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Science et éthique dans le réchauffement climatique globalConférence invitée de George Philander présentée à la "8th World Conference of the International Association of Refugee Law Judges" qui s'est tenu au Cap en Afrique du Sud, du 28 au 30 janvier 2009
Traduction et adaptation de Jacques Merle
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La première question est de nature scientifique et relève d’une réponse unique et sans équivoque. Mais la réponse à la deuxième question est beaucoup plus difficile à trouver car elle implique des facteurs humains dépendant notamment de la diversité des occupants du canot. Les uns, les plus jeunes, peuvent souhaiter tenter le diable et aller jusqu’à la chute en vivant un moment intense, les autres, plus âgés, au contraire, sont avant tout soucieux de leur sécurité et discutent des risques comparés entre être précipité dans la chute et atteindre rapidement un rivage inconnu et hostile. La réponse à la deuxième question sera donc toujours difficile à trouver même si l’on connaît précisément la réponse à la première de nature scientifique : à quelle distance est exactement la chute ? On ne sait trop et pour y voir plus clair on demande aux scientifiques de fournir une estimation plus précise de la distance entre le canot et la chute. La question scientifique est en principe simple et sans ambiguïté : De combien de degrés et comment les émissions anthropiques de Gaz à Effet de Serre (GES) affecterons la température et le climat ? Mais en pratique la réponse est très difficile à apporter et comporte beaucoup d’incertitudes. C’est ce qui a polarisé le débat.
D’un coté les « sceptiques » - dont un illustre représentant est George Bush, ancien président des États Unis - sont convaincus qu’il n’y a pas de risque dans le futur immédiat. Ils s’opposent à des « naïfs » - représentés par Al Gore – qui assurent que le réchauffement global est en cours et qu’un désastre frappant notre environnement est imminent.
Le prix Nobel de la paix, attribué par un jury norvégien, attire l’attention et consacre des actions en faveur de solutions à des problèmes globaux. Sur la question du réchauffement climatique en cours, Il encourage une prise de position de nature politique et sociale face à des connaissances et des incertitudes analysées par un comité d’experts internationaux du climat (le GIEC) chargé d’évaluer le changement climatique, de prévoir son évolution future et les moyens de s’y adapter. Mais beaucoup mésinterprètent la signification de l’attribution de cette prestigieuse distinction et considèrent que la science a maintenant fini son travail, que les certitudes scientifiques sont établies et que la première priorité dorénavant est de s’adapter aux changements climatiques et au réchauffement global que l’on prévoit à l’échéance de la fin du siècle. C’est malheureusement ce que disent aux africains les personnalités qui les visitent. En conséquence, le débat sur le réchauffement global se tient moins autour de la science qu’autour des désaccords engendrés par des dilemmes éthiques. Le dilemme qui sépare Gore et Bush concerne l’équilibre entre liberté et régulation autoritaire (Les gouvernements ont-ils autorité pour vous imposer le type d’automobile que vous devez utiliser ?). Les politiciens de tous bords ont des avis très différents sur ces questions et de ce fait ont tendance aussi à considérer le risque climatique avec la même variété d’opinion.
Les échanges récents en réponse à cette question convergent autour d’opinions très diverses :
En
résumé, le réchauffement global ne doit pas
être vu seulement comme une menace potentielle, mais aussi comme
une occasion favorable de faire face utilement à un certain
nombre de problèmes inhérents au développement de
l’humanité. Les africains (et les pays du Sud en
général) ne peuvent se passer d’agir maintenant au
regard des problèmes qui se posent à eux actuellement
sous peine de se placer en situation de subir passivement dans quelques
décennies d’autres problèmes liés au
changement climatique encore plus difficiles à résoudre.
George Philander est né au Cap en Afrique du Sud. Sa famille émigre aux USA dans les années 1960. II fait ses études à Harvard jusqu'au doctorat. Il entre au Geophysical Fluid Dynamics Laboratory (GFDL) de la NOAA à Princeton où il devient un théoricien de l'océanographie très connu. En 1990, il devient professeur de géoscience à l'Université de Princeton et plus récemment professeur à l'université du Cap en Afrique du Sud. Il est membre de l'académie des sciences américaine. Il fut un pionnier de la modélisation océanique, et il est un des leaders mondiaux de l'océanographie, particulièrement pour les régions tropicales dont il a montré l'importance première dans la question climatique.
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