Observation de l'océan depuis
l'Espace
Mars 2005 - Dernière mise à jour
Avril 2010
Des progrès énormes ont été réalisés ces trente dernières années en particulier grâce à l’avènement de nouveaux outils d’observation, les satellites, qui ont offert une vision globale, continue et homogène des océans.
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Envisat Source
ESA |
Jason2 Source
CNES |
Le tableau résume les paramètres permettant de décrire la
surface océanique dans l'ordre où ils ont été observés depuis
l'espace (pour plus de détails voir
page
CNES).
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Paramètre mesuré |
Instruments |
Mission concernée |
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Température de surface (plusieurs systèmes complémentaires) |
Radiomètres infrarouge ou micro-onde |
AVHRR
sur satellites NOAA,
ATSR
sur satellites ERS-1 &2, puis
sur ENVISAT
lancé en 2002
(précision 0,5°K, ou mieux)
En 2012,
SLSTR
sur
Sentinel 3A et
en 2017, sur Sentinel 3B |
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Topographie océanique (au moins 2 missions complémentaires) |
Radar Altimètre ET orbitographie de précision |
TOPEX-Poséïdon avec
DORIS, complété par l'altimètre d'ERS -1 &
2. Jason-1 (décembre 2001) & Jason 2 (juin
2008), complétés par l'altimètre d'ENVISAT, devraient
être suivi par Jason 3 en 2013.
En avril 2010,
SIRAL-2
sur Cryosat 2,
mission d'abord conçue pour la mesure des variations d'épaisseur de glace
aux pôles (continentale et banquise). Fin
2010, Altika/SARAL
(altimètre large bande, 500MHz
à 35,75 GHz) En
2012, Sentinel 3 A et en 2017, 3 B (altimètre
bi-fréquence dans les deux bandes : 12-18 GHz et 4 - 8 GHz) |
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Vent de surface (2 missions complémentaires) |
Diffusiomètre
SAR |
AMI d'ERS-1&2 +
NSCAT/ADEOS1,
QuickSCAT,
SEAWIND/ADEOS2 + ASCAT/METOP
+ SCAT/Oceansat |
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Couleur (=indicateur de l'activité biologique...) |
Radiomètre dans le visible & l'IR. |
OCTS &,
POLDER/ADEOS-1&2 SeaWIFS
sur SEASTAR,
MERIS
sur ENVISAT;
OCM sur
Oceansat,
satellite indien lancé en septembre 2009;
OLCI
sur Sentinel 3 A en 2012 et Sentinel 3B en 2017
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Salinité de surface
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Radiomètre interférométrique en bande L.
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SMOS
dont le lancement prévu initialement en octobre 2008 a été
mis en orbite le 2 novembre 2009. Aquarius
entièrement dédié à la mesure de salinité de surface,
satellite de la NASA qui sera lancé en mai 2010.
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Ce tableau appelle plusieurs observations :
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Parmi les mesures considérées comme vitales pour les modèles numériques,
il y a la topographie (dont la pente par
rapport au
géoïde
dénote un courant océanique). La mise en
orbite de Jason 2, longtemps attendue, est venue limiter en
juin 2008 le risque d'interruption des mesures altimétriques.
En effet, depuis 2007/2008, Jason 1 et ENVISAT avaient
tous deux dépassé la durée de vie prévue ;
en outre, le successeur d'ENVISAT, Sentinel 3A n'arrivera qu'en
2012.
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La complexité, la turbulence, la diversité du spectre spatio-temporel des phénomènes océaniques ne peuvent être appréhendés qu'à l'aide d'un nombre considérable de mesures; Un échantillonnage insuffisant peut dégrader la qualité des prévisions.
L'analyse confirmée par plus de quinze ans d'expérience montre qu'il faut au moins 2 missions (sur des orbites distinctes), pour avoir une richesse de mesures suffisante.
Pour les besoins de prédiction et de
surveillance dans le domaine côtier, c'est même une constellation
de microsatellites qui sera nécessaire. Dans le cas particulier de l'altimétrie océanique, le fait que l'une des 2 missions
(TOPEX-Poséïdon
hier, Jason 1 et Jason-2 aujourd'hui) soit une mission dédiée permet d'accéder à une précision de mesure inaccessible aux satellites
Multi-Mission,
tels
qu'ERS ou ENVISAT
.
A partir de Jason-1 et ENVISAT, cette complémentarité est confortée par l'emploi du système
d'orbitographie précise DORIS, (présent sur ces 2 missions, ainsi que sur
TOPEX-Poséïdon ). L'orbitographie précise
est aussi assurée par télémétrie laser et GPS.
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Comme indiqué ci-dessus, à l'exception de
TOPEX-Poséïdon,
Jason-1 & Jason-2, tous les autres systèmes sont mis en place pour des finalités multiples (observations de l'atmosphère, et/ou de la biosphère, et/ou de l'océan).
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A l'exception de ASCAT/METOP, tous les systèmes existants ou prévus, et utiles pour la prévision océanique, sont des systèmes expérimentaux mis en place à des fins de recherche ou de démonstration,
que la communauté internationale s'efforce de pérenniser :
Jason-3
Sentinel 3A et 3B. Alors
que l'expérience mondiale GODAE
est concluante, le risque d'interruption des observations,
irréparable en ce qui concerne le suivi du niveau de la mer dans
les diverses provinces océaniques, semble s'éloigner.
Les données issues des mesures
spatiales sont transmises en temps réel aux centres d'exploitation qui les
rediffusent aux laboratoires et centres opérationnels. Pour
la France, c'est le Cnes via AVISO
et le
CERSAT,
centre de traitement de données de l'Ifremer, qui mettent à la disposition des utilisateurs ces données en
temps quasi réel.
Exemple
de cartographie de l'océan
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Anomalie de
hauteur de l'océan 2 février 2009 -
Source Aviso |
Température de
surface 4 février 2009 - Source Mercator |
Ce volet “observations spatiales” s’appuie depuis décembre 2001 sur le satellite dédié
Jason1, puis Jason 2,
successeurs de TOPEX-Poséïdon. Ces trois satellites, conçus exclusivement pour restituer le relief de la
surface océanique, mesurent avec une précision de l’ordre du centimètre le niveau local des mers, paramètre très sensible aux fluctuations de la circulation océanique, et des transports d'énergie et de matière associés.
Pour mieux comprendre l'acharnement mis dans l'amélioration des mesures altimétriques, il faut savoir ce que représente un centimètre de
dénivellation : il peut dénoter un courant moyen de 1 à 7 millions de tonnes par seconde (selon la
latitude). Comme l'expérience l'a bien montré, dans le cas du phénomène
El Niño 97, le réalisme des prévisions est totalement tributaire de la précision des mesures injectées dans le modèle (ainsi, bien entendu, que du degré de sophistication de celui-ci).
TOPEX-Poséïdon, Jason 1 ont été le fruit d’une coopération exemplaire entre le CNES et la NASA débutée il y a plus de
20 ans. Grâce à la durée de vie exceptionnelle de Topex Poséidon, ces
deux "arpenteurs des océans" ont pu voler côte a côte avec un écart de 500 Km environ, de décembre 2001 à août 2002.
Ce "vol en formation", qui préfigurait d'ailleurs les "flottilles de satellites spécialisés" qui se mettent en place, a permis un "inter-étalonnage", une comparaison sans précédent de 2 systèmes de haute précision, conçus et lancés à 9 ans d'intervalle !
De même
Jason 1 et Jason 2 ont volé en formation serrée depuis juillet 2008,
et ce jusqu'en février 2009.
Les mesures sont utilisées par plusieurs centaines d'équipes scientifiques de par le monde, en synergie avec celles fournies par d’autres instruments (altimètres, diffusiomètres, radiomètres des satellites ERS,
ADEOS, NOAA...).
Les mesures spatiales, les mesures In-Situ, et les Modèles numériques
qu'elles alimentent, constituent les trois piliers de "l'approche intégrée", fondement de "l'Océanographie Opérationnelle".
Les mesures In Situ donnent accès à la température et la salinité en
fonction de la profondeur. Combinées à la topographie mesurée par satellite,
elles permettent une description tridimensionnelle de l'état de l'océan.
A titre indicatif, les satellites réalisent 50 000 mesures par jour et par
altimètre, tandis que l'on dispose de quelques centaines de mesures In
Situ chaque jour.
L'ensemble de ces mesures peut paraître redondant. Compte tenu de l'ampleur
et de la complexité de la tache, il s'agit en réalité d'un minimum tout
juste suffisant ! En outre, cet ensemble permet d'estimer en permanence la
cohérence des diverses mesures et de contrôler les risques d'erreur ou de
dérive instrumentale ("validation croisée" et/ou inter étalonnage direct).

Voir aussi :
News
d'avril 2010 : En bonne posture pour observer la
Terre sur le long terme
Sites internet :
Jason
oceanobs gulf_stream
CNES
Jason Centre National d'Étude Spatiales
AVISO
Altimétrie
ESA European Space Agency
NASA
Topex/Jason National Aeronautics and Space Administration
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