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Mois de Novembre/Décembre 2006
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1/3 Les sommets politiques internationaux et l’Observation de la Terre, du climat et de
l’Océan
Depuis quelques années les grandes rencontres internationales au niveau des chefs
d’États commencent enfin à prendre en compte la question de l’environnement et du climat,
ainsi que la nécessité d’établir des systèmes permanents
d’observation de la Terre pour suivre et prévoir l’évolution de notre environnement.
On peut faire débuter l’historique de ces préoccupations aux travaux de la Commission Mondiale sur l’Environnement et le Développement
(Commission
Bründtland) mise en place par l’ONU en 1983. C’est cette Commission qui, dans son rapport de 1987 introduisit la notion de développement durable. Elle demanda au PNUE et à l'OMM
d’entreprendre des actions dans le domaine des changements
climatiques. De là naîtra en 1988 le GIEC (Groupe d’Experts Intergouvernemental sur
l’Évolution du Climat) qui remettra son premier rapport lors d'une conférence intergouvernementale sur le climat, qui s’est tenue à Genève en novembre 1990, où il fut convenu d’inviter les chefs d’États à s’exprimer formellement sur ces questions.
C’est ainsi que fut organisée, à Rio de Janeiro en 1992, une Conférence des Nations Unies sur l’Environnement et le Développement (CNUED), plus connue sous son vocable anglais :
«United Nations Conference on environment and Development - UNCED», encore appelée
«Le sommet de la Terre», . Un document appelé «Agenda
21» représentant un plan d’action pour mettre en place le développement durable, et trois
conventions-cadres, ont été signée par les plus hauts dirigeants de la centaine de pays représentés. Ces conventions sont les suivantes :
-
La convention cadre-sur le changement climatique
-
La convention cadre-sur la biodiversité
-
La convention cadre-sur la désertification
C’est la convention sur le changement climatique, plus connue sous son acronyme anglo-saxon :
«United Nations Framework Convention on Climate Change - UNFCCC» qui a conduit
au
protocole de Kyoto, un traité international, visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre
pour un certain groupe de pays, et signé actuellement par 166 États
souverains.
Les parties prenantes à cette convention se réunissent régulièrement et s'appuient sur les travaux des experts
du GIEC dont on attend le quatrième rapport en 2007.
Dix ans après le sommet de Rio, une deuxième conférence des Nations Unies sur le développement durable, appelée «World Summit on Sustainable Development -
WSSD», qui s’est tenue à Johannesburg en Afrique du Sud en 2002, a formellement reconnu un besoin urgent d’établir un système
permanent d’observations
coordonnées de l’état de la Terre.
Un peu plus tard, en juin 2003, les chefs d’États présents à la réunion du G8 à Evian, reprenant les recommandations du sommet de Johannesburg, ont réaffirmé la haute priorité à donner à l’observation de la Terre.
A la suite de cette recommandation du G8, le premier sommet sur l’observation de la Terre :
«Earth Observation Summit - EOS» fut organisé
en juillet 2003 à Washington. Celui-ci mit en place immédiatement un «Group on Earth Observations -
GEO» et lança une action destinée à réaliser un «Global Earth Observation System of Systems -
GEOSS» dont la mission est :
-
de prendre en compte les systèmes d’observation préexistants - tels que le «Global Climate Observing System -
GCOS» mis en place pour le climat en 1992 par l’OMM
(Organisation météorologique mondiale), le PNUE (Programme des Nations Unies pour l'environnement)
et l’ICSU (International Council for Science),
-
de susciter de nouveaux
"observatoires" pour les domaines non encore couverts,
(océan et climat), et
-
d'assurer la coordination de l’ensemble.
Deux autres sommets sur l’observation de la Terre (EOS)
suivirent, l'un à Tokyo en avril 2004, et le troisième à
Bruxelles en février 2005 . Un plan décennal pour l’établissement du système global d’observation de la Terre
a été adopté à l'issue de ces trois réunions.
De son côté L’Union Européenne a pris en 2000 l’initiative d’un
«Global Monitoring for Environment and Security - GMES», dont
le but est d'acquérir une capacité de surveillance globale et
régionale de l’environnement en coordonnant plus
efficacement les infrastructures, les technologies, et les
systèmes d’observations (notamment spatiaux), actuels ou
futurs. GMES constitue la contribution européenne à l'initiative
GEOSS.
Enfin plus récemment, en novembre 2006, ces recommandations ont été prises en compte et réactualisées, sans que des progrès importants aient été notés depuis 2003, à l’occasion de deux conférences tenues à Nairobi :
Il est difficile de suivre l’avancement des travaux de ces instances issues du plus haut niveau politique et de s’assurer qu’elles œuvrent efficacement au développement effectif d’une pluralité coordonnée de systèmes d’observations de la Terre et du climat, tant
le nombre et l’imbrication de ces structures (Comités, Groupes de travail…etc.)
sont complexes ! Par ailleurs de nombreux systèmes d’observations de la Terre, pour la plupart issus de la recherche, ont déjà été mis en place depuis plusieurs décennies.
Il ne faut pas les fragiliser mais, au contraire, les renforcer, les coordonner, et
surtout les pérenniser.
Qu’elle que soit l’efficacité des nouvelles instances internationales,
"venues du sommet", il faut noter que pour la première
fois, depuis 1992 et le sommet de la Terre de Rio, un grand nombre de chefs
d’États ont signifié leur préoccupation et leur désir de prendre des mesures en faveur de l’organisation d’une observation continue de la
Terre. Il existe une Veille Météorologique Mondiale qui s'occupe en premier lieu
d'observations météo, il reste à créer l'équivalent pour l'océan et le climat :
la Veille Mondiale Océan et Climat.
Cet intérêt récent des plus hauts niveaux politiques pour ces questions,
augure peut-être, si l’on est optimiste, une ère nouvelle où enfin l’espèce
humaine se montrera capable de s’organiser pour observer, comprendre, et
conserver ce qui lui a servi de berceau.
Pour en savoir plus :
Comment
la recherche, et l'observation systématique de l'Océan et du
Climat, sont-elles coordonnées au plan mondial?
Processus
d'élaboration et de publication des rapports du Groupe
Intergouvernemental sur l’Évolution du Climat (GIEC)
2/3 La vérité sur le changement climatique grâce aux rapports
du Groupe intergouvernemental sur l’évolution du Climat (GIEC)
Le groupe intergouvernemental sur l’évolution du climat, plus connu dans le monde sous son nom anglais,
Intergovernmental Panel on Climate Change (IPCC) est une création conjointe de
l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM) et du Programme des Nations Unies pour
l’Environnement (PNUE). Il regroupe tous les états-membres de l’une ou l’autre des ces deux organisations.
Les rapports qu'il élabore sont publics et consultables sur le site
internet de l' IPCC.
Les deux premiers rapports ont été publiés
respectivement en 1990 et 1995. Le troisième a été approuvé en
2001. Un quatrième rapport est en cours d'élaboration et sera
publié début 2007.
Ces rapports font état de scénarios possibles
d'évolution du climat en fonction de diverses hypothèses portant
d'une part sur la sensibilité de notre système climatique, et
d'autre part sur la plus ou moins grande sagesse de l'humanité.
Les estimations qui résultent de ces diverses
hypothèses, comportent toujours des barres d’incertitude. Alors
que certains se complaisent à parler d'un processus diplomatique
produisant de “la bouillie pour les chats”... chacun peut
constater qu'il n'en est rien. Résultat de plusieurs années de
travail, ces rapports sont établis par des scientifiques
bénévoles après un processus rigoureux d'analyse, de
consultations, et si nécessaire de débats
contradictoires. Tous ces élément sont publics et
l'enchaînement des hypothèses et de leurs effets est clairement
expliqué.
Dans l'année qui précède la publication, le
résultat de tout ce travail scientifique est soumis à une double
évaluation ouverte d'une part à l'ensemble des scientifiques
qu'ils soient ou non membres du GIEC et d'autre part aux experts
désignés par leurs gouvernements.
On peut trouver des imperfections à ce processus,
mais dans l'état actuel du débat sur les relations entre science
et société, on n'en connaît pas de meilleur !
Pour en savoir plus :
Voir dans notre dossier "Changement
Climatique" le détail du
processus d'élaboration et de publication de ces rapports",
mais aussi les FAQ sur
le Climat et le site internet de l'IPCC : http://www.ipcc.ch/
3/3 Le Club des Argonautes présent au Salon Nautique avec son
message sur l'Énergie Thermique des Mers (ETM)
Une équipe de vrais marins plutôt intrépides
réunis autour d'Alain Guillard, n'a pas craint de traverser l'Atlantique dans les deux
sens, sur une embarcation pas vraiment manœuvrante : un
prao.
Invités par les organisateurs du SaIon Nautique,
ces rudes gaillards nous
ont aimablement proposé l'hospitalité. Sans
partager toutes les opinions de ces militants de l'Énergie
équitable, le Club de
Argonautes éprouve du respect et même de l'admiration pour leur
engagement et leur souhaite bonne chance pour leur prochaine
entreprise.
Nota : pour ceux qui veulent
imprimer ce poster : version
.ppt
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1/2 Énergie Thermique des Mers (ETM):
Plaidoyer pour une contribution européenne.
Une majorité de scientifiques s'accordent
aujourd'hui sur :
-
le lien entre les activités humaines,
notamment les émissions de CO2, et le réchauffement global de
la planète,
-
l'urgence des mesures à prendre. (Plus tôt
on commence... plus grandes seront nos marges futures !)
Même si certains polémiquent encore, les
"politiques" se sont saisis du problème, au plan international avec
le Protocole de Kyoto, au
plan européen avec l'élaboration de documents stratégiques et
de directives, au plan national dans divers pays.
Par exemple, en France on peut citer la Mission
Interministérielle sur l'Effet de Serre, le Plan
Climat, ainsi que diverses missions spécifiques de l'Assemblée
Nationale,
du Sénat.
Au moment où l'on sent une prise de conscience
réelle dans l'opinion publique, on peut se demander si
l'efficacité des mesures prises jusqu'à présent est à la
hauteur des enjeux.
Compte tenu du développement rapide de pays comme
la Chine et l'Inde, la nécessité de réduire à terme d'un
facteur 4 les émissions de CO2 des pays
industrialisés est reconnue par la plupart d'entre eux, ce qui
implique dans l'ordre: Sobriété volontaire, Efficacité énergétique,
et Énergies Renouvelables, la "recette incontournable"
, prônée entre autres par l'association Negawatt, pour éviter
une réduction "subie" de notre niveau de vie.
Ainsi le Livre Vert de la Commission
Européenne sur la politique énergétique, (consultation
clôturée en septembre dernier), traite en grande partie de la sécurité énergétique, mais
il propose aussi une série de mesures liées au réchauffement climatique.
Outre des mesures "économie d'énergie", pour puiser
dans l'immense gisement des gaspillages actuels, la Commission propose
une Feuille de route pour les sources d'énergie
renouvelable
"qui fixerait des objectifs réalisables à l'horizon 2020 et au-delà afin de créer un climat de stabilité pour les investissements et d’améliorer la compétitivité de l’énergie renouvelable en
Europe". Force est de constater que parmi les énergies marines
citées, l'Énergie Thermique des Mers est complètement absente.
Un autre Livre Vert, consacré celui là à la politique maritime de l'Union,
(consultation en cours jusqu'en juin prochain), mentionne dans son chapitre sur
l'industrie maritime:
"Le vent offshore, les courants océaniques, les vagues et les marées constituent une
source d’énergie renouvelable importante. Convenablement exploitée, elle pourrait
représenter une grande partie de l'approvisionnement en électricité de nombreuses
zones côtières européennes. Elle pourrait également soutenir le développement
économique et la création d’emplois durables dans ces régions."
Le Club des Argonautes a déjà montré que le potentiel
de l'Énergie Thermique des Mers peut être estimé à cent
fois celui de la marée et cinq à dix fois celui du vent !
Cette ressource exploitant l'écart de
température entre la surface et la profondeur n'est bien sur
disponible que dans la zone inter tropicale. Avec la seconde Z E E
(après celle des USA), l'Union Européenne y a largement accès,
notamment dans ses Régions Ultra Périphériques. Pourquoi
continuer à négliger cette chance ?
Un nouvel article "Plaidoyer
pour l'ETM" vient d'être publié sur notre site, afin de
mettre l'accent sur cette ressource abondante, non intermittente,
et durable.
Livre
vert : Une stratégie pour une énergie sûre, compétitive et durable
Livre
vert : Annexe en anglais
Livre
vert: Vers une politique maritime de l'Union, une vision
Européenne des Océans et des Mers (traduction qui
comporte quelques erreurs, notamment "Vents de terre"
pour "Offshore winds"....)
2/2 Le premier satellite Européen de météorologie
MetOp a été lance avec succès le 19 octobre
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Après 4 tentatives infructueuses,
(incidents, puis doutes, sur le lanceur Soyouz utilisé),
la mise en orbite du premier satellite météorologique
européen défilant, MetOp, a
été lancé avec succès le 19 octobre, de Baïkonour,
sur un lanceur Soyouz.
Metop est le produit de la collaboration
entre l’Agence Spatiale Européenne (ESA) et
l’organisation pour l’exploitation des satellites météorologiques
européens (EUMETSAT). La Veille
Météorologique Mondiale comprend des satellites en
orbite géostationnaire, (comme Meteosat, altitude
36000 km), et des satellites "à défilement",
(en orbite polaire, altitude proche de 800 km), qui
constituent le segment polaire du système de
satellites météorologiques. |

Crédit
ESA
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MetOp est le premier d’une série de trois
satellites qui vont se succéder au cours des quinze années à
venir, et fournir aux services météorologiques du monde entier
les données indispensable à l’établissement des prévisions
et à la surveillance de l’évolution du climat. Complémentaire
des satellites lancés par la NOAA,
il est la composante européenne d’une nouvelle coopération
avec les Etats-Unis d’Amérique qui, pendant les derniers
quarante ans, ont assuré seuls le service en orbite polaire.
MetOp vole sur une orbite
héliosynchrone à une altitude moyenne de 817 Km, tandis que
les deux polaires américains volent sur des orbites complémentaires.
Dans ces conditions, le satellite américain dit « du matin », (à
cause de l'heure solaire locale des zones survolées), ne sera pas
remplacé, lorsqu'il atteindra sa fin de vie: seul demeurera celui
de l’après midi, assurant ainsi, grâce au relais pris par la série
MetOp, la couverture à deux satellites.
Les données sont disponibles pour les usagers dans les 2 heures
et 15 minutes qui suivent la mesure.
Grâce à l’usage combiné d’instruments nouveaux, MetOp améliore
considérablement les mesures météorologiques, tant en richesse
qu'en précision: température et humidité de l’atmosphère,
direction et force du vent soufflant à la surface des océans.
De plus, il fournit les concentrations en ozone et autres gaz
minoritaires dans l’atmosphère, données essentielles pour une
surveillance de l’évolution du climat.
Dans le cadre de la coopération Europe États Unis, 5 instruments
dits "Héritage", (c. a d . ceux qui,
fournis par la NOAA ou le CNES, se trouvent déjà sur les
satellites actuels), voleront sur les MetOps (ainsi que sur
les NOAA):
-
Le sondeur micro-onde de la NOAA (AMSU-A1 et
A2) qui, en combinaison avec le sondeur haute définition
infrarouge HIRS, fournit le profil vertical de température et
d’humidité de l’atmosphère entre la surface et la haute
stratosphère et permet d’obtenir les précipitations, la
couverture neigeuse et l’humidité du sol et l’état des
glaces de mer,
-
Le sondeur haute définition infrarouge HIRS/4,
de la NOAA qui en plus de l’usage déjà cité permet
d’obtenir la température de surface de l’océan, la masse
totale d’ozone, la quantité d’eau précipitable, la
quantité de nuages et leur hauteur ainsi que les radiances de
surface,
-
Le radiomètre avancé de très haute résolution
(AVHRR/3) de la NOAA qui fournit, nuit et jour, des images de
la surface du globe, sa couverture en glace, neige et végétation
ainsi la température de surface des océans,
-
ARGOS Next: En plus des mesures de divers
paramètres atmosphériques et des images de la surface du
globe, ce satellite assure la collecte et la retransmission de
données au sol, (par exemple, les mesures In Situ faites à
bord de bouées fixes et dérivantes), dans le cadre du système
Argos mis au point par le CNES.
-
Il permet également la détection de navires
ou d’aéronefs en détresse grâce, en particulier au Search
And Rescue Processor (SARP-3), fourni par le CNES.
A ces 5 instruments "classiques" s’en
ajoutent 5 nouveaux, tous européens:
-
Le sondeur atmosphérique par interférométrie
infrarouge (IASI), résultat d’une collaboration entre
Eumetsat et le CNES, concepteur de l’instrument, est
l’instrument embarqué le plus avancé. Il permet, à partir
du rayonnement infrarouge émis par la surface du globe, de
reconstituer le profil de température et d’humidité dans
la troposphère et la basse stratosphère avec une résolution
verticale d’1 Km et une précision de 1°C pour la température
et de 10 % pour l’humidité,
-
Le Sondeur micro-onde d’humidité (MHS), qui
permet la mesure de l’humidité à différents niveaux de
l’atmosphère ceci incluant la pluie la neige et la grêle,
-
Le système de récepteur du système de
navigation globale satellitaire (GRAS) qui à l’aide d’un
récepteur GPS permet d’obtenir 500 profils atmosphériques
par jour,
-
Le diffusiomètre avancé (ASCAT), version
plus avancée de celui volant sur ERS2, qui fournit la force
et direction du vent à la surface des mers et permet un suivi
de l’état de la surface: glace, humidité du sol etc.
-
Le
spectromètre de suivi de l’ozone (GOME-2) qui fournit le
profil vertical détaillé de l’ozone, du dioxyde d’azote,
de la vapeur d’eau, de l’oxygène, des oxydes de brome et
de divers autres gaz minoritaires.
Le
Club des Argonautes se réjouit du lancement
réussi de Metop-A . Pour la prochaine génération d'un
tel programme, il souhaite qu'elle puisse être réalisée en
ayant recours a une flottille de microsatellites qui ont
l'avantage, par rapport aux grosses plate formes, de ne pas
mettre "tous les oeufs dans le même panier", (10 instruments,
aux exigences parfois contradictoires, cohabitant sur un seul et
même bus...), ce qui conduit à un risque important lors des
phases critiques, (lancement, en particulier).
En effet, la technologie spatiale offre désormais une autre
option: de petits satellites dédiés comportant seulement 2 ou 3
instruments: ces engins, moins lourds et moins coûteux, (Envisat
a une masse, et un coût, comparables à celle de 18 "Mini-sats"
comme Jason-2...), peuvent, être fabriqués et lancés indépendamment;
la maîtrise des techniques du "R.V.
en orbite" permet ensuite de retrouver, grâce au vol
en formation, le bénéfice de mesures co-localisées, qui est
la seule justification des gros satellites.
Au terme des vérifications prévues, MetOp sera opérationnel
dans six mois environ. En plus de son emploi pour le suivi et la
compréhension de l’évolution du climat, MetOp sera surtout un
outil fondamental pour la prévision météorologique. Le gain
doit être d’abord dans la prévision à courte et moyenne échéance,
moins de deux semaines, où l’on espère un accroissement de la
prédictibilité d’une demi journée au cours des trois ans à
venir. Pour mémoire l’amélioration au cours des vingt dernières
années a été d’un jour et demi. La qualité des données
ainsi que l’obtention de nouvelles mesures devrait aussi
permettre d’améliorer la prévision à longue échéance,
mensuelle et saisonnière.
Les satellites d'Eumetsat et de la NOAA
s’inscrivent dans le cadre de la Veille Météorologique
Mondiale (VMM) et de la Veille de l’Atmosphère Globale (VAG) de
l’OMM. Il s'agit d'un tissu d'engagements gouvernementaux (185
Etats) qui permet, entre autres, d'éviter toute interruption des
observations Météo. Rappelons que depuis sa création,
le Club des Argonautes prône la mise en place d'un mécanisme
analogue: une "Veille Mondiale Océan et Climat".
Pour en savoir plus :
· Site de l'ESA : http://www.esa.int/esaLP/LPmetop.html
· Site du CNES :http://www.cnes.fr/....._lancement_Metop_A.pdf
· Site des Argonautes : La
Géoscopie, outil de base de la « Géonautique ».
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1/1 Océan et climat, nouveau livre de Jacques Merle..
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Bien que, depuis plusieurs millénaires, de hardis navigateurs aient parcouru sa surface à la recherche de terres nouvelles, l'océan est demeuré longtemps le plus mal connu des milieux naturels terrestres. Au cours des dernières décennies du XX
ème siècle la préoccupation climatique a précipité son étude, ouvrant la voie à son observation opérationnelle et à la prévision du climat. C'est ce que les Argonautes, qui n'ont pas peur des néologismes, appellent "
Géoscopie".
En effet l'océan joue un rôle essentiel dans les mécanismes complexes qui régissent le climat. L'océan est, avec l'atmosphère, une enveloppe fluide de notre Terre qui assure trois fonctions essentielles : il stocke la presque totalité de l'énergie reçue du soleil, il échange cette énergie avec l'atmosphère et surtout il transporte cette énergie, principalement sous forme thermique, au delà des aires de stockage initiales que sont les tropiques rendant ainsi notre planète habitable.
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Editions
IRD
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Après un bref récit de la découverte des océans, en surface et en profondeur, et des premiers pas de la science océanographique, l'ouvrage nous fait pénétrer dans " l'ère géophysique" contemporaine qui a pris naissance autour des grandes questions scientifiques posées aux océanographes au cours de ces dernières décennies par la nécessité de comprendre le rôle de l'océan dans
le climat.
Ces questions sont regroupées et traitées autour de trois thèmes principaux :
-
Quel est le rôle de l'océan dans l'équilibre énergétique planétaire ?
-
Quelle est la nature et l'importance de la singularité équatoriale dans la circulation océanique ?
-
Comment l'océan et l'atmosphère interagissent-ils, spécialement dans les basses latitudes ?
L'ambition de l'ouvrage est de mettre en évidence un moment charnière d'une discipline scientifique mal connue du public,
l'océanographie physique, qui, en moins de 50 ans, est passée d'une approche descriptive et géographique à une approche géophysique.
Jacques Merle souhaite apporter une contribution à l'histoire de l’avancée rapide des connaissances de ce domaine scientifique à la fin du XX
ème siècle, porté par des technologies nouvelles telles que les engins autonomes, l’observation spatiale et la modélisation numérique.
Cette histoire est jalonnée par les questions et les réponses qui progressivement ont émergé à l’issue de grands programmes internationaux, de conférences, de réunions de groupes de travail, d'écoles d'été
etc...
Ce brassage de chercheurs de toutes origines disciplinaires et nationales, météorologues et océanographes confondus, incluant théoriciens et observateurs, était motivé par une ambition commune :
comprendre comment la dynamique de l'océan interagit avec l'atmosphère pour déterminer le climat et sa variabilité.
Cette épopée scientifique fut aussi remarquable par sa dimension humaine. Ignorant les frontières nationales, linguistiques ou culturelles, des relations professionnelles et amicales d'une exceptionnelle qualité ont lié les acteurs de ces programmes de recherche, en dépit de la compétition inhérente à toute activité de recherche.
C'est une "photographie humaine" de cette époque, caractérisée par les premiers grands rassemblements scientifiques à l'échelle planétaire, que l'auteur
veut aussi donner en souhaitant que cette communion scientifique soit le prélude à une prise de conscience des nations de la nécessité d'effacer les frontières pour gérer le risque climatique au bénéfice de
tous.
Mois de Juillet/Août 2006
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1/3 Pour les amoureux de la mer.... et de la
planète...
Le N°6 de Nautilus... un dossier fort intéressant
sur "La mer et le Climat"
"C'était une sorte de principe
: à Nautilus, on montre comme la mer est belle. Alors, pour aborder le
climat, il était simple de montrer que la vie sur Terre serait invivable
sans océan; que sans les courants marins, l'Europe n'aurait pas cette
douceur; et que c'est encore grâce aux océans que les énormes rejets de
C02 de notre civilisation industrielle n'ont pas encore
davantage affecté notre planète....." Extrait de l'Éditorial de
Christophe Agnus.
Voir entre autres les articles de Bruno Voituriez :
"Quand l'océan influence le climat" et "Les mystères du
Gulf Stream", mais aussi La mer acide, Noirmoutier, Ré, Oléron, Banneg, les îles assiégées,
Albert 1er: le prince océanographe.
Voir aussi dans le n° 476 de la Revue Maritime, deux
articles sur le thème "Océan et Climat :
"Le niveau moyen des mers" de Jean-François
Minster et "Le Gulf Stream et le Climat" de Bruno Voituriez.
2/3 Circulation océanique et production littéraire... Nouvel ouvrage sur le Gulf Stream de Bruno Voituriez.
Il y a un peu plus d'un an, dans son livre :
"Portrait du Gulf Stream, éloge des
courants", Erik Orsenna nous invitait à une promenade autour du monde. Le promeneur curieux traquait toutes les bizarreries
liées aux courants marins, se demandait si le Gulf Stream était un imposteur et apportait quelques
éléments de réponses, donnant ainsi au lecteur l'envie d'en savoir plus.
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Dans un partage de taches bien compris et comme il convient pour des Argonautes, aujourd'hui, Bruno Voituriez
achève de répondre scientifiquement aux interrogations si fréquentes que suscite ce courant : son
rôle dans le climat et son évolution liée au changement climatique, son impact sur les
écosystèmes marins de l'Atlantique Nord....
Erik et Bruno sont tous les deux des "amoureux de la mer" et des "obsédés du Gulf Stream" et leurs deux livres se
complètent admirablement.
3/3 L'eau de mer profonde: une richesse encore peu connue...
Après la climatisation et l'énergie
thermique des mers... de l'eau douce, une
eau minérale qui vient des profondeurs !
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Crédit
CHC |

Crédit
CHC |
«Suite à la demande croissante des acheteurs japonais,
les exportations d’eau de boisson produite à Hawaii par dessalement d’eau de mer profonde
ont brusquement augmenté de 700 % pour atteindre 8,8 millions de US dollars au cours du premier trimestre de l’année 2006
» .
Les travaux américains de recherche pour le développement de l’énergie thermique des mers – ETM - sont en grande partie réalisés au Natural Energy Laboratory of Hawaï, le
NELHA, créé en 1974 à l’initiative de
l’État d’Hawaï. Ces travaux ont eu pour premier objectif la mise au point des technologies adaptées à la production de cette énergie marine propre, stable et abondante, puis s’y est ajouté, dans la
décennie 1980 celui visant la valorisation de produits dérivés du procédé ETM qui utilise le gradient thermique créé en région tropicale entre l’eau de mer de surface chauffée par le soleil et
l’eau de mer froide pompée sous la thermocline.
Cette eau profonde qui est une composante fondamentale de la circulation générale des océans et de l’équilibre climatique de notre biosphère est à la fois froide, et riche en nutriments. C’est à partir de ce constat que le NELHA, doté d’infrastructures de pompage ad hoc, les à mise à disposition d’une pépinière d’entreprises,
publiques et privées, utilisant cette eau profonde pour la production de services et de produits divers,
notamment pour la climatisation des locaux, la production aquacole, et la production d’eau douce.
La production d’eau douce associée à la production d’électricité par ETM est directe dans la variante du procédé dite
à cycle ouvert. Dans cette variante, c’est le condensat de la vapeur d’eau recueillie dans un condenseur à surface qui peut être
valorisé. Les premières tentatives d’application commerciale de ce procédé ont été réalisées par G.Claude dans les années 1930.
Un autre procédé de production d’eau douce à partir de l’eau froide profonde et plus directement destiné à l’irrigation
a été proposé par la société « Common Heritage » et expérimentée au NELHA. Il consiste à faire circuler l’eau de mer froide dans un réseau de tuyaux enterrés près de la surface. La condensation de l’air humide sur la paroi externe de la tuyauterie suffit dans certaine configuration à assurer le besoin des
plantations (Photo de gauche).
Ces procédés n’ont pas atteint le seuil de rentabilité économique...
mais paradoxalement... c’est le succès d’une innovation
"exotique" (Photo de droite) qui fait la fortune des sociétés productrices d’eau douce obtenue en dessalant l’eau de mer
profonde !
Dotée de vertus associées à une eau dont la circulation dans les bassins océaniques profonds est plusieurs fois séculaire, cette nouvelle boisson est particulièrement appréciée par les consommateurs japonais.
Avec plus de cent emplois créés et des investissements supérieurs à 100 millions de US dollars, la valeur des exportations de cette eau extraite de l’eau
de mer profonde était de 16,8 millions de US $ en 2005. Elle aurait déjà atteint près de 9 millions de US $ au cours du premier trimestre
2006 !
Pour en savoir plus :
http://the.honoluluadvertiser.com/article/2006/Jun/06/bz/FP606060321.html
http://www.hawaiideepseawater.com/deep-sea-water.html
http://www.commonheritagecorp.com/tech/index.html
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1/2 - Oui, le niveau moyen des mers augmente ! Pourquoi ?
Comment ? ET OU ?
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Du 6 au 9 juin, s'est tenu à l'Unesco, un
"Workshop" sur les variations du niveau des mers, réunissant la
fine fleur des Sciences de la Terre : océanographie,
climat, géodésie, glaciologie... Pas moins de 42 sponsors
et organismes participants invitaient au débat sur l'avancement des programmes
de recherches en cours, et des actions à mener d'ici 2015. Comme
l'indique le programme, c'était : "A World Climate Research Programme (WCRP)
contribution to the Global Earth Observation System of Systems (GEOSS)".
Le GEOSS, proposé par les USA en Juillet 2003, rassemble aujourd'hui 55 nations et 30
organisations internationales. L'objectif est de fédérer toutes les
recherches et applications de l’observation de la Terre, afin de mettre
en place à terme un «réseau mondial de systèmes d’observation
de la Terre» pour mieux comprendre notre climat et notre
environnement.
Dans le triangle "Océan-Climat-Énergie", (et les relations
sur les cotés de ce triangle, que le Club
s'efforce de montrer), le "niveau moyen des mers" occupe une place centrale.
Par exemple, l'Énergie Thermique des Mers, pratiquée sur une grande
échelle n'exploiterait qu'une infime partie de la chaleur
qui dilate certaines régions de l'océan !
Loin des
idées fausses
qui circulent sur le sujet, Le Club des
Argonautes s'est passionné pour cette conférence.
L'élévation du niveau des mers est liée au
réchauffement de la planète. Elle a deux
causes principales :
la dilatation thermique de l'eau (effet
stérique), et la fonte des glaces continentales. Son
évolution peut avoir des conséquences dramatiques dans certaines
régions, ("Savoir-Terre pour Savoir-vivre", c'est l'idée
de base d'une Géoscopie
pérenne !)
L'altimétrie et la géodésie satellitaires, conjuguées
avec les meilleures mesures In Situ (marégraphes sélectionnés), donnent l'évolution du niveau moyen par provinces océaniques, avec une précision de
l'ordre du mm / an. (à condition qu'il n'y ait pas d'interruption dans
les séries temporelles). L'effort sans précédent depuis 20 ans, (WOCE, suivi de
CLIVAR,
GOOS, et GODAE, entre
autres...), montre 2 résultats essentiels :
-
alors que l'on savait de façon théorique combien la
diffusion de la chaleur dans un océan plus ou moins stratifié est un
processus complexe, (lié à la "géographie 3D" des
courants...), la surveillance continue des variations du niveau de l'océan grâce aux mesures d'altimétrie
satellitaire, nous
"montre le film" ! Il existe des régions ou le niveau de
la mer baisse, tandis que dans d'autres, il monte
10 fois plus
vite que la moyenne».
!
-
globalement, sur 10 ans, on observe
une accélération du niveau moyen: 3 mm / an, (au lieu de 2 mm /an sur les 50 dernières
années), valeur que l'effet
stérique ne suffit plus à expliquer ! Constat considérable, vue la controverse sur l'évolution de la
cryosphère,
(une croissance de la partie Est de la calotte Antarctique pourrait
contrebalancer, en totalité ou en partie, la fonte de certains glaciers
et du "littoral" du Groënland) !
Comme toute mesure physique, le chiffre de 3 mm
/an n'a aucun sens si
on ne l'assortit pas d'une barre d'erreur. L'estimation de la précision
met en jeu un
grand nombre de questions aussi variées
que le rebond post glaciaire,
la tectonique des plaques, les systèmes de référence géodésique, sans oublier l'instrumentation et ses
dérives éventuelles (marégraphes, radar-altimètres, et radiomètres micro-ondes
embarqués).
Ainsi, outre son intérêt direct pour des millions de
personnes, futures "réfugiées du climat", la variabilité
du niveau des mers est un sujet
interdisciplinaire ... A l'instar du "
SWT (Science
Working Team) du projet Jason-1", ce fut le grand mérite de cette conférence
de réunir des chercheurs et ingénieurs qui... ne parlent pas la même
langue, au sens propre comme au sens figuré !
Un "argonaute", bien que retraité, (comme tout membre du
Club...), a eu le privilège de se glisser parmi eux ! 3 propositions, (qui ne surprendront pas les visiteurs familiers de ce
site), ont été faites :
-
Sur une question qui attire autant le public, les élus,
et la presse, (sans oublier les compagnies d'assurance !), et où
interviennent différentes sortes d'incertitudes, il est vital de
former les chercheurs à "communiquer", non seulement entre eux,
mais aussi vers l'extérieur ! On sait que dans son 3ieme rapport, (2001),
le GIEC a fourni une "fourchette globale" du réchauffement
possible (2 a 6 degré). Il est clair que le 4ieme rapport (2007) devrait éviter
de mêler 2 éléments n'ayant rien à voir: la connaissance imparfaite de la
sensibilité du climat d'une part, (c a d la relation entre température
moyenne et concentrations en gaz a
effet de serre ), et sagesse imparfaite de l'humanité...
d'autre part, (c a d les scénarios d'émission).
Alors qu'un "Run" de modèle climatique ne risque pas de... changer
la sensibilité du climat, la façon de parler de "scénarios d'émission", (c a d
d'une poursuite plus ou moins rapide
de la démarche "Protocole de Kyoto"...), pourrait avoir "un effet" sur ces scénarios
!
-
Exprimer "fort et clair" (au niveau du GEOSS), combien
la continuité de ces mesures est critique: comme en Météo,
il y a plusieurs décennies, il est urgent de la soustraire à
la compétition entre sujets de recherche et entre institutions (Agences
spatiales, européennes ou non...) Pour cela, il faut soit doter les Instituts de Recherche de moyens
pérennes,
soit créer des services "ad hoc" (a l'exemple des services météo).
Ce choix relève de chaque gouvernement, mais doit être
fait (et garanti par des engagements internationaux, un bon moyen de
mettre cette nécessaire "Veille Mondiale Océan et Climat", à l'abri
des effets de mode et des aléas de la vie politique !)
Dans le cas de la création de services "ad hoc",
(hors secteur Recherche), le maintien du dialogue avec les
scientifiques s'impose ! Il s'agit d'éviter 2 situations redoutées:
-
avoir des "chercheurs qui... manquent de mesures" (même s'ils
savent... garder la mesure !) ou...
-
avoir des
"observations sans chercheurs qui les observent !" (Ce qui est fréquent,
hélas, dans les pays du Sud !)
-
S'intéresser davantage à un sujet sur lequel le Club a
pas mal réfléchi (cf. ci-dessous), et qui est "connexe du niveau
moyen": quelle serait l'incidence d'une éventuelle exploitation
industrielle de l'ETM ?
En guise de conclusion, un hommage à l'humoriste Raymond Devos,
qui vient de nous tirer sa dernière
révérence... Chacun se souvient que, lorsqu'un maître d'hôtel l'avait
averti "La mer est démontée !", Devos n'avait pas hésité à
lui demander: "Quand est-ce que vous la remonterez ?" Le
malheureux avait répondu: "C'est une question de
temps..." Aujourd'hui, un scientifique ajouterait sans doute: "II
faut prendre des mesures" !
2/2 - ETM (Énergie Thermique des Mers) : ça bouge dans l’Océan Pacifique et dans l’Indien.
Depuis sa création, le club des Argonautes s’efforce de
mettre en valeur les potentialités considérables (et largement ignorées)
de l’ETM. Il faut savoir en effet, qu'à lui seul, le réchauffement
moyen de l'océan superficiel au cours du 20ieme siècle, (0,6°
environ), représente une augmentation de chaleur stockée dans l'océan
du même ordre de grandeur que 500 ans de consommation mondiale d'énergie
primaire (en 2001) !
Pourquoi, faire si peu de cas d'une
telle source d'énergie, renouvelable et non intermittente ? Probablement à cause d'une appréciation
erronée de l'efficacité du procédé et, partant, de son coût... Mais voici que les choses
changent ! Le mois
dernier, c'était la mise en service d’un nouveau système de climatisation
dans un hôtel de Bora Bora (Polynésie Française). Les frigories nécessaires
sont extraites d'une eau à 5°C, pompée dans l’océan par 900 mètres de fond.
Ce mois-ci, plusieurs annonces parues dans la Presse
font état de la décision prise par les
États-Unis de construire deux usines pilotes : l’une de 1MW à Hawaï au
NELHA, l’autre de 10 MW à
Diego
Garcia , pour assurer la production d’électricité
et d’eau douce de la base militaire US installée sur l’île
principale de l’atoll depuis les années 1960.
Technique connue, non
polluante, et de faisabilité démontrée depuis plus de 70 ans, l’exploitation de l'ETM
semble enfin reconnue comme un procédé compétitif.
Il est vrai qu'avec l’augmentation inéluctable du prix du pétrole,
la vulnérabilité de nos approvisionnements, et
surtout l'urgence du recours à des ressources renouvelables et
propres, on ne peut continuer à négliger la moindre
piste.
Toutefois, pomper de l’eau froide sous la thermocline, (à quelques centaines de mètres de profondeur),
pour l’utiliser à des fins industrielles,
puis la rejeter sous la forme d’effluents plus ou moins réchauffés, pourrait
créer une perturbation des équilibres thermiques et chimiques
du milieu naturel, soit localement autour du point de rejet, soit même
au delà, selon l’importance et le nombre
de ces rejets. Dans l'hypothèse d’un développement rapide de
l'ETM, (des centaines, puis des milliers, de plate-formes exploitant le
contenu thermique d'une zone inter-tropicale vaste comme 120 fois la
France), on doit naturellement se poser
la question de ses effets sur l’environnement, et des limites tolérables de
son exploitation. C'est dans cet esprit que le
Club des Argonautes a élaboré un projet de de recherche qu'il soumet à la communauté scientifique
internationale : « Étude des impacts des rejets d’effluents générés par l’exploitation de l’énergie thermique des mers
(ETM) ».
1/2 Mise en service de la première installation de climatisation par l'eau de mer profonde
dans un hôtel de la Polynésie Française
Depuis le 1er mai 2006, l'Hôtel Intercontinental de Bora
Bora a remplacé son système traditionnel de climatisation par un système
basé sur l'utilisation de l'eau
de mer profonde.
|

Crédit
Hôtel Intercontinental |
L'eau est puisée à 900 mètres de profondeur
à la température de 5°C, puis elle passe dans un
échangeur de chaleur pour refroidir le réseau de
climatisation, à l'aide d'un tuyau de 2 km de long et
40 cm de diamètre.
Le système de pompage de l'eau de mer consomme
15 kW électrique, alors que l'ancien système consommait
300 kW.
|
| Ci-dessous,
à gauche,
vue du tuyau en polyéthylène haute densité franchissant une
falaise sous marine à 55 m de profondeur et touchant
à nouveau le fond de la mer à -125 m.
Ci-dessous,
à droite, résultat de mesure de bathymétrie de la zone concernée,
sur 1 100 mètres de profondeur. Le décrochement de la
falaise est situé devant l'hôtel. |
|

Crédit
Makai Ocean Engineering Inc. |

Crédit
Makai Ocean Engineering Inc. |
Ce système SWAC (SeaWater Air Conditioning) a été mis
au point et installé par la Société d'Hawai "Makai Ocean Engineering",
très innovante dans ce domaine .
En effet dans le cadre du développement de la filière renouvelable
ETM (Énergie Thermique des
Mers ou OTEC en Anglais), l'État d'Hawaii a été depuis trois décennies le promoteur
des utilisation de l'eau froide profonde. Souhaitons que cette réalisation
réveille
l'intérêt de la France métropolitaine pour ces technologies marines.
A noter que la ville
de Stockholm climatise déjà le centre de la ville avec l'eau de la
mer Baltique. Des systèmes similaires peuvent fonctionner avec l'eau des
lacs, c'est les cas par exemple de la climatisation du campus de l'Université
de Cornell aux États Unis.
Pour en savoir plus :
Seawater
Air Condition, Makai Ocean Engineering Inc.
BoraBora Seawater Air Conditioning News.pdf
L'eau
de mer profonde : son utilisation pour le refroidissement d’air
d’immeubles situés en bord de mer (ou de lac).
Énergies
renouvelables, état de l'art et perspectives de Michel Paillard
IFREMER Janvier 2006
2/2 Ce 28 avril 2006, Calipso et Cloudsat ont rejoint la constellation
de satellites A-TRAIN, véritable observatoire spatial du climat
 |
Cette constellation, fruit d'une coopération
franco américaine, comprend six satellites situés sur la même
orbite, à quelques minutes d'intervalle : Aqua depuis 2002, Aura
depuis juillet 2004, Parasol
depuis décembre 2004, Cloudsat
et Calipso
ce mois-ci, et enfin
OCO
prévu en 2008, nous donneront
des informations sur le cycle de l'eau, la température et
l'humidité de l'atmosphère, la qualité de l'air, l'ozone,
les nuages, les aérosols et le dioxyde de carbone (CO2). |
Ces observations "ciblent" les processus
complexes, (et interdépendants), qui interviennent dans le renforcement
de l'effet de serre lié aux centaines de milliards de tonnes de CO2 que
nous avons relâchées dans l'atmosphère depuis 150 ans. En particulier,
la connaissance de "l'effet parasol" des nuages et du rôle des
aérosols sur les divers types de nuages, devrait permettre d'affiner les
modèles prédictifs, dont les prévisions de température moyenne
2100, (15°C à présent), ont une incertitude globale de 2 à 6°
(la moitié environ résultant du comportement plus ou moins
"sobre" qu'adoptera l'humanité - cf. travaux du
GIEC).
Une meilleure connaissance des interactions entre ces
processus contribuera aussi à rapprocher les points de vue divergents sur
l'évolution du climat. Notamment entre ceux qui redoutent un emballement
(et donc, une catastrophe climatique), et ceux qui pensent que grâce aux
"rétroactions négatives", cela pourrait s'arranger tout seul !
Pour en savoir plus :
Revue d'information CNES, NASA, CNRS : "Calipso,
percer les secrets des nuages"
http://www.cnes.fr/html/_98_100_3519_3750_3753_5132_.php
1/2 Accrochages en mer de Ross (Antarctique)
La langue de glace de Drygalski est une énorme feuille de glace et de neige
qui s'avance sur 80 km, dans la partie centrale de la mer de Ross. "C-16",
un iceberg géant, (1000 km2), en a arraché l'extrémité, le 30 mars 2006,
(image de droite), donnant ainsi naissance à un nouvel iceberg (celui en
forme de carré). Cet "accident de circulation
océanique" n'a pas échappé au radar imageur, "ASAR" du satellite Envisat
(ESA) !
En outre, le même ASAR (Advanced Synthetic Aperture Radar) avait déjà
capté, le 15 avril 2005, un évènement analogue: "B15A", un iceberg 3 fois plus gros que
"C16"... avait
déjà commencé à raboter, il y a près d'un an, cette péninsule glaciaire
décidément très exposée ! Sur l'image du 15 avril 05, on aperçoit d'ailleurs
C-16,
échoué sur la partie nord de l'île de Ross .
En dépit de l'arrêt fin 2005 de TOPEX-Poseidon
, plus de 13 ans après son lancement, les océanographes et les
climatologues disposent encore de 3 satellites munis d'un altimètre
radar : GFO (Geosat Follow On), Jason-1, et Envisat.
L'arpentage permanent de l'océan mondial peut donc se poursuivre !
Et avec lui, la moisson de résultats qu'il permet (études de
processus et leur représentation dans les modèles).
Il nous reste à "croiser les doigts" pour que
cette présence simultanée de 3 systèmes de mesures, (dont un système
de haute précision : Jason-1, le "petit frère" de TOPEX-
Poséidon...), tous en orbite depuis au moins 4 ans, se prolonge encore 3
ans, (jusqu'en 2009), de façon à avoir un recouvrement de quelques mois
avec leurs successeurs (Jason-2/OSTM + Alti-Ka). On ne peut hélas compter
sur une longévité aussi exceptionnelle que celle de Topex-Poséidon,
fruit de véritables prouesses de NASA /JPL et du CNES !
Les objectifs négociés il y a 20 ans, (ceux des programmes WOCE et TOGA),
visaient une meilleure connaissance de la "Planète Bleue", de
ses courants océaniques (notamment la circulation "méso-échelle"),
et des mécanismes du couplage Océan-Atmosphère, qui interviennent dans
la variabilité naturelle du climat.
Outre les résultats "contractuels", il y avait les résultats
"attendus ou espérés" : marées, ondes internes, calottes
polaires, niveau moyen des mers, vents, hauteur des vagues, topographie
des fonds
et des dorsales océaniques: comme cela a déjà été décrit
en détail sur ce site, ils ont tous été atteints ou dépassés !
Enfin, il y a les résultats "inattendus", en Sciences de
la Terre bien sur, (notamment en Hydrologie
continentale), mais aussi pour la caractérisation fine des
instruments.
Ce progrès en "métrologie de la surface océanique" se conjugue avec celui des modèles
du champ
de gravité, de sorte qu'après "retraitement" des mesures
brutes, (soigneusement archivées), de nouveaux résultats sont
envisageables ! (y compris... à "titre posthume", en ce
qui concerne TOPEX-Poséidon !)
-
la "recette de cette spirale vertueuse"
est maintenant bien connue : diffusion, en temps quasi réel, de
la totalité des informations (sans aucune exclusivité pour les équipes
de recherche sélectionnées par le CNES et la NASA...), dialogue
permanent entre chercheurs et ingénieurs, (notamment pour les étalonnages
et les corrections : ionosphère, troposphère, biais d'état de
mer), vol "en formation" de 2 systèmes de haute précision
(mission "Tandem"), et enfin "approche intégrée",
(ou "multi-variée") : on associe toutes les mesures
disponibles (pas seulement celles des altimètres...), en
particulier, celles du système GRACE, (mesure du champ de gravité),
tant pour l'orbitographie que pour la surface moyenne océanique.
-
Ces résultats, parfois inespérés, (variation du
niveau moyen des mers, série climatique de haute précision, ininterrompue
depuis 1992, et que les modèles de climat vont désormais
s'efforcer de reproduire...), montrent la justesse des choix
scientifiques, (et programmatiques), faits depuis 20 ans; ils
illustrent le "couple magique" que peuvent constituer une vision
et une volonté partagées dans différentes institutions, sur
plusieurs continents, par un ensemble de chercheurs et
d'ingénieurs. La richesse et la diversité des "objectifs
géoscopiques" désormais
accessibles sont
clairement apparues à Venise !
-
De façon paradoxale, cette situation constitue pour le
Club un
motif de jubilation, et... une inquiétude grandissante ! En effet,
faute d'une "Veille Mondiale Océan et Climat", ces séries
continues de mesures globales, indispensables tant pour la prévision
"méso-échelle", que pour la compréhension et le suivi du
Changement Climatique, peuvent s'interrompre à tout moment : ce
que les océanographes et les agences spatiales ont réussi à faire
"en mode Recherche", doit désormais passer "au stade
opérationnel", une transition que certains ont comparé, (dans
un rapport à l'Académie des Sciences des États Unis), à :
"Traverser la Vallée de la Mort" !
C'est pourquoi les Argonautes appellent de leurs vœux
l'instauration d'une "Veille Mondiale", à l'image de la
"Veille Météorologique Mondiale", qui assure chaque jour, à
l'échelle du globe, le recueil et la diffusion des mesures nécessaires
à la prévision météo... Il est temps de pérenniser dans un
cadre international adapté les
différentes initiatives de la communauté scientifique,
aujourd'hui morcelées à travers plusieurs programmes
internationaux, et celles des agences, notamment de la NOAA et d'Eumetsat,
déjà
partenaires dans des projets tels que Argo, Jason-2... et sans doute
Jason-3.
L'installation à Genève, au sein de l'OMM, du Bureau du projet
GEOSS (Global Earth Observation System of Systems)
suffira-t-elle à accélérer un engagement à long terme
des gouvernements, tel que le préfigure pour l'Europe, le programme GMES
(Global Monotoring for Environment and Security) ? C'est ce que nous souhaitons !
A l'invitation du CNES et de l'ESA, trois membres du club ont participé à
ce Symposium
passionnant : F. Barlier, M. Lefebvre, et R. Zaharia.
1/4 - Première estimation de l'impact qu'aurait
l'ETM
(OTEC)
sur la
structure thermique de l'océan
Un universitaire américain de l’Hawaii Natural Energy
Institute, Gerard.Nihous, vient de
publier, les résultats d’une
modélisation simplifiée d'une exploitation intensive de la ressource
ETM (Énergie Thermique des Mers).
Comme tout procédé industriel appliqué à grande
échelle, l'exploitation de l'ETM peut avoir un impact sur
l'environnement. Cette question vitale comporte deux
aspects : la quantité d'énergie raisonnablement exploitable et
l'évaluation de son impact sur la structure thermique des masses
océaniques.
C'est pourquoi, de son côté, le Club a débuté
depuis quelques mois une réflexion sur la définition d'un programme de recherche,
conjuguant analyses théoriques et modélisations numériques en vue de déterminer de
manière crédible les risques de perturbations de l'océan et les seuils
à ne pas dépasser. Ce programme prendrait pour
exemple les travaux du GIEC.
Qu'il s'agisse des travaux d'Hawaii ou de ceux du Club, une même question fondamentale
est abordée : Quelle
fraction de nos besoins, l'Énergie Thermique des Mers pourrait-elle satisfaire
sans perturber l'environnement, c'est à dire sans nuire aux besoins des
générations futures?
La consommation en énergie de nos "sociétés industrielles"
atteint aujourd'hui des valeurs telles que l'état de la biosphère et les cycles qui
s'y déroulent sont perturbés. Rappelons que l'exploitation des
énergies fossiles a conduit à injecter dans l'atmosphère
plusieurs centaines de milliard de tonnes de gaz carbonique, soit une
augmentation de 30% en 150 ans.
Faute de moyens, l'étude de Gerard Nihous ne concerne que
les modifications de la structure thermique de l’océan, sans aucune considération pour leurs conséquences écologiques.
L’exploitation de ce modèle montre que le fonctionnement
d'une flottille de plusieurs milliers d'usines entraînerait un
lent réchauffement de la source froide (profondeur de 1000 mètre et température de 5°C).
La capacité de production passerait alors par un maximum au delà duquel l’écart des températures entre la source chaude
(25°C) et la source froide (8°C au lieu de 5°C) deviendrait insuffisant et tout ajout d’usines serait «contre productif»:
il entraînerait une réduction de la production ! A titre d’exemple avec une source chaude à 25°C, ce seuil serait atteint après une dizaine d’année de fonctionnement continu d’une
flottille d'usines ETM d'une puissance globale de 3 TW. Cette puissance représente une capacité de production annuelle
proche de la demande mondiale d'électricité pour 2020, estimée par l'IEA
à 25 800 TWh électrique.
Ce résultat préliminaire n'est pas étonnant, si l’on
songe que le procédé ETM requiert un débit d'eau froide d'environ de 2,5 mètres cubes/secondes
et par MW produit. C’est donc un
upwelling
artificiel de plus de 7
Sverdrup
que cette flottille exigerait pour fonctionner. Ce qui est d’un ordre de grandeur approchant celui des
upwellings naturels !
La publication de G.Nihous montre, s'il en était besoin, l'intérêt des
recherches sur les flux naturels de matières et d’énergie dans l’océan
qui sont au cœur de l'océanographie physique.
Comme le montrent les travaux du GIEC (IPCC), les
possibilités offertes par les modèles numériques d'océan ou
d'atmosphère (éventuellement couplés entre eux), permettent désormais
d'évaluer l'impact des activités humaines sur la biosphère. En outre,
l'introduction de paramètres biologiques dans ces modèles
devrait permettre à terme de combler la
lacune mentionnée ci-dessus (aucune considération des conséquences
écologiques).
A noter que l'impact de l'ETM sur l'environnement pourrait ne pas
être seulement un objet d'inquiétude : outre sa contribution «énergétique»,
une exploitation «intelligente» des effluents d’eau froide à des fins biologiques, voire climatiques,
sont évoquées par un autre chercheur américain, dans une communication à l’Unesco sur la
"Blue Revolution". (Document de Patrick Takahashi accessible sur le site de
l'UNESCO à la page 95 du document : "The Potential and Realities of Ocean Thermal Energy Conversion
(OTEC)").
C'est l'une des perspectives du programme de recherche sur
les upwellings artificiels auquel le Club réfléchit en espérant que les
organismes de recherche prendront le relais, dans le cadre d'une
coopération forcément internationale, compte tenu de la nature globale
de ce défi.
2/4 - Nautilus IV, La Terre vue du Ciel
|

|
Le quatrième numéro du magazine
Nautilus est sorti. Le
thème principal : La mer vue du ciel. Dossier
en coopération avec le CNES. Articles
de deux Argonautes : Michel Lefebvre et Bruno Voituriez, sur l'observation des
océans par satellite. De
magnifiques images. |
3/4 - Bonne nouvelle, feu vert pour Cryosat 2
Le 9 octobre dernier, une avarie du lanceur
Rockot, a entraîné la perte du satellite d'observation de la Terre Cryosat.
Conscients de l'enjeu de la mission de ce satellite pour
l'étude du changement climatique, les États membres de l’Agence Spatiale Européenne
(ESA) ont
décidé le 24 février dernier, la fabrication et le lancement d'un
deuxième satellite, Cryosat-2. L'objectif de mise sur orbite est mars
2009.
Ce satellite est spécialement conçu pour évaluer
avec précision, les modifications des épaisseurs des glaces
continentales (2 mm/an) et des glaces de mer (2 cm/an). En complément aux mesures actuelles par satellite
ou terrestre, elles viendront alimenter de nombreuses équipes de recherche
par le monde qui travaillent sur la compréhension des phénomènes
polaires,
influence de l'homme, activité solaire.
Il fera partie d'une flottille de satellites
EOS
lancés et à lancer par la NASA et l'ESA, spécialisés chacun dans un
domaine d'observation de la Terre.
Le métier du spatial est difficile et risqué. Le développement
et la fabrication de Cryosat avaient coûté 136 millions d'euros et duré 5 ans. Compte tenu de
l'expérience acquise Cryosat 2 bénéficiera des développement
antérieurs, sa fabrication demandera 3 ans et son coût devrait être
moindre.
De l'intérêt des mesures permanentes....
|
Image credit: NASA/Wallops
|
Une étude récemment publiée par le Jet
Propulsion Laboratory de la NASA montre que la fonte des glaces au
Groenland a doublé ces dix dernières années.
Les glaciers coulent
directement dans l'océan et contribuent à l'augmentation
du niveau de la mer (l'autre facteur étant la dilatation). Des
résultats sur dix ans ont été obtenus grâce aux moyens
satellitaires. La vitesse de la glace a été mesurée grâce aux
satellites
ERS
1&2 et
ENVISAT
de l'Agence Spatiale Européenne
ainsi qu'au satellite Radar-sat1 de l'Agence Spatiale Canadienne.
Cette photo du glacier de
Helheim dans le sud-est du Groenland, prise en mai 2005, montre le
front de détachement dans l'océan. Ce glacier est un de
ceux dont l'écoulement est le plus rapide au monde. http://www.jpl.nasa.gov/news... |
Pour en savoir plus sur Cryosat 2 :
http://www.esa.int/esaCP/SEMALGMVGJE_France_0.html
4/4 - Le 40° anniversaire des premiers lancements de satellites français a fait l'objet de diverses commémorations
Entre Novembre 1965 et Février 1966, puis en Février
1967 étaient lancés cinq satellites, dont trois au moins -Diapason
et les deux Diadème - étaient
destinés à faire des mesures de position et de vitesse (du satellite sur
son orbite ainsi que de stations sol par rapport au satellite).
Ils ont permis des progrès spectaculaires des méthodes
et instruments de la géodésie spatiale avec une connaissance toujours
plus précise de l'orbite ouvrant la voie aux applications à la géodésie
au profit notamment de la navigation et de l'altimétrie.
On peut les considérer comme les ancêtres d'Argos, de
Doris, de Topex-Poseïdon, des
Jason, et même de... Galileo.
Voir News de Décembre 2005
1/2 - Combien de poissons dans l'océan demain?
Mercator-Océan
se prépare à intégrer une dimension biologique dans la production des ses
bulletins de prévision de l'océan.
Aujourd'hui, Mercator-Océan maîtrise une prévision opérationnelle de l'état et de la
dynamique de l'océan grâce aux simulations numériques de ses modèles
physiques.
En outre, l'équipe projet et le Groupe Mission
Mercator-Coriolis ont su comprendre assez tôt l'importance
des paramètres biologiques des océans, ce qui permet d'envisager une gestion durable
des ressources marines.
L'intégration d'une composante biologie
marine dans les modèles d'océanographie physique est en cours et
permettra de répondre à de nouveaux besoins.
Prévoir l'évolution des zones de production primaire dont
dépend l'alimentation humaine et même qui sait peut être un jour, transformer certaines
provinces océaniques désertiques en zone poissonneuses, toutes questions
pour lesquelles des modèles biologiques couplés à la physique seront un atout, sans oublier bien entendu la
modélisation du climat et le rôle décisif du vivant, peu pris en compte
aujourd'hui.
2/2 - L'énergie Thermique des Mers mise à l'écart
en Europe
Un séminaire Franco Britannique sur les
énergies marines a eu lieu les 19 et 20 janvier 2006 au Havre.
Pourquoi Franco Britannique ?
Parce que, lors du sommet franco-britannique du 18 novembre 2004 les gouvernements français et britannique ont
reconnu leur intérêt commun dans ce domaine en affirmant « le rôle déterminant que le développement des
énergies renouvelables jouera dans la lutte contre le changement climatique. »
Pourquoi les énergies Marines?
Parce que, en tant que nations maritimes, les
deux pays disposent d’un potentiel important pour exploiter ces
sources d’énergie. Les énergies marines sont renouvelables et permettent
de répondre aux exigences du Protocole de Kyoto, par exemple, pour la France, une production d'électricité d'origine renouvelable
de 21 % de la consommation 2010 (contre 14 % actuellement).
Le colloque a traité exclusivement des
énergies liées aux vagues, aux courants et aux marées, l'énergie thermique
des mers n'étant pas inscrite au programme.
On peut regretter le choix initial d'ignorer le procédé de
production d'électricité basé sur l'Énergie Thermique des Mers qui n'a
même pas été mentionné (pas plus que l'utilisation de l'eau froide
profonde pour la climatisation des édifices).
En effet, les calculs montrent, que la
comparaison des contributions respectives des
énergies marines sont
largement en faveur de l'énergie thermique des mers.
Voir notre article Calcul
des potentiels exploitables ...
Rappelons la conclusion :
La
production annuelle d’énergie primaire que l’on pourrait extraire des
énergies marines serait de l’ordre de 120 000 TWh d’électricité. Ceci
est équivalent à la totalité de l’énergie primaire consommée par
l’humanité en l’an 2000 (et environ 10 fois la consommation
annuelle d’électricité des pays de l’OCDE qui
était de 10 000 TWh en 2000 avec 15 % de production renouvelable, pour
l’essentiel d’origine hydraulique).
Les contributions théoriques maximum des différents procédés seraient de :
-
800
TWh pour l’énergie des marées,
-
1 400
TWh pour celle de la houle,
-
18 450
TWh pour l’énergie éolienne,
-
100 000
TWh pour la conversion par ETM.
Nous laissons aux lecteurs le soin d'apprécier
ce texte de Jules Vernes, dans son livre Sans dessus dessous :
"Qu’un Lesseps propose quelque jour de creuser un canal à grande section à travers l’Europe et l’Asie, depuis les rives de l’Atlantique jusqu’aux mers de la Chine, qu’un puisatier de génie offre de forer la terre pour atteindre les couches de silicates qui s’y trouvent à l’état fluide, au-dessus de la fonte en fusion, afin de puiser au foyer même du feu central, qu’un entreprenant électricien veuille réunir les courants disséminés à la surface du globe, pour en former une inépuisable source de chaleur et de lumière, qu’un hardi ingénieur ait l’idée d’emmagasiner dans de vastes récepteurs l’excès des températures estivales pour le restituer pendant l’hiver aux zones éprouvées par le froid, qu’un hydraulicien hors ligne essaie d’utiliser la force vive des marées pour produire à volonté de la chaleur ou du travail que des sociétés anonymes ou en commandite se fondent pour mener à bonne fin cent projets de cette sorte! ce sont les Américains que l’on trouvera en tête des souscripteurs, et des rivières de dollars se précipiteront dans les caisses sociales, comme les grands fleuves du Nord-Amérique vont s’absorber au sein des océans."
1/2 - TOPEX-Poséïdon: 13 ans de mesures de haute
précision...
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Image Nasa |
"The
End of An Era. The venerable Topex/Poséïdon takes it last bow"
(NASA)
"Après 13 ans d’observation continue des océans, le satellite
Topex-Poséïdon tire sa révérence"
AVISO |
La mission de Topex/Poséïdon s'est terminée ce 5
janvier 2006 après la défaillance d'une roue à inertie indispensable à
sa stabilisation. En dépit
des prouesses auxquelles les ingénieurs du JPL (Jet Propulsion Laboratory
de la NASA) nous ont habitués, il n'a pas été possible d'y remédier.
Avec un enthousiasme bien compréhensible, Le Club des
Argonautes a déjà vanté les mérites de cette mission au succès sans précédent :
Trois
cent millions de lieues au-dessus des mers
Quinze ans d'altimétrie radar par satellite.
Venise Mars 2006
Aussi... est-ce avec satisfaction que nous avons appris, l'approbation par le CNES, le 9 décembre, du lancement du programme
Franco-Indien
AltiKa : altimétrie radar à une fréquence de 35 GHz pour l'étude de la circulation océanique qui sera opérationnel en 2008 sur un satellite indien Oceansat3.
Le programme AltiKa s'inscrit dans la suite des "systèmes altimétriques couplés"
représentés par les missions complémentaires "TOPEX-Poséïdon + ERS1&2" (de 1992 à 2002) ,
puis par "Jason-1 + Envisat", à partir de 2002.
Avec le futur Jason-2, (aussi appelé OSTM : Ocean Surface Topography Mission...), il constituera la 3ieme génération de ces "couples de rêve", tels que les chercheurs et ingénieurs
du CNES et de la NASA les ont recommandés en 1991, dans un "Livre blanc" sur l'altimétrie spatiale (le "Purple Book"!), remarquable par sa vision à long terme, formulée alors que les rapports du GIEC et la nécessité de disposer de séries temporelles sur le climat étaient encore peu connus...
Malheureusement, la continuité des observations entre Jason-1 et Jason-2 est fragilisée par le retard pris par Jason-2 qui, dans un monde idéal, aurait du être lancé en 2006, de façon à garantir l'inter-étalonnage de ce système de haute précision avec son prédécesseur Jason-1 (lui même recalé, au cours des 8 premiers mois de sa mission, avec "l'ancêtre
TOPEX-Poséïdon"...)
Souhaitons que Jason-1 connaisse, lui aussi, une longévité record, de façon que la série climatique, homogène et bien étalonnée, entamée en 1992, ne soit pas interrompue ! La capacité des modèles numériques d'évolution du climat à reproduire, au moins en partie, la carte des variations du niveau moyen des mers sur plus de 15 ans peut être un test décisif du réalisme de ces modèles.
Nous évoquons souvent l'importance de la "continuité des moyens d'observations" pour la connaissance de l'évolution de notre Planète (Voir notre rubrique
"Géonautique"). A cet égard, les systèmes spatiaux sont les seuls à pouvoir nous offrir des
mesures précises, et homogènes sur la Terre entière.
Mais, aujourd'hui, rien ne garantit la permanence de ces observations de
l'océan et du climat ! Les sondages atmosphériques, eux, sont effectués
"en routine": l'arrivée d'un nouveau responsable, par exemple
à l'Office Météorologique chargé de les faire, ne peut avoir pour effet de retarder ou d'interrompre
cette activité... Lorsque nous réussirons à faire en sorte que de précieuses séries
temporelles ne soient plus tributaires d'un changement dans telle ou telle Agence Spatiale, la Géonautique, (et sa conséquence naturelle... "la Géoscopie"), sera devenue une réalité !
De même qu'il existe des institutions nationales
pérennes , réunies au sein de l'Organisation Météorologique Mondiale, pour
garantir
la prévision météo, (c'est la "Veille Météorologique
Mondiale, la VMM"...), de même, il sera nécessaire
que de telles institutions nationales se créent pour "océan et
climat" et assurent à leur tour une VMOC "Veille Mondiale
Océans et Climats" (notamment pour permettre que le débat sur le changement climatique se fonde
davantage sur des mesures que... sur des croyances !). Il
est vrai que la VMM, poussée par la nécessité de créer des réseaux mondiaux et des procédures d'échanges des observations de l'atmosphère,
a fait ses preuves depuis plusieurs décennies.
Les propos tenus en 1994 par notre collègue de la Météo, Claude Pastre, n'ont pas pris une ride !
"Une liste d'instruments ne constitue pas un système ! Il ne fait aucun doute que les agences spatiales opérant de par le monde soient capables de faire développer tous les instruments dont a besoin la recherche scientifique sur le climat. On peut même penser qu'il y a de bonnes chances qu'elles en fassent voler des prototypes prochainement sur des plates-formes expérimentales; mais il y a loin d'une collection d'instruments prototypes à un système
d'observation. Il faut rajouter deux choses au moins :
-
un concept de système qui assure la cohérence de toutes les parties pour obtenir un tout capable de remplir une mission prédéfinie, et
-
un engagement de continuité qui fasse que l'on dispose d'une série de mesures sur quinze à vingt ans pour être dans les ordres de grandeur des phénomènes auxquels on s'intéresse.
Ces aspects, s'ils sont à peu près acquis en météorologie, commencent à peine à être abordés en matière de climat. On ne voit pas trop aujourd'hui comment ces difficultés seront surmontées car, pour l'instant, aucun organisme ne s'est vu confier la mission de surveiller les évolutions du climat: disposer d'un système d'observation du climat, c'est assurément l'affaire de tous ... est -ce une bonne raison pour que cela ne soit de la responsabilité de personne
?"
12 ans plus tard, des initiatives telles que "Global Earth Observations System of Systems"
(GEOSS), et son volet européen
GMES, préfigurent, (après
GOOS et GCOS), cet avènement nécessaire de la "Geoscopie". Cependant leurs différents éléments continuent à être financés en grande partie comme "de la Recherche", (c'est le cas d'AltiKa).
Reconnaître qu'il s'agit désormais d'une activité opérationnelle, c'est tout l'enjeu de la transition, toujours délicate, de la Recherche aux
Applications ! Autre facteur critique:
reconnaître que cette activité d'intérêt général ne
peut fonctionner sans financement public !
Un accord international, comme pour la météorologie ou la navigation aérienne, devient une urgence !
Comme l'a dit le poète Rafael Alberti: "Il est des portes sur la mer qu'on ouvre avec des mots !"
2/2 - Rêves de Géonautes...
Dans son numéro spécial 196 de Janvier 2006, sur les "9 rêves pour
changer le monde", le magazine Science et Vie Junior consacre deux pages aux travaux de
John Craven au Natural Energy Laboratory of Hawaï Authority : le NELHA dont il fut l'un des promoteurs.
John est le fondateur de "Common Heritage
Corporation", une compagnie privée dédiée aux applications commerciales
de l'eau froide profonde que l'on peut pomper dans l'océan tropical. Par
exemple, le procédé dit "Énergie Thermique des Mers", l'ETM,
qui permet de produire de l'électricité.
John est un vieil ami des Argonautes : on voit sur la photo un des membres du Club dégustant au
NELHA une fraise cultivée par un procédé
d'irrigation que John avait imaginé il y a plus de 20 ans déjà.
Si vous êtes intéressés par l'ETM et les innovations
similaires : les DOWA -
"Deep Ocean Water Application"- nées de son imagination et qui pourraient contribuer "à changer le monde" visitez aussi :
http://www.commonheritagecorp.com ,
http://www.hawaii.gov/dbedt/info/energy/renewable/otec
,
http://www.aloha.com/~craven/
Pour en savoir
plus sur l'ETM :
Rubrique
Énergie des mers
Pour
en savoir plus sur les travaux de John Craven :
IOA
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