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Rubrique Témoignage

L'avenir de l'Océanographie vu en 1919 par A. Berget et... l'ETM.

 

Michel Lefebvre,  commentaires de Jean Paul Guinard. Février 2004.

Extrait du livre "Les Problèmes de l'Océan" par A. BERGET 1920

Commentaires de Jean-Paul Guinard  

Introduction du livre" Les Problèmes de l'Océan " par A. BERGET Professeur à l'Institut Océanographique Livre écrit en Août 1919 Au Pouliquen et édité chez C Flammarion en 1920 

Avec sur la page de garde : à S.A.S.Albert 1er Prince souverain de Monaco, Membre de l'Institut de France, respectueux hommage. 
La lecture du livre démontre que cet hommage était plus que mérité !

 

L'Océan recouvre près des trois quarts de la surface du sphéroïde terrestre
Ce chiffre suffirait, seul, à démontrer l'importance que prend la Science de la Mer dans l'Étude générale de notre Globe. 
C'est au-dessus des mers que s'établissent les grandes lois de la circulation atmosphérique; c'est la surface géométriquement définie des Océans qui constitue le G é o ï d e; c'est leur niveau qui sert d origine aux géographes pour mesurer les altitudes. 

La masse de leurs eaux, outre qu'elle est la réserve de Chlore de la Chimie mondiale, constitue le grandiose laboratoire de la matière à l'état de dissolution. 

Leurs mouvements rythmiques, causés par les attractions combinées des deux astres voisins, forment le trait d'union tangible entre la science du Ciel et celle de la Terre, en attendant que, par l'énergie qu'elles représentent, les marées, remplaçant les houillères épuisées, viennent fournir à l'industrie humaine poussée jusqu'au paroxysme la puissance mécanique qui lui sera nécessaire. 

Enfin,  l'étude de la vie dans les mers, sous une variété d'aspects presque infinie, nous donnera peut-être l'explication de la vie à la surface des continents. 

Cette science de l'Océan date à peine d'un demi-siècle: en cette courte période elle a fait des progrès immenses; d'autre part elle se trouve en présence de problèmes nombreux et importants. 

Exposer ces progrès, énoncer sinon résoudre ces problèmes, tel est le but de ce livre. Il a été écrit avec l'espoir que sa lecture orientera quelques chercheurs vers les sciences de la mer, vers l' OCÉANOGRAPHIE qui est , en somme une vaste synthèse de toutes les sciences actuellement connues. 

 Commentaires de Jean-Paul Guinard

Comme le dit l'auteur, la quantité d'énergie contenue dans les Océans est énorme et susceptible de "remplacer les houillères" dans la recherche par l'humanité de sources d'énergie nouvelles. En plus, elle est largement renouvelable et n'émet pas de GES... alors qu'on ne soupçonnait pas de changement climatique en 1919, pas plus d'ailleurs que l'ampleur prise par l'utilisation des combustibles liquides ou gazeux...
L'énergie contenue dans les Océans se présente sous (au moins) deux formes: l'une mécanique (ce sont les marées, générées par les mouvements de Lune et du Soleil), l'autre thermique (générée par le rayonnement solaire lui-même, et se traduisant par l'échauffement des couches de surface jusqu'à la thermocline). Si l'énergie potentielle des marées est grande, celle dite "Energie thermique des Mers" est énorme! La production d'énergie par les marées est difficile et cyclique. 

Difficile: sous forme de barrages hydroélectriques de "basse chute", elle nécessite des ouvrages très étendus et perturbant pour le milieu naturel, ou encore sous forme d'"hydroliennes", elle est limitée à des puissances assez faibles.

Cyclique, elle a besoin d'un "stockage" pendant les heures de non production, peu réalisable par des moyens électriques (on pallie cet inconvénient en ...pompant l'eau du bas des barrages hydroélectriques pour la remettre en haut...). Elle peut cependant être implantée dans les pays de moyenne latitude. 
Nous pensons que c'est sous la forme thermique que l'humanité exploitera dans l'avenir l'Énergie des Mers, d'abord en utilisant l'eau froide profonde souvent accessible à proximité dans toutes les mers et lacs du globe, puis, en utilisant la différence de température entre l'eau de surface et l'eau du fond, dans les pays tropicaux, pour convertir l'énergie thermique en énergie mécanique ou chimique.