Les eaux océaniques profondes
Les Travaux de Recherche et de Développement
pour leurs applications à des fins Industrielles et commerciales.
Michel Gauthier -
Décembre 2003 Dernière mise à jour :
Mars 2010
I
- L'Énergie Thermique des Mers Principe de base II
- L'Energie Thermique des Mers, une énergie
marine renouvelable négligée III
-
Programme
de recherches
:
Étude des impacts des prises d’eaux et rejets d’effluents associés á l’exploitation de l’énergie thermique des mers IV
- Plaidoyer pour une contribution européenne
au développement industriel de l“Énergie Thermique des Mers” dans les Régions Ultra Périphériques de l’Union Européenne V
- Bibliographie
I - L'Énergie Thermique
des Mers
D’après une illustration du livre de Jules Vernes: «Vingt milles lieues sous les mers » ; Chapitre XII : Tout
par l’électricité. Hachette, Collection Livre de Poche. N° 2033, 1966.
« ……J’aurais pu, en effet, en établissant un circuit entre des fils plongés à différentes profondeurs, obtenir de l’électricité par la diversité des températures qu’ils éprouvaient …… »
C’est en ces termes que le capitaine Nemo fait allusion à la possibilité de transformer l’énergie stockée dans les océans sous forme de chaleur en une énergie utilisable par l’homme. En évoquant un « circuit entre des fils plongés à différentes profondeurs » pour obtenir de l’électricité Jules Verne, dans ce roman publié en 1869, fait implicitement allusion à l’effet thermoélectrique découvert en 1821 par Seebeck. L’idée d’utiliser la différence de températures entre les eaux tièdes de surface et
les eaux froides profondes pour produire de l’électricité sera reprise en 1881 par J. Arsène d’Arsonval qui proposera un principe différent: vaporiser un fluide pour actionner un turboalternateur.
C’est un ingénieur français G. Claude, co- fondateur de l’Air Liquide et inventeur de la lampe à néon, qui réalisera dans les décennies 1920 et 1930
les premières usines de production d’électricité à partir de l’Énergie Thermique des
Mers. Ce procédé dit ETM est connu en anglais sous le nom d’«Ocean Thermal Energy Conversion ou OTEC ».
Ainsi, parce qu’elle est froide et largement accessible – on en trouve à 1000 mètres de profondeur à des températures proches de 4°C dans tous les océans du monde – l’eau océanique profonde peut être associée à l’eau de surface chauffée par le soleil pour produire de l’électricité dans la zone intertropicale.
Mais la présence d’une source abondante d’eau froide offre d’autres possibilités aux habitants des zones littorales tropicales et notamment dans le
domaine des économies d‘énergie. On peut en effet accroître les rendements de toutes les machineries thermiques traditionnelles: diesels, machines frigorifiques, etc. en substituant cette eau froide aux réfrigérants traditionnels: l’eau ou l’air, qui sont dans ces régions à des températures ambiantes généralement supérieures à 25 °C. Dans les installations de
conditionnement d’air
l’utilisation de l’eau froide profonde a déjà démontré son intérêt économique. Avec de l’eau froide en zone tropicale « il y a toujours quelque chose à faire » pourrait-on dire et c’est dans cet esprit de recherche d’applications nouvelles que le « Natural Energy
Laboratory of Hawaii Authority »- NELHA - travaille depuis sa création en 1974. En ouvrant ses portes aux chercheurs et en mettant à leur disposition ses installations de pompage d’eau profonde cet établissement est devenu un incubateur d’entreprises dans des domaines variés et parfois
inattendus. En effet l’eau océanique profonde n’est pas seulement froide
c’est aussi un milieu très nutritif peu pathogène et peu pollué favorable à l’élevage d’espèces marines à haute valeur ajoutée.
C’est aux États Unis et au Japon que ces travaux de R&D pour le développement des usages de l’eau océanique profonde à des fins Industrielles et commerciales sont les plus avancés.
La France - nation pionnière de l’ETM au début du 20ème siècle - a abandonné ce domaine de recherche depuis le milieu des années
1980 après avoir effectué l'avant projet d'une station pilote de 5 MW a
Tahiti.
Depuis juin 2007, l'ETM revient à l'ordre du jour
en France (
News de juin 2007
et Novembre 2007).
Le premier projet lancé est celui de l'Île de la Réunion. (News
d'Avril 2008) qui s'inscrit dans un
plan plus vaste d'Énergies
Renouvelables Marines.
La
région "Ile de La
Réunion" et
DCNS, après avoir
signé une première convention en avril 2009 qui a permis de vérifier la
faisabilité d'un démonstrateur ETM , ont signé en octobre une deuxième
convention pour un programme de recherche en deux volets.
Dans un premier temps, un prototype unitaire sur une
plateforme à terre devrait être installé et testé en 2011 à l’IUT de
Saint-Pierre (projet NEMO) afin d'optimiser la technologie.
La deuxième étape
jusqu'en 2012 consistera à lever un certain nombre de risques sur le système
naval, principalement sur la conduite d’eau de mer et le pompage d’eau
froide en grande profondeur et sur les condition d’ancrage propre au cas
réunionnais.
L'objectif est de mettre à l'eau une centrale pilote d'une puissance de
l'ordre de 1,5 MW en 2014 et à terme, à l'horizon 2030, de disposer d'une
ou plusieurs centrales d'une puissance totale de 100 à 150 MW.
En Polynésie Française, l'ETM est revenu aussi sur le
devant de la scène (News
d'août 2008).
En février 2010, la Polynésie a signé avec
l'État Français, un protocole
d'accord pour le financement de l'étude de faisabilité d'une centrale ETM.
D'après le
communiqué de presse,
le maître d'ouvrage sera Pacific OTEC qui confie le pilotage de l'étude
technique à DCNS. La société Xenesys Inc qui possède de bonnes compétences
dans le domaine des échangeurs thermiques est également partenaire en
concertation avec DCNS.
L’étude durera un an et doit permettre de confirmer
la possibilité technique et financière de réaliser, au large de Tahiti, une
centrale offshore d’une puissance minimum de5 MWh.
Le Projet prévoit que la centrale sera intégrée à une plateforme d’environ
50 m de diamètre immergée entre -25m et -50m. Sous la plateforme partira un
pipeline de 3 à 4 m de diamètres qui pompera de l’eau à -1000 m environ.
Aux États
Unis, en mars 2010, , la
société Lockheed Martin
qui a déjà fait de nombreux travaux dans le domaine a encore été
sélectionnée par le "Department Of Energy" pour développer des technologies
ETM et SWAC ( climatisation par l'eau froide profonde) économiquement
viables.
A suivre....

II - L'Énergie Thermique des Mers, une énergie marine renouvelable négligée
Cliquer
ici pour lire cet article.
III
-
Programme
de recherches
:
Étude des impacts des prises d’eaux et rejets d’effluents associés á l’exploitation de l’énergie thermique des mers
IV
- Playdoyer pour une contribution européenne
au développement industriel de l“Énergie Thermique des Mers” dans les Régions Ultra Périphériques de l’Union Européenne
IV - Bibliographie
Des
articles et documents :
Synthèse de travaux l'IFREMER dans les
années 80 : avant-projet d'une
station pilote ETM de 5MW
Un guide pour la
sélection des sites d'implantation d'usine ETM
IFREMER,
la mer source froide.
Présentation
au salon Nautique de décembre 2006 à Paris
Article
sur
L'énergie Thermique des mers
paru dans la revue trimestrielle du réseau ECRIN
(n°57 de septembre 2004). Cet article didactique de Michel Gauthier décrit
une centrale de production ETM. Sont abordés aussi les aspects coût et
impact sur l'environnement.
Document
de Patrick Takahashi publié : "The Potential and Realities of Ocean Thermal Energy Conversion
(OTEC)" : ce document (3,5 Mo) ouvre pages 12 et 95 une vision intéressante du "développement international" de
l'ETM avec la
"Blue Revolution".
Juillet
2003 En anglais.
Article
de James R. Chiles, publié dans Invention and Technology magazine
de décembre 2009 sur l'histoire de l'ETM . Cet article à caractère
historique retrace la vie de Georges Claude et de ses inventions et comprend
des illustrations intéressantes. (fichier pdf, 2 Mo)
Association Internationale IOA
(International OTEC
-Ocean
Thermal Energy Conversion
DOWA -Deep Ocean Water Application-
Association) a publié entre 1990
et 2002 des articles pour le développement de ces
technologies.
Ces News Letters (en Anglais),
accessibles à partir de ce site, constituent une
véritable bibliographie de l'état de l'art sur le sujet.
Document
édité par la SOPAC sur la "Conversion
de l'énergie thermique de l'océan et les Iles du Pacifique".
Mars 2001
La SOPAC
(South Pacific Aplied Geoscience Commission) est une organisation régionale inter- gouvernementale du Pacifique Sud. Sa mission essentielle est de promouvoir le développement durable au bénéfice des Iles du pacifique Sud faisant partie de cette organisation.
Les
Iles du Pacifique Sud sont très dépendantes des énergies fossiles. Après
avoir montrer les inconvénients majeurs de l'utilisation des énergies
fossiles, le document décrit le principe de la conversion de l'énergie
thermique de la mer en électricité et tente de fournir des éléments d'aide
à la décision pour l'introduction de cette technologie dans les Iles de la
Région Pacifique Sud.

Quelques
exemples de réalisations ou de projets :
L'île Maurice pourrait être la vitrine de la
technologie OTEC dans la région.
Projet d'usine OTEC par
Lockheed Martin à Hawaii (video en anglais)
Les technologies OTEC à Port-Franc : l'énergie océanique utilisée pour produire de l'électricité
Projet OTEC pour l’île de Palau
dans le
Pacifique. Janvier 2005. En Anglais.
Mémo
sur l'utilisation de l'eau de mer profonde pour le
refroidissement. Janvier 2004
Colloque énergies renouvelables
organisé par l’Union Européenne en
Juin 2001.
Sites
internet : Page "Énergie
des mers" de la rubrique "Sites Web"
Enfin
pour plus d’information mailto:michel.gauthier3@wanadoo.fr

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