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FAQ - Organisations internationales

 

Quelles sont les organisations internationales dédiées à l'observation et à la recherche sur l'environnement et le climat ?

 

Jacques Merle - octobre 2012                                                                                                               Version PDF

  1. Les grandes agences intergouvernementales    
     

  2. Les programmes de recherche de l’IGBP
     

  3. Les programmes de recherche du WCRP (World Climate Research Programme - Programme Mondial de Recherche sur le Climat - PMRC en Français)
     

  4. Les systèmes d’observation opérationnels

    1. Les systèmes d’observation opérationnels issus de la recherche.

      1. Global Climate Observing System – GCOS

      2. Global Ocean Observing System – GOOS

    2. Les organisations mondiales pour l’observation de l’environnement et du climat.

      1. Des organisations politiques au sommet

      2. D’autres organisations mondiales, régionales et thématiques

Liste des grandes organisations internationales

 


 

Il existe plusieurs catégories d'organisations internationales dédiées à l'étude de l'environnement terrestre et au climat.

 

Au sommet on trouve des agences des Nations Unies comme l’OMM et le PNUE et des organisations non-gouvernementales comme l’ICSU qui ont la charge de coordonner les activités des nations impliquées dans l’étude de l'environnement terrestre et du climat.

Les milieux pris en compte sont l'atmosphère (météorologie), l'océan, l'eau continentale sous ses trois états, les surfaces continentales et les milieux vivants.

 

Ces agences mettent sur pied des grands programmes thématiques internationaux et des programmes spécifiques de recherche qui, généralement, ont été initiés et proposés par des chercheurs éminents dans leur discipline pour faire avancer la connaissance sur certains points clés (à l’origine, c'est un processus  «Bottom up»).

 

Enfin la nécessité de suivre l'évolution de cet environnement terrestre, et plus particulièrement le changement climatique, implique la mise sur pied de systèmes d'observation opérationnels permanents, au-delà de la durée des programmes de recherche, généralement très limitée.

 

Mais ces systèmes d'observation opérationnels sont souvent étroitement imbriqués dans les opérations de recherches qui en établissent les fondements ; et Il est parfois difficile de distinguer ces deux activités qui relèvent cependant de financements différents, l’observation opérationnelle nécessitant des financements dédiés et permanents non soumis à l'aléa du financement des opérations de recherche. Il existe de ce fait de multiples passerelles et comités de concertation et de liaison communs entre les programmes de recherche et l’observation opérationnelle, ce qui contribue à la complexité de ces mécanismes de coordination.


Une autre difficulté pour présenter ces instances internationales, tient au fait que plusieurs agences onusiennes peuvent s'associer pour parrainer et gérer un même grand programme.

Par ailleurs, de nouvelles technologies, ou des entités politiques regroupant plusieurs pays, sont susceptibles de créer leurs propres structures. C'est le cas pour les techniques d'observation spatiale qui font l'objet de mécanismes de coordination spécifiques largement indépendants des précédents. De même l'Union Européenne, rassemblant de nombreux pays européens, possède ses propres organisations dans ces domaines, la principale, très active pour l'observation opérationnelle, étant le .


D'une façon générale ces organisations internationales donnent le sentiment d'un foisonnement parfois inextricable dû principalement au fait qu'elles résultent d'initiatives venant d'horizons divers qui s'imbriquent et s'empilent les unes sur les autres sans que les simplifications et les regroupements qui s'imposaient au fil du temps aient toujours été pris en compte. Ces constructions donnent aussi parfois l’impression d’être des coquilles vides ou, au mieux, de simples bannières sous lesquelles se rassemblent certains pays ou groupes d’intérêts thématiques. Il est donc impossible d'être exhaustif dans cette tentative de présentation de ces mécanismes de coordinations internationaux. Nous nous attacherons seulement ici à évoquer les dispositifs les plus importants avec leurs liaisons organiques lorsqu’elles sont suffisamment claires. Une dernière difficulté de cette exposition tient aussi à l'abondance des sigles, majoritairement anglo-saxons, qui parsèmeront inévitablement cet exposé.
 

  1. Les grandes agences intergouvernementales

    Dans le domaine de l’environnement terrestre et du climat on distingue quatre grandes organisations intergouvernementales principales.

    Trois dépendent directement de l’ONU à des titres divers :
     

    • La première, l’Organisation Météorologique Mondiale OMM ( World Meteorological Organisation - WMO en anglais) possède la qualité d’agence technique des Nations Unies.
       

    • La seconde, le Programme des Nations Unies pour l’Environnement PNUE (United Nations Environmental Programme – UNEP, en anglais) ne possède pas encore cette qualité et demeure un «programme» malgré la demande exprimée par plusieurs nations qu'elle accède au rang d’une agence technique.
       

    • La troisième, la Commission Océanographique Intergouvernementale COI (Intergovernmental Oceanographic commission – IOC - en anglais ) possède un statut encore un peu différent des deux premières et est rattachée à l’UNESCO.

       

    Enfin il existe une quatrième organisation, non gouvernementale celle-là, qui joue un grand rôle dans le domaine de la recherche sur l’environnement. Il s’agit du Conseil International des Unions Scientifiques CIUS (International Council of Scientific Unions - ICSU - en anglais, qui tout en conservant son abbre a, depuis 1998, changé son intitulé en : « International Council for Sciences ».
     

    L’OMM (WMO) dont le siège est à Genève est la plus ancienne de ces organisations intergouvernementales. Crée en 1951 pour les besoins de la prévision météorologique, elle est maintenant au cœur du dispositif d’étude du climat à travers notamment un grand programme appelé le «World Climate Programme – WCP» dont la partie recherche constitue le «Programme Mondial de Recherche sur le Climat – PMRC en français -"World Climate Research Programme – WCRP», véritable pierre angulaire du dispositif d’étude du climat et de son changement, présenté en détail plus loin.

     

    Le PNUE (UNEP) , est un programme des Nations Unis créé en 1972 à la suite d’une proposition émanant d’une conférence des Nations Unies sur l’environnement humain qui s’est tenue à Stockholm la même année. Etabli à Nairobi au Kenya, le domaine de cette institution est celui de la préservation de l’environnement et du développement durable principalement dans les pays en développement. A ce titre l’UNEP est présent en qualité de soutien et de sponsor dans de nombreux programmes et organisations dédiés à l’étude et à l’observation du changement climatique, sans pour autant en être un acteur majeur, comme l’est l’OMM, du fait de son statut. La France, avec d’autres nations, plaide pour corriger cette situation et en faire une «Organisation des Nations Unies pour l’Environnement – ONUE » qui serait pleinement active dans la question climatique.

     

    La COI (IOC), créée en 1969 et rattachée à l’UNESCO à Paris, était initialement chargée de coordonner la recherche scientifique dans le domaine marin. Sa mission évolue maintenant vers la mise en service opérationnelle de systèmes d’informations sur l’océan répondant en particulier aux besoins de l’observation et de la prévision du changement climatique. A ce titre la COI est à l’origine d’un système d’observation de l’océan, GOOS, rattaché à un système d’observation du climat plus vaste, GCOS, principalement entre les mains de l’OMM dont on parlera plus en détail plus loin.

     
    Le CIUS (ICSU), véritable ONG de la science, créée en 1931 pour promouvoir la science au bénéfice de l’humanité avec son siège à Paris, joue un rôle très important dans les organisations et les programmes intergouvernementaux sur l’environnement et le climat en apportant une caution scientifique approfondie sur l’état des connaissances dans ces domaines.

    Rassemblant des entités scientifiques nationales comme les académies des sciences de nombreux pays parmi les 140 qui, à des titres divers, se réfèrent à cette commission, celle-ci fédère aussi des organisations scientifiques internationales par une «International Scientific Union» de 31 membres.

    L’ICSU intervient dans tous les domaines du climat mais particulièrement dans celui de l’océan avec un célèbre comité scientifique constitué de groupes touchants à toutes les sous-disciplines de l’océanographie, le «Scientific Committee on Oceanic Research - SCOR» mis sur pied en 1957 et qui contribua beaucoup à l’avancée des connaissances sur l’océan.

    Ces agences intergouvernementales, notamment l’ICSU, mirent sur pied des programmes de recherche individualisés dans les domaines de l’environnement, du changement global, du développement durable et de ses incidences humaines et bien évidemment du changement climatique.

     

    Quatre programmes émergèrent dans ce contexte à l’initiative principale de l’ICSU :

     

    • DIVERSITAS, programme international sur la biodiversité créé en 2002.

    • IHDP : «International Human Dimension Programme» sur les conséquences humaines du changement environnemental créé en 1996 par l’ICSU.

    • IGBP : «International Geosphere Biosphere Programme» ( Programme International Géosphère Biosphère - PIGB en Français) lancé en 1986 par l’ICSU pour étudier les conditions de la durabilité du vivant sur Terre.

    • WCRP : «World Climate Research Programme» (Programme Mondial de Recherche sur le Climat - PMRC en français) créé au sein de l’OMM en 1980 avec l’appui de l'ICSU pour l’étude du climat.

     

    Ces quatre programmes furent rassemblés en 2001 sous la bannière d’un «Earth System Science Partnership - ESSP» dont l’objectif était de mieux intégrer entre elles les différentes disciplines relevant des sciences naturelles et sociales pour l’étude de l’environnement et du développement. Deux de ces programmes concernent particulièrement la question climatique, il s’agit de l’IGBP et évidement le WCRP.
     


 

  1. Les programmes de recherche de l’IGBP

    Mis sur pied en 1986 par l’ICSU, le programme IGBP a pour objectif général d’observer et de comprendre l’interaction des processus physiques, chimiques et biologiques qui régulent le système Terre et permettent la vie, ainsi que les changements qui affectent ce système soumis principalement à l’action de l’homme.

    L’IGBP sponsorise actuellement 12 projets couvrant tous les aspects du système Terre :
     

    • AIMES : “Analysis, Integration and Modelling of the Earth System”

    • GLP : “Global Land Project”

    • IGAC : “International Global Atmospheric Chemistry”

    • iLEAPS : “Integrated Land Ecosystem-Atmosphere Processes Study”

    • IMBER : “Integrated Marine Biogeochemistry and Ecosystem Research”

    • : “Land-Ocean Interactions in the Coastal Zone”

    • PAGES : “Past Global Changes”

    • SOLAS : “Surface Ocean - Lower Atmosphere Study”

    • CCAFS : “Climate Change and Food Security”

    • GCP : “Global Carbon Project”

    • GECHH : “Global Environmental Change and Human Health”

    • GWSP : “Global Water System Project”
       

    Un projet passé : JGOFS (Joint Global Ocean Fluxes Study), terminé en 2003, a mobilisé une partie importante de la communauté scientifique océanographique spécialisée dans le rôle de l’océan sur le cycle du carbone. Les objectifs de JGOFS se poursuivent actuellement dans les programmes IMBER et SOLAS ( voir Ci-dessus). Outre IMBER et SOLAS, les programmes de l’IGBP actuellement les plus près de la question climatique, impliquant notamment l’océan, sont LOICZ, PAGES et GCP.

  1. Les programmes de recherche du WCRP (World Climate Research Programme - Programme Mondial de Recherche sur le Climat - PMRC en Français)

    Le WCRP, créé en 1980 Par l’OMM, la COI et l’ICSU, est dédié à l’étude du climat, sa variabilité et son changement à courts et moyens termes. Plus précisément le WCRP s’est donné deux objectifs de recherche principaux :
     

    • la prévision du climat parallèle à la prévision météorologique

    • et le diagnostique de l’influence de l’homme sur le climat.
       

    Pour cela le WCRP s’est doté d’un arsenal de réflexions et de programmation scientifique de haut niveau avec à sa tête le «Joint Scientific Committee – JSC» rassemblant une douzaine de scientifiques représentant les disciplines entrant dans l’étude du climat, physiciens et chimistes de l’atmosphère et de l’océan, glaciologues, paléoclimatologues… etc.

    Parallèlement au JSC, le rôle supposé dominant de l’océan dans la machine climatique avait conduit l’ICSU, par l’intermédiaire du SCOR et avec le soutien de la COI, à créer un «Committee on Climatic Change and the Ocean - CCCO» rassemblant aussi l’ensemble des compétences scientifiques dans le domaine des relations entre l’océan et le climat. Le CCCO rendait compte au JSC pour la construction des programmes à finalité climatique impliquant l’océan. Le CCCO a cessé ses activités en 1990 après la mise sur pied des programmes de recherche TOGA et WOCE.


    Le WCRP, avec le JSC et le CCCO, ont été les instances scientifiques internationales qui ont construit les premiers programmes internationaux de recherche dédiés à l’atmosphère, à l’océan et à leurs interactions dans la dynamique du climat.

     

    Les deux programmes internationaux historiques impliquant l’océan et ses relations avec l’atmosphère sont :
     

    • TOGA «Tropical Ocean and Global Atmosphere» dédié à l’étude de l’interaction entre la basse atmosphère et l’océan intertropical, siège du phénomène El Nino dans le Pacifique, qui s’est déroulé sur 10 ans de 1985 à 1995.

    • WOCE «World Ocean Circulation Experiment» visait à parsemer l’océan mondial d’observations physiques et chimiques de la surface au fond susceptibles de donner une image réaliste de la circulation générale actuelle de l’océan.
       

    On peut ajouter GEWEX «Global Energy and Water cycle EXperiment»  lancé en 1990 et toujours en activité pour étudier le cycle de l’eau et les échanges d’énergie entre les deux enveloppes fluides atmosphère et océan.
    Ces programmes pionniers au sein du WCRP, dans la décennie 1980, scellèrent les relations entre la dynamique de l’atmosphère et celle de l’océan, ainsi qu’entre les communautés scientifiques des atmosphériciens et des océanographes.

     

    Actuellement, en 2012, cinq programmes de recherche sont coordonnés par le WCRP :
     

    • CLIVAR : «Climate Variability and Predictability» qui a pris la suite de TOGA et WOCE en y intégrant la dimension temporelle avec la paléoclimatologie

    • CLIC : «Climate and Cryosphere» a pour objectif d’étudier les relations entre la cryosphère et le système climatique global

    • GEWEX : «Global Energy Water Experiment»

    • SPARC : «Stratospheric Processes and their Role in Climate»  incluant l’étude du rôle de l’ozone, des poluants atmosphériques et aerosols, dans le changement climatique.

    • SOLAS : «Surface Ocean Lower Atmosphere Study» commun avec IGBP.


    Ci-dessous les organigrammes du WCRP et du programme CLIVAR montrant la complexité de l’organisation d’un tels programme en panels, groupes de travail , comités ... etc

 

A ces programmes du WCRP s’ajoutent cinq ateliers de travail dédiés aux expérimentations numériques (modèles).

  • WMP : «WCRP Modeling Pannel» 

  • WGCM : «Working Group on Coupled Modelling»

  • WGSF : «Working Group on Surface Fluxes»

  • WOAP : «WCRP observation Assimilation Pannel»

  • WGNE : «Working Group on Numerical Experiment»

Le WCRP Co-sponsor également avec la COI le programme OOPC : «Ocean Observation Panel for Climate» qui rejoint le domaine des observations opérationnelles pour le climat rattachées à GOOS et GCOS (Voir paragraphe 4, ci-dessous).

  1. Les systèmes d’observation opérationnels

    Les systèmes d’observations de la Terre ont des origines diverses. On peut en distinguer trois catégories plus ou moins imbriquées ou se recouvrant dans une pluralité de sigles qui évoluent dans le temps.

     

    Il y a :
     

    • Ceux issus des programmes de recherche décrits précédemment dans le cadre des agences traditionnelles des Nations Unies tels que l’OMM, le PNUE, la COI/UNESCO, et l’ICSU.

    • Ceux issus des grandes conférences internationales, plus ou moins politiques, sur les questions touchant à la protection de l’environnement, au développement et au climat ( G8 …)

    • Ceux issus des agences techniques comme les agences spatiales, ou des groupes de pays comme l’Union Européenne.


       

    1. Les systèmes d’observation opérationnels issus de la recherche.

      Il existe deux principaux systèmes d’observations à vocation opérationnelle dans les domaines du climat et de l’océan qui reposent sur les grands programmes de recherche mis en place à partir des années 1980, sous les auspices de l’OMM, la COI/UNESCO, le PNUE et l’ICSU.
       
      Il s’agit de GCOS : «Global Climate Observing System» et de GOOS : «Global Ocean Observing System»


       

      1. Global Climate Observing System – GCOS

        Le GCOS a été lancé en 1992 sous les auspices de l’OMM, la COI/UNESCO, le PNUE et l’ICSU. Il comportait à l’origine et jusqu’en 2008 quatre modules principaux correspondants aux systèmes d’observation des différents milieux terrestres constituant le système climatique :

         

        • WWW : «World Weather Watch», la plus ancienne structure d’observation de l’atmosphère pour la prévision du temps et le modèle des systèmes d’observation opérationnels.

        • GAW : «Global Atmosphere Watch» qui inclut l’observation de la composition chimique et biologique de l’atmosphère et pas seulement ses paramètres physiques.

        • GTOS : «Global Terrestrial Observing System» qui rassemble les observatoires de l’hydrosphère et des continents ainsi que de la cryosphère.

        • GOOS : «Global Ocean Observing System» qui rassemble les observatoires de la physique, la chimie et la biologie des océans.


        A noter que GOOS revendique son indépendance vis-à-vis de GCOS pour ce qui concerne les domaines non directement liés au climat comme les systèmes côtiers, le milieu vivant….etc (Voir GOOS)

        A ces quatre systèmes d’observations s’ajoutent trois «Science Panels» :

         

        • AOPC : «Atmospheric Observation Panel for Climate»

        • TOPC : «Terrestrial Observation Panel for Climate»

        • OOPC : «Ocean Observation Panel for Climate»
           

        Notons que l’OOPC est aussi l’un des panels de GOOS, et représente donc l’intersection de GCOS avec GOOS.



         

      2. Global Ocean Observing System – GOOS

        GOOS est un système global et permanent d’observation de l’océan mondial incluant des activités d’analyse des paramètres océaniques et de modélisation.
        Créé sous l’impulsion de la COI au début des années 1990 avec l’appui de l’OMM, du PNUE et de l’ICSU, son organigramme est fait de trois comités principaux :
         

        • «Intergovernmental Committee for GOOS - I-GOOS». C’est l’instance représentative des Etats membres de GOOS (au nombre d’une centaine), sous le couvert de l’OMM, la COI et le PNUE. I-GOOS est administré par un « I-GOOS Board ».

        • «GOOS Scientific Steering Committee - GSSC» C’est l’instance scientifique au sommet conseillant les Etats membres du I-GOOS et assurant la stratégie, la définition des projets et leur mise en place,… etc

        • «Ocean Observation Panel for Climate - OOPC», Commun avec GCOS et déjà mentionné, c’est le groupe chargé de la stratégie d’observation de l’océan dans ses relations avec le climat. Ce groupe représente l’intersection principale de GCOS avec GOOS.

         

        L’OOPC nécessite une présentation plus complète car cette instance est au cœur du dispositif d’observation opérationnel de l’océan dans ses relations avec le climat. Les principaux programmes d’observation de l’océan, encore partiellement dépendant de programme de recherche mais qui relèvent de l’OOPC, sont les suivants :
         

        • VOS : «Volunteer Observing Ships», Observations par navires marchands

        • IGOSS : «Integrated Global Ocean Services System» ,

        • IODE : «International Oceanographic Data and Information Exchange»,

        • GLOSS : «Global Sea Level Observing System»,

        • TAO : «Tropical Atmosphere Ocean» Mouillages pour l’observation d’ENSO dans le Pacifique

        • PIRATA : «Pilot Research Moored Array» Mouillages pour l’observation de la variabilité de l’océan Atlantique tropical
           

        D’autres groupes de travail, comités, instances de coordination diverses pour l’observation de l’océan sont rattachés à cet OOPC. Citons en particulier le «Global Ocean Data Assimillation Experiment - GODAE» d’inspiration française qui a accompagné le lancement du programme d’observation autonome de l’océan : ARGO. Le déploiement de plusieurs milliers d’engins dérivants de façon autonome au sein de l’océan en opérant des observations de température et de salinité délivrées à des satellites collecteurs d’informations, débuta en 2002 et fut une véritable révolution dans l’observation opérationnelle de l’océan. Ci-dessous la couverture des océans par plus de 3000 engins ARGO en octobre 2012.



        Citons aussi le «Joint WMO-IOC technical Commission for Oceanography and Marine Meteorology - JCOMM».

        Cette commission dépend à la fois de l’OMM et de la COI/UNESCO, et résulte de la fusion, en 2001, de la «Marine Meteorological Commission - MMC», créée par l’OMM, et de «Integrated Global Ocean Service System – IGOSS», créé par la COI. Cette commission rassemble maintenant les compétences à la fois des météorologues et des océanographes en matière d’étude et d’observation de la surface des océans. Ce regroupement est un des rares exemples d’une restructuration utile et réussie parmi ces instances internationales !


        Notons encore pour GOOS l’existence de comités régionaux dans une structure dite de «Regional Alliances», qui regroupe l’ensemble des régions océaniques où des activités GOOS sont coordonnées incluant :
         

    2. Les organisations mondiales pour l’observation de l’environnement et du climat.

      1. Des organisations politiques au sommet

        Les grands sommets politiques internationaux (le sommet mondial du développement durable à Johannesburg en 2002, le sommet du G8 à Evian en 2003, le sommet «Rio plus 20» en 2012,…), prenant conscience de l’importance de la question de l’évolution de notre environnement et du climat, tentent de mettre sur pied des structures internationales de coordination pour la surveillance de cet environnement terrestre et son évolution.
        En 2003 les principaux pays développés ont convenu de rassembler à Washington, un «Earth Observation Summit - EOS .
        Celui-ci, à la suite de plusieurs sommets politiques sur le développement durable et l’environnement ( Johanesbourg 2002, G8 Evian 2003, Bruxelle 204 ...), a mis en place un «Group on Earth Observations - GEO» chargé de lancer une action destinée à réaliser un «Global Earth Observation System of Systems - GEOSS».
        Les systèmes d’observation spécifiques à chaque questions et à chaque milieux touchant à l’environnement, tels que GCOS pour le Climat, GOOS pour l’océan et d’autres…, avaient déjà été mis en place antérieurement par les agences de l’ONU (OMM, PNUE, COI, …) comme on l’a vu. Ces systèmes d’observation ont donc été intégrés à ces superstructures que sont GEO, GEOSS….. sans que, concrètement, des actions nouvelles aient été menées. On peut donc se poser la question de l’utilité de ces constructions politiques mondiales au-delà du fait que l’évocation de ces questions au plus haut niveau politique peut contribuer utilement à la prise de consciences de ces problèmes environnementaux par nos sociétés.


         

      2. D’autres organisations mondiales, régionales et thématiques

        A ces structures, issues du plus haut niveau politique, on peut ajouter des rassemblements issus de la communauté scientifique ou simplement de fondations privées financées par des mécènes. On peut citer, pour l’océan, le «Partnership for Ocean Global Observation - POGO». Ce partenariat pour l’observation globale de l’océan créé en 1999 peut être considéré comme une ONG ; il rassemble de grandes institutions scientifiques de réputation mondiale pour : «Promouvoir la coopération à long terme dans l’étude et l’observation des océans de la planète». POGO a joué un rôle dans la mise sur pied d’ARGO, ce dispositif de flotteurs autonomes dérivants dans l’océan mondial qui représente la tentative la plus avancée d’un observatoire opérationnel de l’océan.

        Les agences spatiales sont également à part dans ces dispositifs. Elles s’étaient organisées antérieurement, dès1984, en un «Committee on Earth Observations Satellites - CEOS» pour faciliter la coordination internationale des missions spatiales civiles pour l’observation de la Terre. Le CEOS a élaboré en 1998 un partenariat pour définir une stratégie et a créé une instance coordonnant ces stratégies d’observations spatiales de la Terre : «Integrated Global Observing Strategy - IGOS» à ne pas confondre avec IGOSS (voir plus haut).

        Mentionnons aussi l’existence de structures de coordinations européennes pour l’étude et la mise sur pied d’observatoires opérationnels de l’environnement terrestre et du changement climatique. Il s’agit de  «Global Monitoring for Environment and Security - GMES» qui vise la construction d’une capacité européenne d’observation et de protection de l’environnement terrestre. Les services GMES reposent sur des données d’observation de la Terre collectés depuis l’espace (satellites), depuis l’atmosphère (Instruments aéroportés, ballons …), depuis l’océan (Navires, instruments autonomes dérivants ou mouillés) et depuis les continents.
        Les services GMES se répartissent entre :
         

        • Des services dédiés à la fourniture de ces données recueillies sur les continents, les océans et l’atmosphère ;

        • Des services fournissant des systèmes d’alerte sur la dégradation de l’environnement terrestre ;

        • Des services enfin s’adressant plus particulièrement au changement climatique.


        Rappelons enfin qu’il existe un : «Intergovernmental Panel on Climate Change – IPCC» ( GIEC en français) qui occupe une place centrale dans l’arsenal des dispositifs de diagnostic de l’évolution de l’environnement et du changement climatique.
        Beaucoup plus récemment, en octobre 2012, un organisme international semblable à l’IPCC, l’«Intergovernmental science-policy Platform on Biodiversity and Ecosystem Services- IPBES» a été mis en place pour suivre et diagnostiquer l’évolution de la biodiversité terrestre.


Liste des grandes organisations internationales

Agences et organisations intergouvernementales :

COI (UNESCO)  : "Commission Océanographique Intergouvernementale" - IOC : Intergovernmental Oceanographic commission

ICSU (non gouvernementale) : "International Council for Science" - CIUS : "Conseil International pour la Science"

IPBES : Intergovernmental science-policy Platform on Biodiversity and Ecosystem Services

IPCC : Intergovernmental Panel on Climate Change" - GIEC : Groupe d'experts Intergouvernemental sur l'volution du Climat"

 

OMM (ONU) : Organisation Météorologique Mondiale - WMO World Meteorological Organisation

ONU : Organisation des Nations Unies

UNESCO (ONU) : United Nations Educational, Scientific and Cultural Organization

Grands programmes thématiques internationaux et programme spécifiques de recherche :

AIMES (IPGB) : “Analysis, Integration and Modelling of the Earth System”

CCAFS (IPGB) : “Climate Change and Food Security”

CCCO (WRCP) : "Committee on Climatic Change and the Ocean"

CLIC (WRCP) : "Climate and Cryosphere"

CLIVAR (WRCP) : "Climate Variability and Predictability"

DIVERSITAS (ESSP) : "Integrating biodiversity Science for humanwell-being"

ESSP  : "Earth System Science Partnership"

GCP (IGPB) : “Global Carbon Project”

GECHH (IPGB) : “Global Environmental Change and Human Health”

GMES (Commission Européenne, Agence Spatiale Européenne) : "Programme européen de surveillance de la Terre - Global Monitoring for Environment and Security" remplacé par Copernicus

GLP (IPGB) : “Global Land Project”

GEWEX (WCRP) : "Global Energy and Water cycle EXperiment"

GWSP (IPGB) : “Global Water System Project”

IGAC (IPGB) : “International Global Atmospheric Chemistry”

IGBP (ESSP) : "International Geosphere Biosphere Programme"

IHDP (ESSP) : "International Human Dimensions Programme on Global Environmental Change"

iLEAPS (IPGB) : “Integrated Land Ecosystem-Atmosphere Processes Study”

IMBER (IPGB) : “Integrated Marine Biogeochemistry and Ecosystem Research”

JGOFS (ICSU - SCOR) : "Joint Global Ocean Flux Study"

JSC (WCRP) : Joint Scientific Committee –

LOICZ (IPGB) : “Land-Ocean Interactions in the Coastal Zone”

OOPC (WCRP, COI) : "Ocean Observation Panel for Climate"

PAGES (IPGB) : “Past Global Changes”

PNUE (ONU) : "Programme des Nations Unies pour l'Environnement - UNEP United Nations Environment Programme"

SCOR (ICSU) : Scientific Committee on Oceanic Research

SOLAS (WCRP et IGBP) : “Surface Ocean - Lower Atmosphere Study”

SPARC (WCRP) : «Stratospheric Processes and their Role in Climate

TOGA (WCRP) : "Tropical Ocean and Global Atmosphere"

WCP (WMO) : "World Climate Programme" - PCM : "Programme Climatique Mondial" 

WCRP (OMM, COI, ICSU, ESSP): "World Climate Research Programme" - PMRC : Programme Mondial de Recherche sur le Climat

WOCE (WCRP) : "World Ocean Circulation Experiment

Systèmes d'observation opérationnels :

AOPC (GCOS - GOOS, WCRP) : «Atmospheric Observation Panel for Climate

ARGO (WOCE - WCRP) : Programme d’observation autonome de l’océan

CEOS (Agences spatiales) : "Committee on Earth Observations Satellites"

GAW (GCOC) : «Global Atmosphere Watch

GCOS (GEO) : "Global Climate Observing System"

GODAE (GOOS/OOPC) : "Global Ocean Data Assimillation Experiment"

GEO (EOS) : "Group on Earth Observations"

GEOSS (GEO) : "Global Earth Observation System of Systems"

GOOS  (GEO) :"The Global Ocean Observing System"

GLOSS (GOOS/OOPC): "Global Sea Level Observing System"

GMES (Union Européenne, Agence Spatiale Européenne) : "Global Monitoring for Environment and Security"

GTOS (GCOS) : "Global Terrestrial Observing System"

IGOS (OOPC) : "Integrated Global Observing Strategy "

I-GOSS (OMM, COI, GOOS) : "Integrated Global Ocean Services System"

IODE (GOOS/OOPC) : "International Oceanographic Data and Information Exchange"

JCOMM (OMM/COI) : "Joint WMO-IOC technical Commission for Oceanography and Marine Meteorology"

OOPC (GCOS, GOOS, WCRP) : «Ocean Observation Panel for Climate

PIRATA (GOOS/OOPC) : "Pilot Research Moored Array"

POGO (Fondation privée): "Partnership for Ocean Global Observation"

TAO (GOOS/OOPC) : «Tropical Atmosphere Ocean»

TOPC (GCOC - GTOS) : "Terrestrial Observation Panl for Climate"

VOS (GOOS/OOPC) : "Volunteer Observing Ships"

WWW (OMM, GCOS): «World Weather Watch»