|
Dans le domaine océan et
climat, les organisations destinées à coordonner au plan international l’observation et la recherche sont complexes car elles résultent d’initiatives venant d’horizons divers, étalées dans le temps, qui s’imbriquent et s’empilent les unes sur les autres, sans que les simplifications et les regroupements qui s’imposent au fil du temps aient toujours été pris en compte.
Par ailleurs les moyen d'observations sont étroitement imbriqués dans la recherche. Dans la majorité des pays,
ils dépendent financièrement et structurellement de la recherche et cela rejaillit sur la structures des organisations internationales. On distinguera cependant les organisations internationales dédiées principalement à la
recherche de celles dédiées plus spécifiquement à l’observation. De nombreuses passerelles et comités plus ou moins communs lient ces deux catégories d’activités ce qui contribue à la complexité précédemment évoquée. Enfin une mention spéciale est faite pour une structure intergouvernementale d’évaluation des connaissances et du
suivi du changement climatique, très connue sous le sigle de IPCC ou GIEC en français.
Les structures de recherche
On peut, en partant du sommet, prendre en compte le «Earth System Science Partnership» -
ESSP - qui regroupe quatre grands programmes dédiés au changement global :
-
DIVERSITAS, programme intégré pour l’étude de
la biodiversité
-
IGBP, programme international
géosphère-biosphère
-
IHDP, programme international sur la
dimension humaine du changement global
-
WCRP, ou PMRC en français, programme mondial de recherche sur le
climat
|
 |
Les océans relèvent principalement du WCRP, et seulement partiellement de l’IGBP.
Pour mémoire les principaux programmes concernant l’océan et dépendant de l’IGBP sont :
-
«Land-Ocean Interaction in the Coastal Zone - LOICZ»,
-
«Joint Global Ocean Flux Study - JGOFS»
-
«Global Ecosystem Experiment - GLOBEC».
Programme Mondial de Recherche sur le Climat
Le Programme Mondial de Recherche sur le Climat - WCRP - est dédié à l’étude du climat, de sa variabilité et de son changement. Il est placé sous le parrainage de deux agences de l’ONU et d’une ONG :
-
OMM - WMO (Organisation Météorologique Mondiale - World Meteorological
Organization)
-
COI - IOC (Commission Océanographique Intergouvernementale - Intergovernmental Oceanographic Commission) dépendante elle-même de
l’UNESCO.
-
CIUS - ICSU (Conseil International des Unions Scientifiques - International Council of Scientific Unions), regroupant les académies des sciences avec un statut d’ONG.
Sous un JSC : « Joint Scientific Committee », rassemblant une douzaine de personnalités scientifiques représentatives des différents domaines du climat (Atmosphère, océan, Cryosphère, lithosphère,…), cinq groupes de travail et panels, se partagent la responsabilité de coordonner les activités de recherche liées principalement aux outils numériques :
-
WOAP : (WCRP Observation Assimilation Panel)
-
WMP : (WCRP Modelling Panel)
-
WGCM : (Working Group on Coupled
Modelling)
-
WGNE : (Working Group on Numerical
Experiment)
-
WGSF : (Working Group on Surface Fluxes)
|
Organisation
WCRP

Cliquer
sur l'image pour l'agrandir |
Par ailleurs le WCRP se décline (en 2006) en différents programmes :
-
CLIVAR : (Climate Variability and Predictability)
-
CLIC : (Climate and
Cryosphere)
-
SPARC : (Stratospheric Processes and their Role in
Climate)
-
SOLAS : (Surface Ocean-Lower Atmosphere
Study)
-
GEWEX : (Global Energy Water Cycle
Experiment).
|
Organisation générale de
CLIVAR

Cliquer
sur l'image pour l'agrandir
|
Tous ces programmes, auxquels il faut ajouter TOGA (Tropical Ocean and Global Atmosphere - terminé en 1995) et WOCE (World Ocean Circulation Experiment - terminé en 1998), concernent, à des degrés divers, l’océan, mais celui qui est plus spécifiquement dédié à l’océan et qui prolonge TOGA et WOCE est CLIVAR ; créé en 1998, il
intègre la dimension paléoclimatique et les questions liées aux interactions continent-atmosphère.
Les Systèmes d’observations
Les systèmes d’observations de la Terre ont des origines multiples. On peut distinguer ceux issus de la prise de conscience récente de l’importance de la question de l’environnement par de grands rassemblements politiques internationaux (G8, …), ceux issus des agences spatiales, et ceux issus des agences de l’ONU traditionnelles
(OMM, COI/UNESCO, PNUE,…).
Origine
Les grands sommets politiques internationaux (le sommet mondial du développement durable à Johannesburg en 2002, le sommet du G8 à Evian en 2003), prenant conscience de l’importance de la question de l’observation de l’évolution de notre environnement, ont convenu de rassembler en 2003 à Washington, un « Earth Observation Summit -
EOS ». Celui-ci a mis en place un « Group on Earth Observations -
GEO » et lancé une action destinée à réaliser un «Global
Earth Observation System of Systems - GEOSS ». Les systèmes d’observation spécifiques à chaque
question touchant à l’environnement, tels que
GCOS pour le Climat, qui avaient été, pour la plupart, déjà mis en place antérieurement par les agences de l’ONU, ont été intégrés à la superstructure que constitue
GEOSS.
A ces structures, issues du plus haut niveau politique, on peut ajouter des rassemblements issus de la communauté scientifique tels que, pour l’océan, le «Partnership for Ocean Global Observation -
POGO». Ce partenariat pour l’observation globale de l’océan créé en 1999, et qui peut être considéré comme une ONG, rassemble de grandes institutions scientifiques de réputation mondiale pour : «promouvoir la coopération à long terme dans l’étude et l’observation des océans de la planète».
Les agences spatiales s’étaient organisées antérieurement,
dès1984, en un «Committee on Earth Observations Satellites - CEOS» pour
faciliter la coordination internationale des missions spatiales civiles
pour l’observation de la Terre. Le CEOS a élaboré en 1998 un
partenariat pour définir une stratégie et a créé une instance
coordonnant ces stratégies d’observations spatiales de la Terre : «Integrated
Global Observing Strategy -
IGOS»,
(à ne pas confondre avec IGOSS, voir plus loin).
Les agences ONUsiennes : OMM,
COI/UNESCO,
PNUE, avec une ONG : l’ICSU, ont créées pour le climat, en 1992, le « Global Climate Observing System -
GCOS
».
GCOS
GCOS
comporte quatre modules principaux correspondants aux système d’observation des différents milieux terrestres constituant le système climatique :
-
WWW : «World Weather
Watch», la plus ancienne structure d’observation de l’atmosphère pour la prévision du temps; le modèle des systèmes d’observation
opérationnel. Idéalement, en liaison avec GCOS, GOOS et les autres
groupes concernés,
cette organisation pourrait être étendue, de façon à faire fonctionner,
et à garantir, une "Veille Mondiale Océan et Climat",
une priorité pour le Club des Argonautes !
-
GAW : «Global Atmosphere Watch» qui inclut l’observation de la composition chimique et biologique de l’atmosphère et pas seulement ses paramètres physiques.
-
GTOS : «Global Terrestrial Observing System» qui rassemble les observatoires de l’hydrosphère et des continents ainsi que de la
cryosphère.
-
GOOS : «Global Ocean Observing System» qui rassemble les observatoires de la physique, la chimie et la biologie des océans. A noter que GOOS revendique son indépendance vis-à-vis de GCOS pour ce qui concerne les domaines non directement liés au climat comme les systèmes côtiers, le milieu vivant….etc
A ces quatre systèmes d’observations s’ajoutent trois « science panels » :
-
AOPC : «Atmospheric Observation Panel for Climate»
-
TOPC : «Terrestrial Observation Panel for Climate»
-
OOPC : «Ocean Observation Panel for Climate»
Notons que l’OOPC est aussi l’un des panels de GOOS, et représente donc l’intersection de GCOS avec GCOS. Les observatoires de l’océan dépendent principalement de GOOS.
GOOS
|
Les éléments constitutifs de GOOS
sont les suivants : |
Organigramme
de GOOS

Cliquer
sur l'image pour l'agrandir |
-
«Intergovernmental Committee for GOOS -
I-GOOS»
C’est l’instance représentative des Etats membres de GOOS (au nombre de 71 au 01 janvier 2006), sous le couvert de l’OMM, la COI et le PNUE. I-GOOS est administré par un I-GOOS Board dont le président est un français …. François Gérard.
-
«GOOS Scientific Steering Committee -
GSSC»
C’est l’instance scientifique au sommet conseillant les Etats membres du I-GOOS et assurant la stratégie, la définition des projets, leur mise en place,… etc.
-
«Ocean Observation Panel for Climate -
OOPC»
C’est le groupe chargé de la stratégie d’observation de l’océan au large dans ses relations avec le climat. Ce groupe dépend aussi de GCOS et de WCRP et représente l’intersection principale de GCOS avec
GOOS.
Différents sous-groupe (Working Groups) sont rattachés à ce panel notamment le «Global Ocean Data Assimillation Experiment -
GODAE» d’inspiration française
a contribué à lancer le programme d’observation autonome de l’océan :
ARGO, un déploiement de près de 3.000 engins dérivant de façon autonome au sein de l’océan et opérant des observations de température et de salinité délivrées à des satellites collecteurs
lorsque ces engins font surface. Ci-dessous la couverture des océans par plus de 2700 engins ARGO en décembre 2006.
De nombreux autres programmes d’observations, appartenant aussi plus ou moins à la sphère recherche, sont rattachés à
l’OOPC :
-
«Volunteer Observing Ships - VOS»,
-
«Integrated Global Ocean Services System -
IGOSS» ,
-
«International Oceanographic Data and Information Exchange -
IODE»,
-
«Global Sea Level Observing System -
GLOSS» ,
-
«Tropical Atmosphere Ocean -
TAO» pour l’observation d’ENSO
(El Niño-Southern Oscillation) dans le Pacifique,
-
«Pilot Research Moored Array -
PIRATA» pour l’observation de la variabilité de l’océan Atlantique tropical,
-
….
-
«Joint WMO-IOC technical Commission for Oceanography and Marine Meteorology -
JCOMM» (dont notre
ami JL
Fellous est Co-Président).
Cette commission dépend à la fois de l’OMM et de la COI/UNESCO, et résulte de la fusion, en 2001, de la «Marine Meteorological Commission - MMC», créée par l’OMM, et de « Integrated Global Ocean Station System - IGOSS», créé par la COI. Cette commission rassemble les compétences à la fois des météorologues et des océanographes en matière d’étude et d’observation de
la surface des océans. Elle comporte plusieurs groupes de travail.
-
«Regional Alliances» ,
regroupe l’ensemble des régions océaniques où des activités GOOS
sont coordonnées incluant :
Intergovernmental Panel on Climate Change (IPCC)
Ce «Groupe Intergouvernemental pour l’Étude du Changement Climatique - GIEC, en Français», occupe une place particulière dans l’arsenal récent des instances dédiées à l’observation et à la compréhension de notre environnement. Il est une conséquence de la prise de conscience des climatologues, à partir des années 1970, de l’importance du changement climatique.
Il apparu alors clairement qu’il était absolument nécessaire d’organiser sans tarder le suivi de l’évolution du climat et de la connaissance que l’on pouvait en avoir. L’IPCC fut ainsi créé en 1988, sous les auspices de l’OMM et du PNUE, avec l’objectif de suivre et d’évaluer les connaissances scientifiques, techniques et socio-économiques relatives au changement climatique en cours résultant de l’activité humaine. Rapidement trois groupes de travail furent constitués : le premier s’attache à synthétiser les connaissances sur le phénomène du changement climatique. Le second étudie les conséquences de ce changement et ce qu’on peut faire pour s’y adapter; le troisième se consacre aux possibilités de maîtriser les émissions de gaz à effet de serre qui en régissent l’amplitude.
Depuis 1988, quatre rapports ont été publiés par l’IPCC en 1990, 1995, 2001, et le dernier, encore en préparation, paraîtra seulement dans les premiers mois de 2007. Ces documents font le point des changements climatiques constatés, synthétisent les connaissances acquises sur les causes de ces changements et dégagent un consensus à l’usage des décideurs et des autorités politiques sur ce que la communauté scientifique peut affirmer. Plus d’un milliers d’experts scientifiques et de représentants gouvernementaux sont consultés suivant des procédures complexes offrant des garanties de fidélité pour la communauté scientifique et d’objectivité pour les gouvernements. Ces documents sont
la source d’information la plus solide et la plus complète sur le changement climatique dont peuvent disposer les media, le public et les politiques.
|