il s’agit de franchir une nouvelle étape dans la recherche et le développement d’une filière énergétique qui a pour but d'assurer à l'humanité une source d’énergie non polluante et illimitée.  L'ambition est de "copier" le phénomène naturel de fusion nucléaire qui se produit dans le soleil et nous permet d'être là pour en parler!

Il s’agit bien sûr d’une excellente nouvelle qui confirme la compétence de nos physiciens et ingénieurs et la constance du soutien de nos «décideurs» à l'industrie nucléaire depuis un demi-siècle. 

La «fusion nucléaire» est-elle maîtrisable, économique, socialement acceptable  et "environnementalement responsable" ? Ces questions sont encore sans réponses; 

ITER est un projet à long terme : ces promoteurs estiment qu’après sa réalisation prévue sur 10 ans, il faudra encore plusieurs décennies pour industrialiser la filière, et cela laisse le temps de trouver des réponses. 
Enfin, s’agissant d’un programme dont l’enjeu intéresse le devenir de tous il faut se réjouir qu’il soit conçu, financé et réalisé en coopération internationale, avec l’Europe comme contributeur principal. 

Le seul regret pour les Argonautes est de ne pas voir la même volonté politique s'appliquer au développement, en coopération internationale, d’autres sources d’énergie alternatives qui elles non plus ne peuvent être mises en oeuvre par la seule initiative privée, par exemple, l’Énergie Thermique des Mers dont la faisabilité technique est déjà démontrée, et qui peut contribuer à court terme aux besoins en énergie électrique de communautés littorales isolées de la zone tropicale.

 
A plus long terme, vu l'importance des postes transport et chauffage dans le bilan énergétique des pays développés, la production en pleine mer de méthane, ou même d'hydrogène, serait une piste à explorer.


Si la recherche de longue haleine est indispensable, Il serait regrettable que le projet ITER ait pour effet de retarder des études plus modestes, susceptibles d'apporter des solutions  plus immédiates.


Mai 2005


1/2 La semaine prochaine, a lieu, en Écosse, la conférence annuelle sur les énergies renouvelables : http://www.wrec2005aberdeen.co.uk/

 

Il y a bien sûr une session sur l'ETM (Énergie Thermique des Mers).

Voici le résumé de la présentation d’ouverture de cette session faite par Don Lennard, Directeur, Ocean Thermal Energy Conversion System Ltd, Orpington, UK.

Dans sa présentation l’auteur décrit le principe de l’ETM et donne un rapide historique de sa conception et de son développement. Il rappelle qu’une usine ETM peut fournir à la fois de l’électricité et des sous-produits qui élargissent son champ d’utilisation et améliorent sa rentabilité. La ressource thermique est stable et permet une production d’électricité ETM «en base», à la différence de la plupart des autres ressources renouvelables.
Ces avantages font que l’ETM malgré son coût d’investissement élevé comparé à celui des filières énergétiques traditionnelles pourrait devenir plus attrayante que celles brûlant des combustibles fossiles. Ceci serait d’autant plus vrai que la taxation des émissions de carbone jouerait en faveur de l’ETM qui est par principe non polluante. 
La demande mondiale d’énergie doit croître de façon importante dans les années à venir et la part des énergies dites « nouvelles » nécessaire pour y répondre devrait passer de presque zéro aujourd’hui à 6% en 2020. Une contribution modeste de l’ETM à cette croissance ouvrirait un vaste marché à l’industrie pour la construction de centrales de première génération répondant aux besoins en énergie électrique de communautés insulaires. 
Le but de cette présentation est de montrer que l’exploitation de l’énergie thermique des mers peut être une réponse réaliste, économique, socialement bénéfique et respectueuse de l’environnement à la demande mondiale en énergie et que son développement justifierait la mise en œuvre d’un programme de R&D approprié.


2/2 L’Énergie Thermique des Mers 
UN OUTIL DE BATAILLE DIPLOMATIQUE ?


Okinotori est le nom de deux minuscules îlots coralliens de quelques mètres carrés qui émergent au milieu de nulle part dans l’océan à 1500 km au sud du Japon. Ils sont l’objet d’une vigoureuse bataille diplomatique entre les gouvernements japonais et chinois. Celui-ci contestant à celui-là la souveraineté japonaise sur ces îlots inhabités. 
Depuis plusieurs mois les chinois ont multiplié les opérations maritimes dans la zone suscitant la colère des japonais pour ce qu’ils considèrent comme une violation de leur Zone Économique Exclusive. 

Pour conforter leur position les japonais ont entrepris de montrer qu’ils étaient, eux aussi, actifs dans la zone. A cette fin ils y ont installé des équipements météo et déployé une flottille de pêche. 
On apprend aussi qu’ils envisageaient d’y développer la production d’énergie marine par le procédé dit « Énergie Thermique des Mers ». Le Club des Argonautes s’efforcera de suivre l’évolution de cette affaire en espérant qu’elle se concrétise par une réalisation marquante pour la promotion de l’ETM, tout en regrettant qu’elle puisse résulter d’une confrontation politique plutôt que d’une action pacifique en co-opération internationale pour le développement d’une filière énergétique renouvelable. 

Pour en savoir plus voir :
http://www.japantoday.com..en anglais ou taper "Okinotori +OTEC" avec Google pour visiter d’autres sites.


Avril 2005


1/2 Énergie renouvelable : la piste des vagues / Ocean power fights current thinking  Source : bulletin de l'Ambassade de France aux États-Unis


Un travail conduit par l'Electric Power Research Institute (EPRI) avec la collaboration, entre autres, du National Renewable Energy Laboratory (NREL) du Department of Energy (DOE), suggère que la production d'électricité à partir des vagues et des courants marins aux États-Unis pourrait être économiquement rentable dans un futur proche, de l'ordre de quatre ans, à condition que les investissements suivent

Le principe consiste à utiliser les mouvements des vagues pour mettre sous pression un fluide permettant ensuite de produire de l'électricité qui est acheminée par le biais d'un câble sous-marin. 

Selon l'organisme, le potentiel des côtes américaines serait de 2100 Terawatt-heure par an, soit presque autant que l'électricité produite à partir du charbon ou dix fois l'énergie totale générée par les centrales hydroélectriques du pays. 

L'évaluation repose en fait sur une équation 

J = 0,42*(Hs)exp2*Tp 

(dans laquelle J est l'énergie disponible (NOTA), Hs est la hauteur significative des vagues dans le lieu étudié et Tp leur période pendant les moments de pic de hauteur)

appliquée à des sites pour lesquels les paramètres ont été mesurés. 

L'EPRI a obtenu ses estimations de capacité disponibles en tenant compte d'hypothèses de rendement des dispositifs de captation. 

 

A l'heure actuelle aux États-Unis, deux entreprises ont développé des prototypes de convertisseur d'énergie : Ocean Power Technologies (New Jersey), qui déploie à Hawaï son système PowerBuoy d'un mégawatt pour l'U.S. Navy (mise en service prévue en 2006), et le groupe AquaEnergy, dans l'attente de permis fédéraux pour un test de son AquaBuoy au large de l'Etat de Washington

Toutefois, certains s'inquiètent du manque de volonté apparent de l'Administration Bush pour développer cette solution technologique et craignent que les États-Unis ne prennent du retard. Et de fait, le premier essai de raccordement à un réseau électrique a été effectué en août 2004 de l'autre côté de l'Atlantique, à Orkney, en Ecosse, à l'aide du convertisseur Pelamis de la société Ocean Power Delivery (sur lequel l'EPRI s'est d'ailleurs fondé pour son étude). Wall Street Journal du 08/04/05 (Ocean power fights current thinking)

NOTA du Club : On exprime généralement cette puissance en kWatt par mètre de largeur de crête: J( kW/m) = 0,96* H exp2*T; avec H hauteur de vague crêtes à creux . (doc IFREMER;" Production d'énergie à partir de la houle; Damy & Gauthier; CNEXO/COB 1981).


Septembre 2004


Voici quelques nouvelles sur les énergies renouvelables:

 

Après Stockholm et le campus de l'Université Cornell aux USA, une autre installation de climatisation utilisant l'eau froide est opérationnelle.

 

Il s'agit de la ville de Toronto qui utilise l'eau froide profonde d'un lac.

Voir http://www.enwave.com/history.html

Ce système qui alimente la climatisation du centre ville  permet de réduire la consommation électrique de 75%.

 

D'autres programmes sont en cours d'élaboration au Japon, en Inde et aux USA.

 

Avec le projet de centrale utilisant l'énergie de la Houle en Espagne, ceci montre tout l'intérêt que présente l'énergie des océans, sous ses diverses formes. Cela préfigure-t-il une nouvelle ère en matière d'économie ou de production d'énergie?