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L'océan est un acteur essentiel du fonctionnement de la biosphère terrestre
constituée des couches superficielles de la Terre où la vie a pu s'épanouir.
Sa dynamique est à prendre en compte dans le fonctionnement du
système climatique dont il contrôle les variations.
Principal accumulateur d'énergie solaire, l'océan fournit à l'atmosphère
50 % de l'énergie qu'elle reçoit, et qui la met en mouvement.
Les courants marins, à égalité avec la circulation atmosphérique, assurent la
redistribution de la chaleur des régions équatoriales vers les hautes latitudes.
Les écosystèmes marins sont aussi contrôlés par la dynamique océanique : ce sont les mouvements
horizontaux et verticaux de l'océan qui déterminent la fertilité des " prairies marines " et contrôlent les
conditions de survie des larves des espèces exploitées au large comme à la côte.
C'est aussi la dynamique océanique qui façonne les
littoraux à partir des apports fluviatiles, anciens et récents.
Il n' y a pas de prévision possible de l'évolution du climat, de celle des écosystèmes marins et des espèces
exploitées, et de l'évolution des zones côtières, sans connaissance de la
dynamique océanique et sans la capacité de la modéliser aux diverses échelles de
temps et d'espace concernées.
La prévision opérationnelle de l'état des océans est maintenant possible, comme c'est le cas de l'atmosphère.
A l'instar de ce qui existe, pour les besoins de la
prévision météorologique, cela implique des systèmes d'observation continus
de l'océan et des centres opérationnels de prévision mettant en œuvre des
modèles de circulation océanique alimentés par ces observations.
Les satellites sont la clé des mesure en mer.
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D'une part, ils permettent de mesurer directement, sur la totalité de l'océan, les
paramètres essentiels que sont la température de surface, la vitesse et la
direction du vent, la hauteur du niveau de la mer et d'évaluer les courants
marins et leurs variations. On dispose, par exemple, depuis 1992 grâce au satellite
TOPEX-Poseidon et à ses successeurs Jason 1 et 2, d'une série
ininterrompue de la mesure du niveau de la mer et de la circulation océanique.
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D'autre part, grâce aux systèmes de localisation et de
transmission des données, ils permettent de déployer des flotteurs dans tout l'océan, équivalents de ce que sont les ballons sonde pour l'atmosphère.
Actuellement, dans le cadre du programme ARGO,
ce sont trois mille flotteurs qui explorent les couches océaniques sur deux mille mètres d'épaisseur, en
faisant des mesures de température et salinité qu'ils transmettent en temps
réel par satellite. L'état de l'océan est ainsi presque complètement déterminé et, en
France, le Groupe Mercator-Océan à Toulouse, assimilant toutes ces données
dans des modèles de circulation océanique, fait des prévisions de la
totalité de l'océan aux échelles globales et régionales.
Dans le cadre du programme européen GMES, Mercator Océan est coordinateur du
projet My Ocean qui doit définir d'ici trois ans les contours d'une
océanographie opérationnelle (Marine Core
Service).
A cela il faut ajouter que les moyens spatiaux permettent
de surveiller les écosystèmes marins : mesures depuis l'espace de
la chlorophylle de surface et des stocks de grands pélagiques comme
les thons qui; équipés de marques " pop up ", deviennent eux-mêmes
des plates-formes,
de mesures comme les flotteurs ARGO. C'est à court terme la prévision de l'évolution des écosystèmes marins et de leurs ressources qui
est aussi en jeu.
Ces avancées récentes de la recherche pourraient expliquer que le "Grenelle de la mer" n'évoque pas la nécessité d'une océanographie opérationnelle qui demeure cependant l'indispensable fondement des 4 thématiques proposées. Or cette océanographie opérationnelle, qui semble aller de soi, n'existe que sur le plan expérimental. Elle est financée sur des crédits recherche et n'est finalement sous la responsabilité de personne si ce n'est des groupes de chercheurs, et des instituts de recherche, qui ont compris son intérêt et l'ont mise en œuvre de leur propre initiative.
Mais
Au plan européen le projet My Ocean concerne 27 pays et mobilise
plusieurs dizaines de laboratoires de recherche sans la moindre garantie que le relais sera
pris ensuite pour la mise en œuvre du " Marine Core Service ".
Neuf ans après que notre pays eut proposé l'initiative
GMES
à ses partenaires européens, (pendant la "PFUE
2000"), il
serait paradoxal que le Grenelle de la Mer ne fasse pas sienne cette
impérieuse nécessité d'une prévision opérationnelle de la mer, pour le
climat, la dynamique des écosystèmes marins et de leurs ressources et
l'évolution des littoraux. Sans cela, les objectifs affichés du " Grenelle
de la Mer " ne sont pas atteignables. C'est l'outil dont on ne peut se
passer pour une gestion intelligente de la mer à toutes les échelles de
temps et d'espace ; en effet, exploiter de façon durable un milieu que l'on ne
connaît pas, est impossible. Mais ce qui est l'affaire de tous doit maintenant être
de la responsabilité de quelqu'un. Compte
tenu de l'existence depuis 2003, de l'initiative GEOSS, le Grenelle de la Mer se doit de
recommander la mise en place d'une océanographie opérationnelle, incluant les systèmes d'observation et les centres de prévision océaniques, et d'en confier la charge à
des agences nationales travaillant dans le cadre d'une coopération
intergouvernementale, comme cela s'est fait pour l'atmosphère dans le cadre de
l'Organisation Météorologique Mondiale (Veille Météorologique Mondiale). |